San Moisè : les débuts de Rossini et la tombe de John Law
Why is it significant?
Arrête-toi devant San Moisè et regarde cette façade: des statues partout, des guirlandes, des bustes, pas un centimètre de pierre au repos. Le critique John Ruskin la jugeait parmi les plus laides de Venise. Toi, tu as le droit de la trouver irrésistible.
Key Facts
| Place | San Moisè : les débuts de Rossini et la tombe de John Law |
|---|---|
| Address | Campo San Moisè, San Marco, 30124 Venezia VE, Italy |
| Geo Coordinates | 45.43310, 12.33620 |
| Part of Walk | Venise en musique : de La Fenice à la Pietà, sur les pas de Vivaldi |
| Generated | Generated |
Arrête-toi devant San Moisè et regarde cette façade: des statues partout, des guirlandes, des bustes, pas un centimètre de pierre au repos. Le critique John Ruskin la jugeait parmi les plus laides de Venise. Toi, tu as le droit de la trouver irrésistible.
Elle a été payée en 1668 par la famille Fini, qui s'offrait ainsi un monument à sa propre gloire: le buste de Vincenzo Fini trône au-dessus du portail, à la place où l'on attendrait un saint. Mais ce n'est pas pour elle qu'on vient ici. C'est pour ce qui a disparu juste à côté: le Teatro San Moisè.
Petit, modeste, ouvert vers 1620, il a pourtant une histoire immense. En 1640, on y reprend l'Arianna de Claudio Monteverdi, le vieux maître de chapelle de Saint-Marc, au moment où l'opéra devient un spectacle payant, ouvert à qui achète son billet. Et le 3 novembre 1810, un garçon de dix-huit ans y fait ses débuts: La cambiale di matrimonio, Le Contrat de mariage, le premier opéra de Rossini jamais joué. D'autres petites farces suivront ici, dont La scala di seta, L'Échelle de soie, dont l'ouverture pétille encore dans les salles de concert.
Et dans l'église, sous tes pieds, repose un tout autre destin. Une dalle du pavement couvre la tombe de John Law, l'Écossais qui avait fait adopter à la France du Régent le papier-monnaie et une banque d'État... avant la faillite retentissante de 1720, qui ruina des milliers de familles. Chassé de Paris, il a fini ses jours à Venise, joueur jusqu'au bout, et il y est mort en 1729.
Opéra, banque, spéculation: Venise a toujours su que la musique était aussi une affaire d'argent, de risques et de faillites. Les théâtres vivaient de la vente des loges, et les impresarios faisaient souvent banqueroute. Remonte maintenant vers le nord par la Calle dei Fabbri, jusqu'au Campo San Bartolomeo, au pied du Rialto: un auteur de comédies t'y attend en bronze.