Bairro Alto, Rua Luz Soriano
Why is it significant?
Te voici au cœur du Bairro Alto, dans un damier de ruelles étroites où les façades se touchent presque. Le jour, c'est calme: du linge, des chats, des volets entrouverts. Le soir, les mêmes rues se remplissent de monde, de verres à la main et de musique jusque tard dans la nuit.
Key Facts
| Place | Bairro Alto, Rua Luz Soriano |
|---|---|
| Address | Rua Luz Soriano, 1200 Lisboa, Portugal |
| Geo Coordinates | 38.71350, -9.14580 |
| Part of Walk | Lisbonne de Pessoa : Bairro Alto, Príncipe Real et les écrivains de la ville haute |
| Generated | Generated |
Te voici au cœur du Bairro Alto, dans un damier de ruelles étroites où les façades se touchent presque. Le jour, c'est calme: du linge, des chats, des volets entrouverts. Le soir, les mêmes rues se remplissent de monde, de verres à la main et de musique jusque tard dans la nuit.
Ce quartier a été tracé au XVIe siècle, au cordeau, en pleine expansion de Lisbonne, et il a plutôt bien résisté au séisme de 1755. Au XIXe siècle, il devient le quartier des imprimeries et des journaux: rotatives, typographes, rédactions enfumées. Juste à côté, une rue porte encore le nom du Diário de Notícias, fondé en 1864, le journal où le père de Pessoa publiait ses critiques musicales. La boucle se referme.
Et puis il y a le fado vadio, le fado vagabond. Dans certaines tavernes du quartier, n'importe qui peut se lever entre deux plats et chanter: un chauffeur de taxi, une grand-mère, un étudiant. Le guitariste suit, la salle se tait, et pendant trois minutes la saudade appartient à tout le monde.
C'est pourtant ici que s'achève la vie de Pessoa. Le 29 novembre 1935, malade du foie, il est transporté à l'hôpital Saint-Louis-des-Français, dans cette rue, un hôpital lié depuis des siècles à la communauté française de Lisbonne. Ce jour-là, il écrit au crayon sa dernière phrase, en anglais: I know not what tomorrow will bring, je ne sais pas ce que demain apportera. Il meurt le lendemain soir, le 30 novembre, à quarante-sept ans. La tradition rapporte que ses derniers mots furent pour demander ses lunettes.
Il laissait une malle remplie de manuscrits que presque personne n'avait lus, et quelques amis convaincus de son génie. Le reste du monde l'a découvert peu à peu. Continue maintenant vers l'est, à travers le quartier, jusqu'à la petite place devant une église à la façade toute simple: São Roque.