La Presqu'île de Lyon: De la Place Bellecour aux Terreaux et à l'Hôtel de Ville
Du salon royal de Louis XIV et du Grand Hôtel-Dieu aux bouchons historiques et à l'Opéra
Lyon · 12 stops · 29 min audio · Generated
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1. Place Bellecour et Statue Équestre de Louis XIV
Place Bellecour 1, 69002 Lyon, France
Arrêtez-vous au centre de la gigantesque esplanade de terre battue ocre de la Place Bellecour, le cœur civique, le point kilométrique zéro et le salon à ciel ouvert de Lyon. Avec ses soixante-deux mille mètres carrés s'étendant sur plus de trois cents mètres de long, cette esplanade majestueuse est la plus grande place piétonne d'Europe et la cinquième place de France par sa superficie. Conçue sous le règne de Louis XIV à partir de 1708 sur des terrains alluviaux marécageux cédés par l'archevêque, la place fut harmonisée par l'architecte Robert de Cotte, qui dessina les façades ordonnancées néoclassiques bordant les flancs est et ouest. Au centre exact trône la statue équestre en bronze de Louis XIV sculptée par François-Frédéric Lemot en 1825 pour remplacer la statue d'origine fondue pendant la Révolution: les Lyonnais la nomment simplement le Cheval de Bronze. Depuis cette esplanade dégagée, le regard embrasse vers l'ouest la colline de Fourvière couronnée de sa basilique blanche. L'air matinal vibre de la vie citadine.
Observez les deux statues allégoriques en bronze assises aux pieds du roi: sculptées en 1720 par les frères Nicolas et Guillaume Coustou, elles personnifient les deux cours d'eau majeurs de la cité, le Rhône impétueux sous les traits d'un vieillard barbu et la Saône paisible sous les traits d'une femme gracieuse.
À l'angle sud-ouest de la place se dresse la statue d'Antoine de Saint-Exupéry assis avec son Petit Prince, érigée en l'an deux mille pour célébrer le centenaire de la naissance à Lyon de l'aviateur et écrivain de renommée mondiale.
Écoutez le mot de passe séculaire des Lyonnais: se donner rendez-vous sous la queue du cheval est depuis deux siècles le point de ralliement immuable de tous les amoureux et étudiants de la ville.
Dirigez-vous vers l'angle sud-est pour admirer le majestueux clocher isolé de l'Hôpital de la Charité sur la Place Antonin Poncet.
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2. Clocher de la Charité et Place Antonin Poncet
Place Antonin Poncet 1, 69002 Lyon, France
Faites halte sur l'élégante Place Antonin Poncet, dominée par la silhouette isolée et altière du clocher de la Charité, jaillissant au milieu des pelouses et des bassins fleuris. Haut de plus de quarante mètres, ce clocher baroque en pierre de taille surmonté d'un dôme à lanternon fut érigé en 1667 sur des dessins de l'architecte Jacques Mimerel pour desservir la chapelle de l'Hôpital Général de la Charité, fondé en 1614 par les consuls de Lyon pour secourir les mendiants, les vieillards indigents et recueillir les enfants abandonnés. Alors que l'immense complexe hospitalier couvrant plusieurs hectares fut entièrement démoli en 1934 pour assainir le quartier, l'émotion patrimoniale des Lyonnais permit de sauver in extremis ce clocher historique et ses cloches centenaires. La place contemporaine, ornée de rangées de magnolias et de la grande fontaine fleurie conçue par le paysagiste Michel Corajoud, ouvre une belle trouée d'air vers le fleuve Rhône. De larges bancs ombragés invitent au repos contemplatif et à la lecture, tandis que les fontaines modernes apportent un murmure rafraîchissant au cœur de la Presqu'île.
Levez les yeux vers les cadrans de l'horloge publique du clocher: son mécanisme rythmait la vie laborieuse de milliers d'enfants trouvés qui apprenaient ici les métiers du tissage de la soie, de la bonneterie et de la dentelle dans les ateliers de charité.
Sur cette même place s'élève l'Hôtel des Postes central inauguré en 1938, chef-d'œuvre de l'Art déco lyonnais dont le hall monumental conserve de somptueuses fresques peintes par Louis Bouquet célébrant le rayonnement mondial des télécommunications.
Remarquez le contraste entre la rigueur minérale du clocher du dix-septième siècle et les façades de verre contemporaines: ce campanile solitaire est le témoin poignant de trois siècles d'assistance civique lyonnaise.
