Obélisque de Karolinenplatz : les morts de la campagne de Russie

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Au centre de ce rond-point où les voitures tournent sans fin se dresse un obélisque sombre, haut de près de trente mètres, comme une aiguille noire plantée au milieu de la ville. Peu de passants lèvent les yeux. C'est pourtant l'un des monuments les plus poignants de Munich.

Key Facts

PlaceObélisque de Karolinenplatz : les morts de la campagne de Russie
AddressKarolinenplatz, 80333 München, Germany
Geo Coordinates48.14440, 11.56940
Part of WalkAthènes-sur-Isar : Königsplatz et les Pinacothèques de Munich
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Au centre de ce rond-point où les voitures tournent sans fin se dresse un obélisque sombre, haut de près de trente mètres, comme une aiguille noire plantée au milieu de la ville. Peu de passants lèvent les yeux. C'est pourtant l'un des monuments les plus poignants de Munich.

La place porte le nom de la reine Caroline, la seconde épouse de Maximilien Ier Joseph, une princesse protestante venue de Bade dans une cour catholique. Tracée au début du dix-neuvième siècle, elle devait être l'entrée élégante d'un nouveau quartier, à la sortie de la vieille ville. L'obélisque, lui, a été dessiné par Leo von Klenze et inauguré par Louis Ier le 18 octobre 1833, jour anniversaire de la bataille de Leipzig.

Il est dédié aux Bavarois morts en Russie en 1812. Allié de Napoléon, le royaume avait envoyé plus de trente mille hommes dans la Grande Armée. Très peu sont revenus: le froid, la faim, le typhus et la retraite ont fait le reste. L'inscription parle de trente mille Bavarois morts dans la guerre de Russie. Presque toutes les familles du royaume avaient quelqu'un à pleurer. Et regarde la forme: pas de soldat, pas d'aigle, pas de figure héroïque, seulement une masse noire habillée de bronze et quelques lignes gravées. Klenze a laissé le silence parler.

Fais le tour et cherche l'autre phrase, la plus troublante: eux aussi sont morts pour la libération de la patrie. Ces hommes sont pourtant tombés en combattant pour l'Empereur... et la Bavière a changé de camp l'année suivante. Vingt ans plus tard, Louis Ier, qui avait toujours détesté Napoléon, réécrit donc leur mort pour en faire un sacrifice national. Un monument d'art, mais aussi une leçon sur la manière dont les rois rangent l'histoire.

Quitte le rond-point vers le nord par la Barer Straße. Après deux carrefours, sur ta gauche, un très long bâtiment de brique se dresse au milieu d'une pelouse.

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