Guildhall : l'amphithéâtre romain et le français des juges
Why is it significant?
Avance au milieu de Guildhall Yard et regarde par terre: une large bande de pierre sombre traverse les pavés et dessine une courbe immense. Tu es debout dans l'arène d'un amphithéâtre romain. Là où les passants posent pour une photo, des gladiateurs ont peut-être combattu.
Key Facts
| Place | Guildhall : l'amphithéâtre romain et le français des juges |
|---|---|
| Address | Guildhall Yard, London EC2V 5AE, United Kingdom |
| Geo Coordinates | 51.51570, -0.09200 |
| Part of Walk | Londres normande : de la Tour à Saint-Paul, mille ans de City |
| Generated | Generated |
Avance au milieu de Guildhall Yard et regarde par terre: une large bande de pierre sombre traverse les pavés et dessine une courbe immense. Tu es debout dans l'arène d'un amphithéâtre romain. Là où les passants posent pour une photo, des gladiateurs ont peut-être combattu.
Personne ne savait qu'il était là. En 1988, en préparant la construction d'une nouvelle galerie d'art, des archéologues tombent sur ses murs. L'amphithéâtre de Londinium pouvait accueillir quelque six mille spectateurs. Ses vestiges sont aujourd'hui visibles sous la Guildhall Art Gallery, exactement à l'aplomb de la ligne que tu vois au sol.
Face à toi, le Guildhall, l'hôtel de ville de la City, bâti entre 1411 et 1440 environ, avec une façade bien plus récente qui mêle gothique et motifs indiens. C'est encore ici que siège le conseil de la City et que le lord-maire donne ses banquets. Et c'est ici qu'on a jugé quelques grandes figures: Lady Jane Grey, la reine de neuf jours, condamnée en 1553, et avec elle l'archevêque Thomas Cranmer.
Dans ces procès, la langue elle-même avait un accent normand. Pendant des siècles, la justice anglaise a parlé un français de juristes, le law French, et il a fallu une loi de 1731 pour imposer l'anglais dans les actes des tribunaux. Il en reste des traces partout: on ouvre encore certaines audiences au cri de « Oyez, oyez », et les mots jury, verdict ou plaintiff viennent tout droit du français. Ironie suprême: la City conserve une charte de Guillaume le Conquérant adressée aux Londoniens... et elle est rédigée en anglais.
Dans la grande salle veillent Gog et Magog, les deux géants de bois protecteurs de la ville. Selon la légende, ce seraient les derniers survivants d'une race de colosses vaincus par Brutus de Troie, fondateur mythique de Londres. Les statues actuelles datent de 1953: les précédentes ont brûlé pendant le Blitz. Quand tu es prêt, prends King Street, droit devant toi, et descends jusqu'à Cheapside. Ouvre bien les oreilles: on va chercher des cloches.