Avancez vers le nord le long du Quai Jules Courmont pour découvrir la monumentale façade fluviale du Grand Hôtel-Dieu.
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3. Grand Hôtel-Dieu et Dôme de Soufflot
Quai Jules Courmont 1, 69002 Lyon, France
Arrêtez-vous le long du Quai Jules Courmont pour contempler l'immense façade en pierre de taille du Grand Hôtel-Dieu, qui étire sur près de quatre cents mètres ses colonnes doriques et ses balustrades le long du fleuve Rhône. Établi initialement au douzième siècle comme un modeste hospice d'accueil pour les pèlerins et voyageurs, l'édifice devint le haut lieu de l'histoire hospitalière et médicale de France. Entre 1741 et 1748, les recteurs de l'hôpital confièrent au jeune et brillant architecte Jacques-Germain Soufflot la mission de concevoir cette façade magistrale et le Grand Dôme central culminant à plus de cinquante mètres de hauteur. Ce monument d'architecture classique, pensé pour purifier l'air des salles de malades grâce à un tirage thermique novateur sous la coupole, révéla le talent de Soufflot avant qu'il ne conçoive l'église Sainte-Geneviève, actuel Panthéon de Paris. L'ensemble a été magnifiquement restauré en 2018 pour accueillir boutiques, cours d'art et cité de la gastronomie. Le reflet de la pierre blanche dans les eaux du Rhône offre un spectacle saisissant.
Levez les yeux vers le Grand Dôme de Soufflot: coiffé d'une lanterne de pierre ajourée et rythmé de pilastres corinthiens, son volume intérieur majestueux décoré de stucs et de cartouches médicaux servait à aspirer les miasmes hors des galeries de soins par un ingénieux système de convection naturelle.
C'est dans cet hôpital que François Rabelais exerça la profession de médecin en chef de 1532 à 1535: il y soigna les malades tout en rédigeant et publiant à Lyon les premières aventures burlesques de Pantagruel et Gargantua.
Admirez les statues monumentales ornant la façade: elles rendent hommage à Childebert Ier et à la reine Ultrogothe, fondateurs royaux légendaires du premier hôpital de Lyon en l'an cinq cent quarante-deux.
Pénétrez sous le porche de pierre pour explorer les galeries voûtées et les jardins paisibles de la Cour du Midi.
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4. Cour du Midi et Cloîtres du Grand Hôtel-Dieu
Rue Bellecordière 1, 69002 Lyon, France
Franchissez les grilles monumentales pour pénétrer dans la Cour du Midi et le lacis de cours pavées et cloîtres arborés du Grand Hôtel-Dieu. Cet ensemble de huit mille mètres carrés de cours et jardins intérieurs a été rendu aux piétons en 2018 lors de la plus vaste reconversion patrimoniale privée d'un monument historique en France. En marchant sous les arcades de pierre blanche et les coursives voûtées du dix-septième siècle, on ressent le calme absolu qui régnait autrefois au chevet des malades, loin du fracas de la ville marchande. Au centre de la Cour du Midi s'élève une audacieuse verrière contemporaine en treillis d'acier et losanges de verre conçue par les architectes Albert Constantin et Didier Repellin, qui semble flotter au-dessus des boutiques de mode, des cafés et de la cour historique. Les parterres d'herbes médicinales rappellent la pharmacopée traditionnelle des apothicaires de l'Hôtel-Dieu. L'harmonieuse alliance entre la monumentalité de la pierre classique et la transparence de l'architecture moderne crée un espace de promenade d'une exceptionnelle élégance au cœur de la Presqu'île lyonnaise.
Admirez la prouesse technique de la verrière de la Cour du Midi: ondulant comme un tissu soyeux sur plus de mille mètres carrés sans piliers d'appui intermédiaires, elle abrite les promeneurs tout en laissant admirer les toitures d'ardoise et le ciel lyonnais.
Dans la Cour Sainte-Élisabeth voisine, les chirurgiens lyonnais mirent au point au dix-neuvième siècle des techniques chirurgicales et obstétricales pionnières, faisant de l'école médicale lyonnaise une référence mondiale de l'asepsie moderne.
Approchez-vous de l'ancien jardin des apothicaires: des sauges, des romarins et des mélisses y sont encore cultivés, évoquant les remèdes secrets préparés ici par les sœurs hospitalières de l'ordre de Sainte-Marthe.
