Dom français et temple des huguenots

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Avance jusqu'au portique du Dom français et remarque, blottie au pied de la grande tour, une petite église sobre, presque timide. C'est elle, la vraie raison de tout ce décor: la Französische Friedrichstadtkirche, le temple des huguenots, construit entre 1701 et 1705. Remonte en octobre 1685.

Key Facts

PlaceDom français et temple des huguenots
AddressGendarmenmarkt 5, 10117 Berlin, Germany
Geo Coordinates52.51440, 13.39240
Part of WalkBerlin huguenot : de la Gendarmenmarkt à l'île aux Musées, sur les traces des réfugiés français
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Avance jusqu'au portique du Dom français et remarque, blottie au pied de la grande tour, une petite église sobre, presque timide. C'est elle, la vraie raison de tout ce décor: la Französische Friedrichstadtkirche, le temple des huguenots, construit entre 1701 et 1705.

Remonte en octobre 1685. À Fontainebleau, Louis XIV révoque l'édit de Nantes: le culte protestant est interdit en France, les temples sont rasés, les pasteurs ont quinze jours pour quitter le royaume. Quelques jours plus tard, à Potsdam, le Grand Électeur de Brandebourg signe une réponse cinglante, l'édit de Potsdam. Il offre aux réfugiés le voyage, des terrains, des exemptions d'impôts et le droit de prier en français dans leurs propres églises.

Le calcul n'était pas seulement charitable. Le Brandebourg sortait ravagé de la guerre de Trente Ans, Berlin n'était qu'une petite ville de garnison, et les huguenots arrivaient avec des métiers: chapeliers, gantiers, orfèvres, jardiniers, médecins. Environ vingt mille sont venus s'installer dans le pays. Ce temple a été dessiné sur le modèle de celui de Charenton, près de Paris, le grand temple des protestants parisiens, détruit justement en 1685. Ils ont rebâti ici, en miniature, ce qu'on leur avait arraché là-bas.

Leur trace est restée jusque dans le parler berlinois. La boulette est devenue la Bulette, la boutique la Budike. Et on raconte que le Muckefuck, le faux café d'orge, viendrait de « mocca faux »... les linguistes en doutent, mais les Berlinois adorent l'histoire. Parmi les descendants de ces familles, on compte l'écrivain Theodor Fontane, et Lothar de Maizière, le dernier chef du gouvernement de la RDA.

Dans la tour, le Musée huguenot raconte cette fuite et cette intégration à travers des documents, des portraits et des objets du quotidien. Et la communauté réformée française existe toujours, plus de trois siècles plus tard. Maintenant, quitte la place par la Markgrafenstraße, vers le nord, jusqu'à une grande place pavée près d'Unter den Linden: un autre Prussien francophile t'y attend, Frédéric le Grand.

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