Le palais Mancini, l'Académie de France sur le Corso
Why is it significant?
Arrête-toi sur le trottoir de la via del Corso, cette longue rue parfaitement droite, et cherche du regard le palais Mancini, une haute façade aux fenêtres bien alignées. Les passants filent sans lever la tête.
Key Facts
| Place | Le palais Mancini, l'Académie de France sur le Corso |
|---|---|
| Address | Via del Corso, 00186 Roma RM, Italy |
| Geo Coordinates | 41.89770, 12.48210 |
| Part of Walk | La Rome des Français : de la Villa Médicis au palais Farnèse |
| Generated | Generated |
Arrête-toi sur le trottoir de la via del Corso, cette longue rue parfaitement droite, et cherche du regard le palais Mancini, une haute façade aux fenêtres bien alignées. Les passants filent sans lever la tête. Pourtant, pendant près de soixante-dix ans, c'est ici que battait le cœur de l'art français à Rome.
Avant la Villa Médicis, l'Académie de France a changé plusieurs fois d'adresse. En 1725, elle s'installe dans ce palais, en plein sur le Corso. Les pensionnaires du roi y logent, dessinent d'après l'antique, copient Raphaël. Fragonard y passe plusieurs années à la fin des années 1750, avant d'aller croquer les jardins de la villa d'Este à Tivoli. Et un jeune peintre nommé Jacques-Louis David y arrive en 1775; il reviendra quelques années plus tard peindre à Rome son Serment des Horaces, qui fera sensation à Paris.
Le Corso, à l'époque, c'était la rue du carnaval. On y lâchait des chevaux sans cavaliers dans une course folle, d'un bout à l'autre de la rue, et toute la ville se pressait aux fenêtres et aux balcons. Les pensionnaires de l'Académie participaient à la fête. En 1748, ils ont même défilé dans une grande mascarade à la turque, la caravane du sultan, dont des dessins et des gravures ont gardé la trace.
Mais en janvier 1793, l'atmosphère change brutalement. La France vient de proclamer la République et juge son roi; Rome est la capitale d'un pape hostile à la Révolution. Un diplomate français, Hugou de Bassville, circule sur le Corso en arborant des cocardes tricolores. La foule s'en prend à lui, il est mortellement blessé, et le palais de l'Académie est attaqué. Les pensionnaires s'enfuient. Il faudra attendre dix ans, et Napoléon, pour que l'Académie renaisse, cette fois à la Villa Médicis, obtenue en échange de ce palais.
Et quelques pas plus loin, au coin de la piazza Venezia, se dresse le palais où Letizia Bonaparte, la mère de Napoléon, a fini ses jours en 1836, observant la foule du Corso depuis un petit balcon fermé de vert. Maintenant, prends vers l'ouest par les petites rues: cherche en chemin le Piè di Marmo, un pied de marbre antique géant posé au bord de la chaussée, puis l'éléphant du Bernin qui porte un obélisque sur la piazza della Minerva, juste derrière le monument le plus parfait que nous ait laissé l'Antiquité.