Ressortez par le passage ouest pour rejoindre l'animation commerciale de la Place de la République.
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5. Place de la République et Bassin Miroir
Place de la République 1, 69002 Lyon, France
Prenez place sur la vivante Place de la République, l'un des carrefours les plus élégants et fréquentés de la Presqu'île de Lyon. Aménagée à partir de 1862 lors des grands percements urbains ordonnés par le préfet Claude-Marius Vaïsse sous le Second Empire pour moderniser et aérer le cœur médiéval engorgé de la cité, cette place rectangulaire est traversée de part en part par la prestigieuse Rue de la République. Elle s'entoure d'immeubles cossus de style haussmannien en pierre de taille blanche de Villebois, arborant des balcons continus en fer forgé, des cariatides sculptées et de vastes vitrines de grands magasins. Au centre de l'esplanade scintille un grand bassin rectangulaire miroir d'eau conçu en 1995 par l'artiste Alain Sarfati: ses jets d'eau verticaux et sa nappe d'eau plane reflètent les façades historiques et les feuillages des arbres d'alignement, offrant aux milliers de passants, promeneurs et familles un îlot de fraîcheur et de poésie urbaine particulièrement recherché par les Lyonnais lors des chaudes et lumineuses journées estivales de la plaine rhodanienne.
Observez les reflets dans le bassin d'eau: la perspective vers le nord cadre la flèche élégante de l'Église Saint-Nizier et les coupoles néoclassiques des grands magasins du Printemps, illustrant le triomphe de la grande bourgeoisie marchande et soyeuse sous Napoléon III.
La place abritait autrefois le monument au président Sadi Carnot, assassiné tout près d'ici en juin 1894 par l'anarchiste italien Sante Caserio alors qu'il se rendait au théâtre pour l'Exposition universelle de Lyon.
Notez le dessin du pavage en dalles de granit: la place fut entièrement piétonnisée dans les années 1990 pour rendre aux flâneurs et amateurs de shopping le cœur commerçant le plus animé de la cité.
Empruntez la Rue Mercière vers l'ouest pour vous plonger dans l'ambiance gourmande des célèbres bouchons lyonnais.
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6. Rue Mercière et Bouchons Lyonnais
Rue Mercière 45, 69002 Lyon, France
Pénétrez dans les senteurs alléchantes et les pavés animés de la Rue Mercière, l'une des artères les plus anciennes et les plus gourmandes de Lyon. Dès le treizième siècle, cette voie étroite parallèle à la Saône était la grand-rue des marchands merciers, des drapiers et des orfèvres, avant de devenir au seizième siècle l'épicentre de l'imprimerie humaniste européenne où Sébastien Gryphe et Étienne Dolet faisaient tourner leurs presses typographiques. Menacée d'une démolition intégrale dans les années 1960 au profit d'une autoroute urbaine, la rue fut sauvée par une mobilisation citoyenne passionnée et métamorphosée en sanctuaire de la gastronomie populaire lyonnaise. Aujourd'hui, les devantures de bois verni, les nappes à carreaux rouges et blancs et les lanternes en fer forgé signalent les authentiques bouchons: on y sert avec générosité le tablier de sapeur, les quenelles de brochet sauce Nantua, le saucisson chaud pistaché et la cervelle de canut, arrosés d'un pot de Beaujolais ou de Côtes-du-Rhône. L'ambiance y est d'une joyeuse truculence.
Jetez un regard à travers les porches Renaissance au fond des cours: plusieurs immeubles conservent de superbes escaliers à vis en pierre, des loggias d'inspiration toscane et des façades du seizième siècle qui témoignent de l'opulence des maîtres imprimeurs lyonnais.
Le mot bouchon proviendrait de l'ancienne coutume des cabaretiers qui accrochaient au-dessus de leur porte une botte de rameaux ou bouchon de paille pour signaler aux cochers qu'on pouvait y bouchonner les chevaux tout en buvant un verre au comptoir.
Respirez l'odeur de beurre fondu et de praline rose s'échappant des cuisines: la réputation de Lyon comme capitale mondiale de la gastronomie, consacrée par Curnonsky en 1935, doit beaucoup à la ferveur gourmande de cette rue.
Poursuivez vers le sud pour déboucher dans le cadre majestueux de la Place des Jacobins.
