Tempio Maggiore : la grande synagogue
Why is it significant?
Lève les yeux vers cette coupole de cuivre vert-de-gris, qu'on aperçoit depuis les collines autour de Florence, et vers la façade rayée de pierre claire et rosée, avec ses arcs en fer à cheval. Le Tempio Maggiore, la grande synagogue de Florence, a été inauguré en 1882.
Key Facts
| Place | Tempio Maggiore : la grande synagogue |
|---|---|
| Address | Via Luigi Carlo Farini 6, 50121 Firenze FI, Italy |
| Geo Coordinates | 43.77270, 11.26640 |
| Part of Walk | Florence littéraire : de la maison de Dante à Santa Croce, sur les pas de Stendhal |
| Generated | Generated |
Lève les yeux vers cette coupole de cuivre vert-de-gris, qu'on aperçoit depuis les collines autour de Florence, et vers la façade rayée de pierre claire et rosée, avec ses arcs en fer à cheval. Le Tempio Maggiore, la grande synagogue de Florence, a été inauguré en 1882. Ses architectes ont mêlé le byzantin et le mauresque pour dire, en pierre, une fierté nouvelle.
Car peu de temps auparavant, les Juifs de Florence vivaient enfermés. En 1571, le grand-duc Cosimo Ier les avait contraints à habiter un ghetto près du Vieux Marché, au cœur de la ville, dont les portes fermaient la nuit. Il a fallu l'unité italienne pour qu'ils deviennent des citoyens comme les autres. Un notable de la communauté, David Levi, a alors légué sa fortune pour bâtir un temple monumental, digne de la capitale qu'était brièvement devenue Florence.
Le XXe siècle a été terrible. À partir de l'automne 1943, sous l'occupation allemande, des centaines de Juifs de Florence et de réfugiés ont été raflés et déportés; la plupart ne sont jamais revenus. Les nazis ont utilisé la synagogue comme dépôt, puis, en août 1944, avant de quitter la ville, ils ont tenté de la faire sauter. Des charges ont explosé, mais l'édifice a tenu, et des résistants ont réussi à désamorcer une partie des explosifs.
En novembre 1966, ce fut l'Arno. L'eau de la crue a envahi la salle de prière, abîmant les bancs, les rouleaux de la Torah, les livres. Il a fallu des années pour tout restaurer. Pourtant, quand tu regardes ce dôme aujourd'hui, c'est la ténacité qui frappe: le jardin, le petit musée, les voix qui résonnent pendant les offices. La communauté est toujours là, et elle a gardé la mémoire de chaque épreuve.
Une ville se lit aussi dans ses absences, et ce quartier en compte beaucoup. Avant de rejoindre Santa Croce, fais un détour vers le nord: remonte à travers le quartier jusqu'aux grands boulevards, les viali. Au milieu de la Piazzale Donatello, une île de cyprès et de tombes blanches t'attend, avec des poètes venus mourir au soleil.