Musée du Prado, statue de Goya : le Dos et le Tres de Mayo
Why is it significant?
Le voilà, debout sur son piédestal, le regard un peu bougon: Francisco de Goya, en bronze, devant l'entrée nord du Prado. Sur le socle, une jeune femme allongée, nonchalante, rappelle la plus célèbre de ses modèles: la Maja, la Madrilène des quartiers populaires, qu'il a peinte vêtue... et dévêtue.
Key Facts
| Place | Musée du Prado, statue de Goya : le Dos et le Tres de Mayo |
|---|---|
| Address | Calle de Felipe IV s/n, 28014 Madrid, Spain |
| Geo Coordinates | 40.41500, -3.69250 |
| Part of Walk | Le Paseo del Arte à Madrid : de Guernica au Prado, jusqu'aux eaux du Retiro |
| Generated | Generated |
Le voilà, debout sur son piédestal, le regard un peu bougon: Francisco de Goya, en bronze, devant l'entrée nord du Prado. Sur le socle, une jeune femme allongée, nonchalante, rappelle la plus célèbre de ses modèles: la Maja, la Madrilène des quartiers populaires, qu'il a peinte vêtue... et dévêtue.
Goya, c'est l'homme qui a tout traversé. Peintre de la cour de Charles IV, portraitiste des duchesses, il devient sourd vers quarante-six ans après une grave maladie, et sa peinture s'assombrit. Puis l'histoire lui tombe dessus: en 1808, les troupes de Napoléon sont en Espagne, la famille royale est contrainte d'abdiquer, et l'empereur place son frère Joseph sur le trône.
Le 2 mai 1808, les Madrilènes se soulèvent contre les soldats du maréchal Murat. La répression est terrible, et dans la nuit qui suit, des dizaines de prisonniers sont fusillés. En 1814, une fois les Français partis, Goya peint deux grandes toiles. Dans le Dos de Mayo, la foule se jette sur les mamelouks, les cavaliers égyptiens de la Garde impériale, en pleine ville. Dans le Tres de Mayo, un peloton sans visage met en joue un homme en chemise blanche, les bras levés. Pas de bataille glorieuse, pas d'uniforme brillant: juste une lanterne, la peur, et la mort qui vient.
Et pourtant, Goya n'était pas un simple patriote. Il avait prêté serment au roi Joseph, partageait les idées des Lumières venues de France, et ses gravures des Désastres de la guerre montrent les atrocités des deux camps. Il finira sa vie en exil... à Bordeaux, où il meurt en 1828. Quand on a exhumé son corps, des décennies plus tard, pour le ramener en Espagne, la tête avait disparu. On ne l'a jamais retrouvée.
À l'intérieur, tu trouveras aussi ses Peintures noires, arrachées aux murs de sa maison de campagne et transposées sur toile: Saturne dévorant son fils, des sorcières, un chien perdu qui s'enfonce dans le sable. Maintenant, traverse le Paseo vers l'ouest: de l'autre côté, un palais abrite l'une des collections privées les plus incroyables du monde, face au dieu de la mer.