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7. Place des Jacobins et Fontaine des Artistes
Place des Jacobins 1, 69002 Lyon, France
Prenez place sur la régulière et radieuse Place des Jacobins, l'une des places urbaines les plus harmonieuses et théâtrales de tout le centre de Lyon. Ouverte sur le site de l'ancien couvent des frères dominicains—familièrement nommés Jacobins en France—qui s'élevait ici depuis 1296 avant d'être démantelé à la Révolution, cette place circulaire ou dodécagonale est bordée d'immeubles nobles aux façades bombées épousant les courbes du rond-point. Au centre exact de l'esplanade s'élève la monumentale Fontaine des Jacobins, un chef-d'œuvre de marbre blanc de Carrare érigé en 1885 sur les plans de l'architecte Gaspard André. Sous un dais classique porté par quatre colonnes corinthiennes et couronné d'un dôme orné de sirènes et d'amours marins, la fontaine abrite les statues grandeur nature de quatre artistes majeurs qui ont façonné la gloire culturelle de Lyon: l'architecte Philibert Delorme, le sculpteur Guillaume Coustou, le graveur Gérard Audran et le peintre Hippolyte Flandrin. Les jaillissements d'eau animent le marbre d'un murmure cristallin.
Observez la finesse des quatre statues sculptées par Degeorge: chaque maître tient les attributs de son art—compas, ciseau de sculpteur, burin et pinceaux—offrant un hommage saisissant au génie créatif lyonnais à travers les siècles de la Renaissance à l'époque moderne.
La place connut de nombreuses appellations au fil des soubresauts politiques: nommée Place Confort au Moyen Âge, puis Place de la Fraternité sous la Terreur révolutionnaire et Place de la Préfecture sous l'Empire, elle reprit son nom populaire de Jacobins en 1871.
Notez la vue dégagée vers l'ouest: dans l'alignement exact de la rue en face se découpe la silhouette de la colline de Fourvière et de sa basilique, un axe visuel soigneusement calculé par les urbanistes du dix-neuvième siècle.
Empruntez la Rue des Célestins vers l'ouest pour vous arrêter devant la façade à l'italienne du Théâtre des Célestins.
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8. Théâtre des Célestins et Place des Célestins
Place des Célestins 4, 69002 Lyon, France
Arrêtez-vous dans l'atmosphère paisible et feutrée de la Place des Célestins, plantée de magnolias odorants au pied de l'imposante façade néoclassique du Théâtre des Célestins. Ce lieu de spectacle est l'un des rares théâtres en France à pouvoir s'enorgueillir de plus de deux siècles d'art dramatique ininterrompu sur le même emplacement, où s'élevait autrefois un couvent de moines célestins fondé en 1407 par le duc Louis II de Bourbon. Après plusieurs incendies tragiques au dix-neuvième siècle, le bâtiment actuel fut reconstruit entre 1877 et 1881 par l'architecte Gaspard André: sa majestueuse façade à portique corinthien et fronton sculpté ouvre sur un vestibule en rotonde et une somptueuse salle à l'italienne rouge et or en fer à cheval, richement décorée de stucs dorés, de velours cramoisi et d'un plafond peint célébrant les Muses. Les plus grands acteurs français, de Sarah Bernhardt à Jean Marais, y ont foulé les planches. La place offre un havre de calme propice à la conversation.
Approchez-vous de l'étrange périscope de verre posé au milieu de la place: cette lunette télescopique conçue par l'artiste Daniel Buren permet de plonger son regard dans le sous-sol pour admirer les arabesques géométriques en spirale du parking souterrain récompensé par des prix internationaux d'architecture.
En avril 1880, alors que les travaux de reconstruction touchaient presque à leur fin, un incendie nocturne dévasta à nouveau entièrement l'intérieur du théâtre, contraignant Gaspard André à rebâtir la salle en un temps record pour une réinauguration triomphale en 1881.
Écoutez le silence qui règne sur la place au crépuscule: avant le lever de rideau du soir, les comédiens et metteurs en scène aiment prendre un café sur les terrasses sous les magnolias pour répéter leurs répliques.
Marchez vers le nord par la Rue de Brest pour rejoindre l'imposante église gothique Saint-Nizier.
