Puerta de Alcalá : l'arc de triomphe de Charles III

Why is it significant?

Au milieu du rond-point, entre les platanes et les massifs de fleurs, une porte de granit se dresse toute seule, sans le moindre mur à gauche ni à droite: trois grands arcs, deux ouvertures plus petites, des colonnes, des trophées guerriers et le blason royal.

Key Facts

PlacePuerta de Alcalá : l'arc de triomphe de Charles III
AddressPlaza de la Independencia, 28001 Madrid, Spain
Geo Coordinates40.42000, -3.68870
Part of WalkLe Paseo del Arte à Madrid : de Guernica au Prado, jusqu'aux eaux du Retiro
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Au milieu du rond-point, entre les platanes et les massifs de fleurs, une porte de granit se dresse toute seule, sans le moindre mur à gauche ni à droite: trois grands arcs, deux ouvertures plus petites, des colonnes, des trophées guerriers et le blason royal. C'est la Puerta de Alcalá, et elle n'a plus rien à fermer depuis longtemps.

Quand Charles III arrive à Madrid en 1759, il vient de Naples, où il a régné vingt-cinq ans, et il trouve sa nouvelle capitale sale, sombre et mal pavée. Il lance un vrai programme de rénovation: éclairage, égouts, pavés, promenades... au point qu'on l'a surnommé le meilleur maire de Madrid. Il veut aussi changer les habitudes: en 1766, un décret contre les grandes capes et les chapeaux à larges bords, qui cachaient visages et armes, déclenche une émeute, le motín de Esquilache. Pour l'entrée est de la ville, il veut un arc de triomphe à la romaine. Il est achevé en 1778.

L'architecte, c'est Francesco Sabatini, encore lui, l'Italien de Palerme. On raconte que le roi hésitait entre deux projets, et que Sabatini les a tout simplement réalisés tous les deux, un sur chaque face. Fais le tour: la façade tournée vers la ville et celle tournée vers l'ancienne campagne ne sont pas identiques. Les colonnes et les décors changent.

À l'époque, cette porte marquait une frontière bien réelle. Madrid était entourée d'une enceinte, non pas pour se défendre, mais pour contrôler les entrées et faire payer les taxes sur les marchandises. Le mur a été abattu au XIXe siècle, la ville a débordé vers l'est, et la porte s'est retrouvée au milieu d'un carrefour, comme un monument à elle-même.

En 1986, Ana Belén et Víctor Manuel en ont fait une chanson, La Puerta de Alcalá, devenue presque un hymne: elle regarde passer le temps pendant que tout change autour d'elle. Maintenant, franchis la grille juste à côté: c'est l'entrée du Retiro. Suis l'allée tout droit vers le cœur du parc, et tu tomberas sur l'eau.

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