Iglesia de San Sebastián : la paroisse des poètes
Why is it significant?
Tu viens de suivre les lettres dorées de la Calle de las Huertas: des vers de Cervantès, de Quevedo, de Góngora, incrustés dans le pavé, que tout le monde piétine sans les lire. Au passage, tu as longé Casa Alberto, une taverne ouverte en 1827.
Key Facts
| Place | Iglesia de San Sebastián : la paroisse des poètes |
|---|---|
| Address | Calle de Atocha 39, 28012 Madrid, Spain |
| Geo Coordinates | 40.41370, -3.70130 |
| Part of Walk | Madrid littéraire : Cervantès, Lope de Vega et le Quartier des Lettres |
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Tu viens de suivre les lettres dorées de la Calle de las Huertas: des vers de Cervantès, de Quevedo, de Góngora, incrustés dans le pavé, que tout le monde piétine sans les lire. Au passage, tu as longé Casa Alberto, une taverne ouverte en 1827. Et te voici devant l'église de San Sebastián, entre la Calle de las Huertas et la Calle de Atocha.
Au Siècle d'or, c'était la paroisse du quartier des comédiens et des écrivains. On y baptisait, on s'y mariait, on y enterrait. Et ses registres sont une mine d'or pour les historiens: c'est dans le livre des défunts de San Sebastián qu'est consigné le décès de Miguel de Cervantes, en avril 1616, parce qu'il vivait dans cette paroisse.
En 1635, c'est Lope de Vega qu'on y enterre, après des funérailles grandioses qui ont duré plusieurs jours. Tout Madrid était dans la rue. Mais l'histoire est cruelle: quelques générations plus tard, ses restes sont déplacés lors d'un réaménagement de la crypte et finissent dans une fosse commune. Les deux plus grands écrivains de l'époque, rivaux toute leur vie, ont donc connu le même sort: des tombes perdues à deux rues l'une de l'autre.
La liste des fidèles célèbres ne s'arrête pas là. Le dramaturge Juan Ruiz de Alarcón, né au Mexique, y est enterré en 1639. Et en 1861, le poète romantique Gustavo Adolfo Bécquer, l'auteur des Rimas, y épouse Casta Esteban. L'église elle-même a beaucoup souffert pendant la guerre civile et a été largement reconstruite ensuite, d'où son allure plus récente que son histoire.
Autour de l'église s'étendait autrefois le cimetière paroissial. Les Madrilènes qui passent ici ne se doutent pas qu'ils marchent sur quatre siècles de poètes. Remonte maintenant la Calle del Príncipe ou la petite Calle de San Sebastián vers le nord: en deux minutes, tu débouches sur la place qui fut le cœur du théâtre madrilène.