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9. Église Saint-Nizier et Crypte Paléochrétienne
Rue de la Fromagerie 1, 69002 Lyon, France
Levez le regard vers la spectaculaire façade sculptée de l'Église Saint-Nizier, le sommet du gothique flamboyant au cœur de la Presqu'île de Lyon. Fondé au cinquième siècle par l'évêque saint Eucher sur l'emplacement d'un monument funéraire abritant les reliques des saints martyrs de Lyon suppliciés sous Marc Aurèle en l'an cent soixante-dix-sept, ce sanctuaire vénérable fut reconstruit du quatorzième au seizième siècle pour devenir l'église paroissiale des bourgeois et des confréries d'artisans. La façade frappe d'emblée par son audace: elle est flanquée de deux flèches dissymétriques—l'une nord en pierre ajourée du quinzième siècle et l'autre sud en brique rose néogothique ajoutée au dix-neuvième siècle—encadrant un extraordinaire portail central en forme de niche Renaissance en cul-de-four conçu vers 1575 par Jean Vallet. En pénétrant dans la nef, l'élévation des voûtes en croisée d'ogives et le dessin complexe des liernes et tiercerons créent une impression de verticalité vertigineuse. La lumière dorée filtre avec douceur à travers de hauts vitraux colorés, baignant la pierre blonde d'une aura mystique qui invite au recueillement et à l'admiration artistique.
Descendez dans la crypte sous le chœur: ce lieu chargé d'histoire abrite les tombeaux primitifs des évêques de Lyon, notamment saint Nizier et saint Nicet, ainsi que le souvenir des premiers chrétiens persécutés dans l'amphithéâtre romain, dont sainte Blandine et saint Pothin.
L'église fut le cœur battant des libertés communales lyonnaises: c'est sous ses voûtes que les bourgeois et marchands de Lyon se réunissaient en assemblée générale pour résister aux prétentions seigneuriales de l'archevêque avant d'obtenir la charte consulaire de 1320.
Admirez dans la chapelle Notre-Dame-de-Grâce la statue de la Vierge à l'Enfant sculptée par Antoine Coysevox au dix-septième siècle: le drapé virtuose témoigne du génie des sculpteurs baroques formés à Lyon.
Poursuivez vers l'est le long de la Rue Grenette jusqu'au monumental Palais de la Bourse.
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10. Palais de la Bourse et Chambre de Commerce
Place de la Bourse 1, 69002 Lyon, France
Arrêtez-vous devant la somptueuse façade à colonnades corinthiennes du Palais de la Bourse et du Commerce de Lyon, majestueusement campé entre la Rue de la République et la Place de la Bourse. Édifié entre 1856 et 1860 sur les plans de l'architecte René Dardel, ce palais monumental fut voulu par Napoléon III pour doter la capitale de la soie d'un temple du négoce réunissant sous le même toit la Chambre de Commerce, le tribunal de commerce, la bourse des valeurs, la banque et le musée des tissus. La façade déploie une riche statuaire allégorique où les statues du Rhône et de la Saône sculptées par Jean-Marie Bonnassieux voisinent avec les allégories de l'Industrie, du Commerce et de l'Agriculture. L'intérieur s'articule autour de la grandiose salle de la Corbeille, un atrium monumental de plus de huit cents mètres carrés entouré de galeries à arcades et couvert d'un plafond peint vertigineux célébrant le rayonnement mondial des soyeux lyonnais. L'édifice respire la puissance économique de la cité des gones.
Levez les yeux vers le plafond de la salle de la Corbeille peint par Alexandre Hesse: cette fresque allégorique colossale représente la ville de Lyon recevant les tributs des quatre parties du monde, de l'Inde pour la soie grège aux Amériques pour le coton et le café.
C'est sur le trottoir bordant ce palais que le président de la République française Sadi Carnot fut mortellement poignardé le vingt-quatre juin 1894 par l'anarchiste Sante Caserio: une plaque commémorative et un pavé rouge scellé dans la chaussée rappellent ce drame national.
Remarquez la devise gravée sur le fronton: elle proclame la liberté du travail et du négoce, socle sur lequel les fabricants de soieries bâtirent leur fortune industrielle au dix-neuvième siècle.
Poursuivez vers le nord le long de la Rue de la République pour déboucher sur la spectaculaire Place des Terreaux.
