Real Fábrica de Tabacos : la fabrique des cigarières

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Longe ce bâtiment interminable, sa façade de pierre blonde, son fossé et ses guérites aux angles: on dirait une forteresse. C'est la Real Fábrica de Tabacos, la Manufacture royale de tabacs.

Key Facts

PlaceReal Fábrica de Tabacos : la fabrique des cigarières
AddressCalle San Fernando 4, 41004 Sevilla, Spain
Geo Coordinates37.38120, -5.99120
Part of WalkSur les pas de Carmen à Séville : cigarières, toreros et flamenco de Triana
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Longe ce bâtiment interminable, sa façade de pierre blonde, son fossé et ses guérites aux angles: on dirait une forteresse. C'est la Real Fábrica de Tabacos, la Manufacture royale de tabacs. Au-dessus de l'entrée principale, une Renommée sonne de la trompette, comme pour annoncer l'arrivée de la marchandise la plus précieuse du royaume.

Le tabac vient d'Amérique, et la Couronne en a fait un monopole d'État. Pour le protéger des voleurs et des contrebandiers, on construit à partir de 1728 cette manufacture, achevée vers 1770. À l'époque, c'est l'un des plus grands bâtiments industriels d'Europe, avec ses cours, ses ateliers, sa chapelle et même sa prison.

Au XIXe siècle, les machines cèdent la place aux mains: des milliers de femmes, les cigarreras, roulent ici les cigares. Elles sont réputées pour leur franc-parler, leur indépendance et leurs chansons. Les voyageurs romantiques venaient les admirer, et Mérimée raconte avoir vu des centaines d'entre elles, à demi vêtues à cause de la chaleur. Le fossé n'était pas décoratif: les ouvrières étaient fouillées à la sortie, car le tabac volé valait cher. C'est ici que Mérimée fait travailler Carmen.

Premier acte de l'opéra: sur la place, devant la manufacture, la cloche sonne, les cigarières sortent fumer. Carmen chante la Habanera, l'amour est un oiseau rebelle... Puis une bagarre éclate, Carmen balafre une collègue au couteau, et Don José doit l'arrêter. Petit secret: cette Habanera, Bizet l'a empruntée à une chanson du compositeur espagnol Sebastián Iradier, croyant qu'il s'agissait d'un air populaire.

Depuis les années 1950, les cigarières ont laissé la place aux étudiants: le bâtiment est le siège de l'Université de Séville. Entre dans le grand hall si les portes sont ouvertes, et écoute: les rires dans les couloirs ont remplacé les chansons des ateliers. Contourne maintenant la manufacture par le sud et suis la rue vers l'ouest, jusqu'au grand portail baroque du Palacio de San Telmo.

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