Porta Romana : la porte du départ

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Te voici devant la Porta Romana, l'une des grandes portes de l'enceinte médiévale, bâtie vers 1328. Ses énormes vantaux de bois garnis de fer sont toujours là, et la route qui part d'ici file vers Sienne, puis vers Rome.

Key Facts

PlacePorta Romana : la porte du départ
AddressPiazza della Porta Romana, 50125 Firenze FI, Italy
Geo Coordinates43.76070, 11.24190
Part of WalkFlorence, l'Oltrarno de Marie de Médicis : Masaccio, Pitti et les jardins de Boboli
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Te voici devant la Porta Romana, l'une des grandes portes de l'enceinte médiévale, bâtie vers 1328. Ses énormes vantaux de bois garnis de fer sont toujours là, et la route qui part d'ici file vers Sienne, puis vers Rome. Pendant des siècles, c'est par cette porte qu'arrivaient les cortèges, les ambassadeurs et les marchands venus du sud. Sous l'arc, côté ville, une vieille fresque de la Vierge veille encore sur les voyageurs.

Sur la place, une statue géante de marbre attire l'œil: une femme marche en portant sur sa tête une autre figure, tournée dans l'autre sens. C'est Dietrofront, demi-tour, de l'artiste Michelangelo Pistoletto, installée ici au début des années 2000. Deux directions à la fois, l'aller et le retour... C'est exactement le sujet de cette promenade: des gens qui partent de Florence, et Florence qui part avec eux.

Marie de Médicis, elle, a quitté Florence en octobre 1600 pour embarquer à Livourne, puis débarquer à Marseille début novembre. Elle avait vingt-cinq ans. Reine, mère de Louis XIII, régente, elle a gouverné la France, combattu son propre fils, perdu la partie lors de la Journée des Dupes en 1630, puis fui en exil. Elle est morte à Cologne en 1642, appauvrie, dans une maison où, dit-on, Rubens avait passé une partie de son enfance.

Curieuse coïncidence: le peintre qui avait mis sa vie en majesté finissait par lui fournir, sans le savoir, son dernier décor. Elle n'a jamais revu le Pitti, ni Boboli, ni ce pont qu'elle avait traversé enfant. Mais à Paris, chaque fois que tu passes devant le palais du Luxembourg, regarde le bossage de ses murs et ses colonnes cerclées: c'est un peu de l'Oltrarno, rapporté dans les bagages d'une princesse.

Et toi, tu viens de traverser tout l'Oltrarno: le pont reconstruit pierre à pierre, la rue d'une Vénitienne scandaleuse, les ateliers de San Frediano, les fresques de Masaccio, le crucifix d'un Michel-Ange adolescent, la fenêtre des Browning, le palais natal d'une reine, les grottes et les îles de Boboli. Pour revenir vers le centre, il suffit de descendre la Via Romana, qui te ramène vers le Pitti et le fleuve. Florence, de ce côté-ci de l'Arno, n'a pas fini de te surprendre.

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