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11. Place des Terreaux et Fontaine Bartholdi
Place des Terreaux 1, 69001 Lyon, France
Avancez au centre de la spectaculaire Place des Terreaux, l'un des espaces publics les plus emblématiques, vivants et chargés d'histoire de Lyon, adossé au pied de la colline de la Croix-Rousse. Aménagée au dix-septième siècle sur l'emplacement des anciens fossés boueux et remparts qui barraient le nord de la cité—d'où son nom tiré des terreaux et déblais comblant les fossés—cette grande esplanade minérale est bordée au sud par le somptueux Palais Saint-Pierre, ancienne abbaye royale bénédictine transformée en Musée des Beaux-Arts, souvent qualifié de petit Louvre lyonnais. Sur le flanc nord se dresse la fougueuse Fontaine Bartholdi, chef-d'œuvre colossal en plomb martelé et fer pesant plus de vingt et une tonnes, sculpté par Frédéric-Auguste Bartholdi, l'immortel créateur de la statue de la Liberté à New York. Inaugurée en 1892, l'œuvre figure Amphitrite menant le char des quatre grands fleuves de France symbolisés par de fougueux chevaux cabrés crachant de l'eau. Les puissants jets d'eau créent une nappe de fraîcheur vivifiante sur les dalles de granit, tandis que les terrasses de café bordant la place s'emplissent d'une joyeuse animation populaire.
Observez la vapeur d'eau jaillissant des naseaux des chevaux de Bartholdi: le sculpteur alsacien parvint à insuffler une sensation de vitesse et de puissance animale sauvage, immortalisant la furie des flots domptés par la République triomphante.
C'est sur les pavés de cette place que furent décapités en septembre 1642 le jeune marquis de Cinq-Mars et son complice François-Auguste de Thou pour avoir osé conspirer contre le tout-puissant cardinal de Richelieu.
Regardez le quadrillage au sol: il fut réaménagé en 1994 par les artistes Daniel Buren et Christian Drevet avec soixante-neuf mini-jets d'eau jaillissant du pavage pour créer une scénographie lumineuse contemporaine.
Tournez-vous vers l'est pour contempler la grandiose façade baroque de l'Hôtel de Ville et la voûte vitrée de l'Opéra de Lyon.
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12. Hôtel de Ville et Opéra National de Lyon
Place de la Comédie 1, 69001 Lyon, France
Achevez votre itinéraire au cœur de la Place de la Comédie, face à face exceptionnel entre le faste baroque de l'Hôtel de Ville de Lyon et l'audace contemporaine de l'Opéra national. Érigé entre 1646 et 1672 sur les plans de l'architecte de la cité Simon Maupin puis remanié après un incendie par Jules Hardouin-Mansart, le premier architecte de Louis XIV, l'Hôtel de Ville est l'un des plus imposants monuments civils du dix-septième siècle en Europe: sa façade théâtrale à clocher beffroi, rythmée de pilastres et couronnée d'un bas-relief en bronze représentant Henri IV à cheval, exprime la fierté souveraine du consulat lyonnais. Juste en face s'élève l'Opéra national de Lyon, fondé au dix-huitième siècle par Jacques-Germain Soufflot, reconstruit en 1831 par Chenavard et Pollet, puis métamorphosé en 1993 par l'architecte Jean Nouvel: conservant sa façade néoclassique ornée des statues des huit Muses, l'édifice est surmonté d'une gigantesque voûte cylindrique de verre et d'acier qui s'illumine d'un rouge incandescent à la nuit tombée. Les arcades bruissent des pas des spectateurs.
Levez les yeux vers le dôme de verre de Jean Nouvel: s'élevant à plus de quarante-deux mètres, cette verrière en berceau abrite sous ses arcs métalliques les studios de répétition du prestigieux Ballet de l'Opéra, offrant aux danseurs une vue plongeante sur les toits de la cité des Gaules.
Comptez les statues au sommet de la colonnade de l'Opéra: il n'y en a que huit alors que la mythologie gréco-romaine compte neuf Muses. Uranie, la muse de l'astronomie, fut omise par les sculpteurs du dix-neuvième siècle pour respecter la stricte symétrie des huit colonnes de la façade.
Admirez la cour d'honneur de l'Hôtel de Ville: c'est ici qu'en 1870 fut proclamée la République à Lyon avant même son annonce officielle à Paris, marquant l'esprit pionnier et frondeur des Lyonnais.
C'est ici, au carrefour du pouvoir consulaire, des arts lyriques et de la grandeur monumentale de la Presqu'île, que s'achève notre voyage au cœur de Lyon, une métropole d'élégance et d'humanisme qui a su marier la mesure classique de ses places royales à l'audace créatrice de son architecture moderne.