Central Tejo et MAAT

Why is it significant?

Tu as devant toi deux bâtiments que tout oppose: une cathédrale de briques rouges hérissée de cheminées, et juste à côté une vague blanche et lisse qui semble sortir du Tage. La brique, c'est la Central Tejo, l'usine qui a fourni l'électricité de Lisbonne pendant une bonne partie du XXe siècle.

Key Facts

PlaceCentral Tejo et MAAT
AddressAvenida de Brasília, Central Tejo, 1300-598 Lisboa, Portugal
Geo Coordinates38.69590, -9.19360
Part of WalkLisbonne, Belém et les Grandes Découvertes : la gloire, l'empire et ce qu'on tait
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Tu as devant toi deux bâtiments que tout oppose: une cathédrale de briques rouges hérissée de cheminées, et juste à côté une vague blanche et lisse qui semble sortir du Tage. La brique, c'est la Central Tejo, l'usine qui a fourni l'électricité de Lisbonne pendant une bonne partie du XXe siècle. La vague, c'est le MAAT, le musée d'art, d'architecture et de technologie, ouvert en 2016.

Imagine l'endroit vers 1930. Des barges accostent le long du fleuve et déchargent du charbon importé. À l'intérieur, devant les chaudières, des hommes qu'on appelait les fogueiros, les chauffeurs, enfournent le combustible à la pelle, dans une chaleur d'enfer, couverts de suie de la tête aux pieds. Pendant des décennies, une bonne partie des ampoules de la ville dépendait de leurs bras. La centrale a cessé de produire en 1972, puis elle est devenue musée de l'électricité; ses chaudières géantes sont toujours là, comme des baleines de fer échouées.

Le MAAT, dessiné par l'architecte britannique Amanda Levete, a un toit qui est une promenade publique: on peut marcher dessus et redescendre jusqu'à l'eau. Sa façade est couverte de milliers de carreaux de céramique en relief, un clin d'œil aux azulejos, qui changent de teinte avec les reflets du fleuve. Lisbonne a toujours aimé se raconter en carreaux.

Mais si cette promenade commence ici, c'est pour le fleuve. Regarde vers l'ouest, vers l'embouchure: c'est par là que, pendant des siècles, sont parties les caravelles et les grandes naus vers l'Afrique, l'Inde et le Brésil. Belém, c'est Bethléem en portugais, la plage d'où l'on partait. Une précision qui change tout: à l'époque, la rive passait beaucoup plus au nord. Presque tout le sol sous tes pieds a été gagné sur le Tage, pour le chemin de fer à la fin du XIXe siècle, puis pour une immense exposition en 1940. Retiens cette date, 1940... elle va revenir souvent.

Ce parcours raconte la gloire, mais aussi ce que les plaques préfèrent taire: l'or, le sucre, et les millions d'Africains réduits en esclavage qui ont payé une partie de cette gloire. Franchis maintenant les voies ferrées par la passerelle la plus proche, et marche vers l'ouest jusqu'au grand bâtiment blanc posé sur pilotis: le musée des carrosses.

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