La Piazzetta : colonnes de Marc et Todaro, palais des Doges
Why is it significant?
Arrête-toi juste avant les deux colonnes de granit qui encadrent la lagune, et surtout, ne passe pas entre elles: les Vénitiens superstitieux font toujours le détour. Sur l'une, le lion ailé de saint Marc.
Key Facts
| Place | La Piazzetta : colonnes de Marc et Todaro, palais des Doges |
|---|---|
| Address | Piazzetta San Marco, 30124 Venezia VE, Italy |
| Geo Coordinates | 45.43330, 12.33990 |
| Part of Walk | Venise, Saint-Marc et la Sérénissime : splendeur des doges et chute de 1797 |
| Generated | Generated |
Arrête-toi juste avant les deux colonnes de granit qui encadrent la lagune, et surtout, ne passe pas entre elles: les Vénitiens superstitieux font toujours le détour. Sur l'une, le lion ailé de saint Marc. Sur l'autre, saint Théodore, Todaro pour les Vénitiens, le premier patron de la ville, debout sur un crocodile.
Ces colonnes sont arrivées d'Orient au XIIe siècle, et elles étaient trois. La troisième, raconte-t-on, est tombée à l'eau pendant le débarquement et dort encore quelque part dans la vase. Pour dresser les deux autres, il fallut un ingénieur audacieux, Nicolò Barattieri, qui aurait demandé en récompense le droit d'organiser des jeux de hasard entre les colonnes. La République accepta... puis choisit ce même espace pour les exécutions publiques. D'où le détour.
Le lion, lui aussi, a fait le voyage de Paris. En 1797, les Français le descendent de sa colonne et le posent sur une fontaine devant les Invalides. Quand on le démonte pour le rendre, en 1815, il tombe et se brise, et il rentre à Venise en morceaux. On l'a réparé, mais regarde-le bien: ce fauve de bronze très ancien est sans doute une chimère antique, venue d'Orient, à laquelle on a ajouté des ailes et un livre.
À ta gauche, si tu fais face à l'eau, la façade du palais des Doges joue un drôle d'équilibre: la dentelle gothique en bas, le gros mur rose et plein en haut, comme une maison posée sur ses arcades. C'est là, dans la salle du Grand Conseil, la plus vaste du palais, que s'est tenue la dernière séance de la République, le 12 mai 1797. Le quorum n'était pas atteint; dehors, des coups de feu éclatent, et on vote dans la panique. Le doge Ludovico Manin, dit la tradition, ôte alors son bonnet de lin et le tend à son valet: prends-le, je n'en aurai plus besoin.
Avant de repartir, retourne-toi vers le Campanile. Le matin du 14 juillet 1902, il s'est effondré d'un bloc sur lui-même, et la seule victime fut, paraît-il, le chat du gardien. On l'a reconstruit com'era, dov'era, comme il était et là où il était, et inauguré en 1912. Maintenant, longe le quai vers l'est, le long du palais, jusqu'au premier pont de pierre blanche.