Parochialkirche : le Berlin calviniste

Why is it significant?

Arrête-toi devant la Parochialkirche et suis du regard sa tour, étage après étage, jusqu'à la flèche fine qui la couronne. Pendant plus de soixante-dix ans, cette flèche n'existait plus: détruite par le feu en 1944, elle n'a été reconstruite qu'en 2016.

Key Facts

PlaceParochialkirche : le Berlin calviniste
AddressKlosterstraße 67, 10179 Berlin, Germany
Geo Coordinates52.51700, 13.41300
Part of WalkBerlin huguenot : de la Gendarmenmarkt à l'île aux Musées, sur les traces des réfugiés français
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Arrête-toi devant la Parochialkirche et suis du regard sa tour, étage après étage, jusqu'à la flèche fine qui la couronne. Pendant plus de soixante-dix ans, cette flèche n'existait plus: détruite par le feu en 1944, elle n'a été reconstruite qu'en 2016.

Cette église est le premier grand temple de Berlin construit pour les réformés, les calvinistes, à partir de 1695. Son plan, imaginé par Johann Arnold Nering, est original: quatre absides arrondies autour d'un espace central, comme un trèfle, pour que chacun voie et entende le prédicateur. Pas de grand retable, pas de saints: chez les réformés, c'est la Parole qui compte. Nering meurt l'année même où le chantier commence, et ce sont d'autres architectes qui achèvent l'église, au début du XVIIIe siècle.

Sous tes pieds, la crypte garde un secret. Grâce à l'air sec et à la ventilation des caveaux, certains défunts enterrés là aux XVIIIe et XIXe siècles se sont momifiés naturellement, avec leurs vêtements, leurs perruques, parfois les fleurs de leurs funérailles. Les chercheurs y étudient aujourd'hui la vie et la mort des Berlinois de l'époque baroque.

Dans le Berlin d'alors, réformés allemands et huguenots français formaient une minorité privilégiée, protégée par la dynastie, au milieu d'une majorité luthérienne. Pendant des générations, les familles françaises ont gardé leurs temples, leurs juges, leurs hospices et leur école. Le Collège français, fondé en 1689, existe toujours sous le nom de Französisches Gymnasium, et l'on y enseigne encore en français.

Alors, la prochaine fois que tu commanderas une Bulette à Berlin, ou que tu croiseras un nom comme Fontane, de Maizière ou Ancillon, pense à ces milliers de familles arrivées avec presque rien après 1685, qui ont appris aux Prussiens à faire des chapeaux, des gants et des jardins. Tu as traversé leur ville, du temple de la Gendarmenmarkt jusqu'à ce clocher calviniste. Berlin, ville refuge... c'est une vieille histoire, et elle continue de s'écrire.

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