Parc des Buttes-Chaumont, de la carrière au décor romantique
Why is it significant?
Avance jusqu'au bord du lac et regarde l'île qui se dresse au milieu: une haute falaise abrupte, coiffée d'un petit temple rond. Des pelouses qui dévalent, des cascades, des ponts suspendus... on se croirait dans un tableau romantique, pas dans le dix-neuvième arrondissement.
Key Facts
| Place | Parc des Buttes-Chaumont, de la carrière au décor romantique |
|---|---|
| Address | 1 Rue Botzaris, 75019 Paris, France |
| Geo Coordinates | 48.88000, 2.38050 |
| Part of Walk | Paris secret de l'Est : le canal Saint-Martin, les Buttes-Chaumont et Belleville |
| Generated | Generated |
Avance jusqu'au bord du lac et regarde l'île qui se dresse au milieu: une haute falaise abrupte, coiffée d'un petit temple rond. Des pelouses qui dévalent, des cascades, des ponts suspendus... on se croirait dans un tableau romantique, pas dans le dix-neuvième arrondissement.
Difficile pourtant d'imaginer pire point de départ. Ici, il y avait des carrières de gypse, d'où l'on tirait le fameux plâtre de Paris, des terrains vagues, une voirie où l'on déversait les vidanges de la ville, des équarrisseurs qui dépeçaient les chevaux morts. Et tout près, le souvenir du gibet de Montfaucon. Le coin le plus mal famé, et sans doute le plus puant, de la capitale.
Napoléon III, qui a vécu en exil à Londres et rêve de parcs à l'anglaise, veut des espaces verts pour les quartiers populaires. L'ingénieur Jean-Charles Alphand transforme la carrière en décor de théâtre: on dynamite, on remodèle les pentes, on apporte de la terre par tonnes, on crée une grotte aux fausses stalactites et une cascade. Après trois ans de chantier, commencé en 1864, le parc ouvre en 1867, juste à temps pour l'Exposition universelle.
Lève les yeux vers le sommet de l'île: le temple de la Sibylle, dessiné par Gabriel Davioud, s'inspire d'un temple antique de Tivoli, près de Rome. On y monte par un pont suspendu puis par un sentier escarpé, et la vue sur Montmartre et le Sacré-Cœur vaut largement l'effort. L'autre passerelle, en brique, porte un surnom sinistre que les Parisiens se transmettent à voix basse: le pont des Suicides.
On appelait ces anciennes carrières les carrières d'Amérique. La légende veut que leur plâtre soit parti jusqu'aux États-Unis, pour bâtir, pourquoi pas, la Maison-Blanche. Rien ne le prouve... mais l'histoire est trop belle pour mourir. Sors du parc côté ouest, sur l'avenue Simon-Bolivar: juste en face, un escalier grimpe vers une petite colline secrète.