Descalzas Reales : le couvent des princesses
Why is it significant?
Regarde cette façade de pierre et de brique, presque nue, avec ses fenêtres grillagées et sa porte discrète. Rien, vraiment rien, ne laisse deviner ce qu'il y a derrière.
Key Facts
| Place | Descalzas Reales : le couvent des princesses |
|---|---|
| Address | Plaza de las Descalzas 3, 28013 Madrid, Spain |
| Geo Coordinates | 40.41870, -3.70630 |
| Part of Walk | Le Madrid des Austrias : de la Puerta del Sol au Palais royal |
| Generated | Generated |
Regarde cette façade de pierre et de brique, presque nue, avec ses fenêtres grillagées et sa porte discrète. Rien, vraiment rien, ne laisse deviner ce qu'il y a derrière. Et pourtant, le monastère des Descalzas Reales cache l'une des plus riches collections d'art de Madrid... gardée par des religieuses qui vivent encore cloîtrées entre ces murs.
Tout commence avec une femme hors du commun: Jeanne d'Autriche, fille de Charles Quint et sœur de Philippe II. Veuve à dix-huit ans d'un prince portugais, mère d'un futur roi du Portugal, elle a même gouverné l'Espagne comme régente pendant que son frère était en Angleterre et en Flandre. En 1559, elle fonde ici un couvent de clarisses déchaussées, les Descalzas, dans le palais même où elle était née.
Le couvent devient alors le refuge des femmes de la dynastie. L'impératrice Marie d'Autriche, autre sœur de Philippe II et veuve de l'empereur Maximilien II, vient s'y retirer avec sa fille. Des filles de grandes familles y entrent avec des dots fabuleuses: tableaux, reliques, orfèvrerie. Et le compositeur Tomás Luis de Victoria, l'un des plus grands musiciens de la Renaissance, y a servi l'impératrice comme chapelain pendant des années.
Le trésor le plus spectaculaire, ce sont les tapisseries du Triomphe de l'Eucharistie, dessinées par Rubens et tissées à Bruxelles pour l'infante Isabelle-Claire-Eugénie, la fille de Philippe II, qui gouvernait alors les Pays-Bas espagnols. On les déployait autrefois pour les grandes fêtes religieuses. Imagine ces murs couverts de laine et de soie, d'après les cartons du plus grand peintre baroque d'Europe.
Les religieuses sont toujours là, une petite communauté qui vit selon sa règle, invisible des visiteurs. Le monastère n'ouvre une partie de ses salles au public que depuis 1960. Maintenant, descends vers le sud par les ruelles, traverse la calle Mayor et glisse-toi sous l'une des arcades: derrière, il y a la place la plus célèbre de Madrid.