Calle Mayor 88 : la bombe du mariage royal

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Arrête-toi devant le numéro 88 de la calle Mayor et lève les yeux vers les balcons des étages. Rien ne les distingue de ceux des voisins. Pourtant, un matin de printemps, c'est de l'une de ces fenêtres qu'est partie une bombe cachée dans un bouquet de fleurs. Nous sommes le 31 mai 1906.

Key Facts

PlaceCalle Mayor 88 : la bombe du mariage royal
AddressCalle Mayor 88, 28013 Madrid, Spain
Geo Coordinates40.41540, -3.71300
Part of WalkLe Madrid des Austrias : de la Puerta del Sol au Palais royal
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Arrête-toi devant le numéro 88 de la calle Mayor et lève les yeux vers les balcons des étages. Rien ne les distingue de ceux des voisins. Pourtant, un matin de printemps, c'est de l'une de ces fenêtres qu'est partie une bombe cachée dans un bouquet de fleurs.

Nous sommes le 31 mai 1906. Le jeune roi Alphonse XIII vient d'épouser, à l'église San Jerónimo el Real, la princesse Victoria Eugénie de Battenberg, petite-fille de la reine Victoria. Les Madrilènes sont venus par milliers voir la nouvelle reine, une jeune femme de dix-huit ans élevée à la cour d'Angleterre. Le cortège revient vers le Palais royal, à quelques centaines de mètres d'ici. La rue est noire de monde, les balcons sont pavoisés, les soldats font la haie.

Au passage du carrosse, un homme lance depuis une fenêtre un bouquet qui dissimule une bombe. Il s'appelle Mateo Morral, il est anarchiste, et il avait loué une chambre dans cet immeuble. L'explosion tue plus d'une vingtaine de personnes, des soldats et des spectateurs, et en blesse des dizaines d'autres. Le couple royal, lui, s'en sort indemne. On raconte que la robe de mariée de la reine fut éclaboussée de sang.

Morral s'enfuit. Deux jours plus tard, reconnu près de Torrejón de Ardoz, il tue le garde qui l'arrêtait avant de se donner la mort. L'enquête remontera jusqu'à Francisco Ferrer, le pédagogue libertaire de Barcelone pour qui Morral avait travaillé; Ferrer sera jugé et acquitté dans cette affaire, avant d'être exécuté trois ans plus tard pour une autre.

Juste en face, un monument rappelle les victimes de cet attentat, que les passants pressés ne remarquent presque jamais. La calle Mayor, elle, n'a jamais cessé d'être la rue des cortèges, la route des rois entre le palais et l'est de la ville. Continue tout droit jusqu'à la calle de Bailén, puis descends sur la gauche, le long de la cathédrale: en contrebas, tu vas toucher les pierres les plus anciennes de Madrid.

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