Le Cimetière des Anglais

Why is it significant?

Te voici devant une île de cyprès et de marbre blanc, prise au milieu du trafic des boulevards: le Cimetière des Anglais.

Key Facts

PlaceLe Cimetière des Anglais
AddressPiazzale Donatello, 50132 Firenze FI, Italy
Geo Coordinates43.77680, 11.26800
Part of WalkFlorence littéraire : de la maison de Dante à Santa Croce, sur les pas de Stendhal
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Te voici devant une île de cyprès et de marbre blanc, prise au milieu du trafic des boulevards: le Cimetière des Anglais. Ouvert à la fin des années 1820 par l'Église évangélique réformée suisse, il accueillait les protestants et les orthodoxes, qui ne pouvaient pas être enterrés dans les cimetières catholiques de la ville. Anglais, Américains, Suisses, Russes, Allemands: toute une colonie d'étrangers amoureux de Florence repose ici.

À l'époque, le cimetière se trouvait juste hors des murs, près de la Porta a Pinti. Puis, dans les années 1860, quand Florence devient capitale, l'architecte Giuseppe Poggi abat les remparts et trace les grands boulevards. Le petit cimetière se retrouve encerclé, transformé en colline ovale au milieu d'une place. Le peintre suisse Arnold Böcklin, qui a longtemps vécu à Florence, s'en serait inspiré pour son célèbre tableau L'Île des morts.

Avance vers la tombe la plus célèbre, un sarcophage blanc posé sur de courtes colonnes: c'est celle d'Elizabeth Barrett Browning, morte en 1861 dans son appartement de l'Oltrarno, face au palais Pitti. Son mari Robert a fait dessiner le monument par le peintre Frederic Leighton. Elle était alors plus célèbre que lui, et l'on avait même pensé à elle comme poète lauréat d'Angleterre. Les Florentins l'aimaient pour ses vers en faveur de l'unité italienne.

Autour d'elle reposent d'autres écrivains: le poète Walter Savage Landor, vieillard irascible que les Browning avaient pris sous leur aile, mort en 1864; le poète Arthur Hugh Clough; la romancière Frances Trollope, mère d'Anthony Trollope. Le sculpteur américain Hiram Powers, auteur de l'Esclave grecque, est là aussi. Tout un salon littéraire, figé dans le marbre.

Depuis 1877, on n'y enterre plus personne, mais les lecteurs continuent de venir déposer une fleur ou un vers. Après ce détour, redescends vers le sud par le Borgo Pinti, la vieille rue droite qui ramène au cœur du quartier, puis oblique vers l'est pour rejoindre la Piazza Sant'Ambrogio. Une église discrète y cache un miracle, un philosophe et la tombe d'un grand sculpteur.

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