Rua do Século, journaux et censure

Why is it significant?

Ralentis dans cette rue étroite et longue, bordée de palais un peu fatigués et de façades de couleur. Elle s'appelait autrefois la Rua Formosa, la belle rue.

Key Facts

PlaceRua do Século, journaux et censure
AddressRua do Século, 1200 Lisboa, Portugal
Geo Coordinates38.71290, -9.14780
Part of WalkLisbonne de Pessoa : Bairro Alto, Príncipe Real et les écrivains de la ville haute
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Ralentis dans cette rue étroite et longue, bordée de palais un peu fatigués et de façades de couleur. Elle s'appelait autrefois la Rua Formosa, la belle rue. Elle porte aujourd'hui le nom d'un journal: O Século, le Siècle, qui avait ici son siège, dans le grand bâtiment qu'occupe désormais un ministère.

Mais remonte d'abord dans le temps. En 1699, dans un palais de cette rue, naît Sebastião José de Carvalho e Melo, le futur marquis de Pombal. C'est lui qui reconstruit Lisbonne après le séisme de 1755, avec ses rues droites et ses immeubles antisismiques. C'est aussi lui qui chasse les Jésuites du Portugal en 1759, et qui crée en 1768 un tribunal royal de la censure, chargé de décider ce que les Portugais ont le droit de lire. Les Lumières, oui, mais sous contrôle.

Un siècle plus tard, le quartier devient la capitale de la presse. O Século est fondé en 1880, et devient l'un des quotidiens les plus lus du pays. C'est son journaliste Avelino de Almeida qui raconte, en octobre 1917, le prétendu miracle du soleil à Fátima, devant des dizaines de milliers de pèlerins. Un journal républicain et plutôt sceptique, qui fait connaître au monde un événement religieux... l'histoire a de l'humour.

Puis vient la dictature. De la fin des années 1920 jusqu'en 1974, chaque article, chaque poème, chaque critique de théâtre passe sous le crayon bleu des censeurs, qui raturent avant impression. Les journalistes apprennent à écrire entre les lignes, et les lecteurs à lire ce qui n'est pas écrit. Après la révolution des Œillets, un certain José Saramago devient en 1975 directeur adjoint du Diário de Notícias, avant de se consacrer entièrement aux romans.

Imagine les petits vendeurs de journaux, les ardinas, qui dévalaient ces rues à l'aube en criant les titres. Continue maintenant vers l'est, par les rues qui entrent dans le Bairro Alto, jusqu'à la Rua Luz Soriano: c'est là que l'histoire de Pessoa s'achève.

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