Haus der Kunst : le temple de 1937
Why is it significant?
Traverse l'avenue et longe la colonnade: des piliers carrés, tous identiques, alignés comme à la parade, sur un socle de pierre pâle. Pas un ornement, pas une courbe. C'est la Haus der Kunst, la Maison de l'art, et elle a été pensée pour impressionner, pas pour accueillir.
Key Facts
| Place | Haus der Kunst : le temple de 1937 |
|---|---|
| Address | Prinzregentenstraße 1, 80538 München, Germany |
| Geo Coordinates | 48.14410, 11.58600 |
| Part of Walk | Munich au fil de l'eau : du Lehel à l'Isar et au Jardin anglais |
| Generated | Generated |
Traverse l'avenue et longe la colonnade: des piliers carrés, tous identiques, alignés comme à la parade, sur un socle de pierre pâle. Pas un ornement, pas une courbe. C'est la Haus der Kunst, la Maison de l'art, et elle a été pensée pour impressionner, pas pour accueillir.
Le régime nazi l'a construite de 1933 à 1937, sous le nom de Maison de l'art allemand. L'architecte était Paul Ludwig Troost, l'architecte favori de Hitler, mort en 1934 avant la fin du chantier; sa veuve, Gerdy Troost, et son collaborateur Leonhard Gall l'ont achevé. La légende raconte que, lors de la pose de la première pierre, en octobre 1933, le marteau d'argent s'est brisé dans la main de Hitler, et que beaucoup y virent un mauvais présage.
En juillet 1937, le bâtiment a ouvert avec la première Grande Exposition d'art allemand: paysans idéalisés, nus héroïques, paysages de terroir. Le lendemain, à quelques minutes d'ici, dans les galeries du Hofgarten, ouvrait l'exposition d'Art dégénéré, qui tournait en dérision Kandinsky, Klee, Kirchner, Nolde et des dizaines d'autres. Ironie cruelle: Kandinsky et Franz Marc avaient fondé à Munich, en 1911, le Cavalier bleu, l'un des mouvements les plus audacieux de l'art moderne. La ville bannissait ce qu'elle avait vu naître.
Après la guerre, l'armée américaine a occupé le bâtiment, en partie comme club d'officiers. Puis la Haus der Kunst est devenue un lieu d'expositions, sans collection propre, qui a montré pendant des décennies l'art que le régime avait voulu effacer. Ces dernières années, elle a choisi de ne plus cacher son passé: elle l'explique, l'expose et en débat, dans les murs mêmes qui l'ont incarné.
Et voici le contraste le plus inattendu de Munich: à deux pas de cette colonnade, juste derrière l'angle du bâtiment, des surfeurs en combinaison attendent leur tour au bord d'un torrent. Longe la façade vers l'est jusqu'au petit pont de l'avenue et penche-toi au-dessus de la rambarde.