Nikolaiviertel : le pasteur qui refusa de signer
Why is it significant?
Promène-toi entre les maisons à pignons et les ruelles pavées jusqu'aux deux flèches pointues de la Nikolaikirche. Tout ici a l'air médiéval... et presque tout date des années 1980. Le quartier, berceau de Berlin, avait été pulvérisé par la guerre.
Key Facts
| Place | Nikolaiviertel : le pasteur qui refusa de signer |
|---|---|
| Address | Nikolaikirchplatz, 10178 Berlin, Germany |
| Geo Coordinates | 52.51680, 13.40750 |
| Part of Walk | Berlin huguenot : de la Gendarmenmarkt à l'île aux Musées, sur les traces des réfugiés français |
| Generated | Generated |
Promène-toi entre les maisons à pignons et les ruelles pavées jusqu'aux deux flèches pointues de la Nikolaikirche. Tout ici a l'air médiéval... et presque tout date des années 1980.
Le quartier, berceau de Berlin, avait été pulvérisé par la guerre. Pour les 750 ans de la ville, en 1987, la RDA le reconstruit d'un seul coup, en mélangeant quelques copies fidèles de maisons historiques et des immeubles préfabriqués déguisés en vieilles demeures, avec pignons et lucarnes. Un Moyen Âge en béton, à la sauce socialiste. Les Berlinois s'en moquent volontiers, mais ils viennent quand même y boire une bière.
L'église elle-même est la plus ancienne de Berlin: ses premières pierres remontent au XIIIe siècle. Et en 1809, c'est sous ses voûtes que s'est réunie pour la première fois l'assemblée élue des représentants de la ville. Un petit pas pour la démocratie locale, dans une monarchie absolue. Juste à côté, l'Ephraim-Palais, la demeure rococo de Veitel Heine Ephraim, le financier et maître des monnaies de Frédéric le Grand, a été remontée avec des fragments de façade d'origine, conservés à l'Ouest pendant des décennies.
Mais l'histoire qui nous concerne est celle de Paul Gerhardt, l'un des plus grands auteurs de cantiques luthériens, pasteur ici dans les années 1660. Le Grand Électeur, prince calviniste à la tête d'un pays luthérien, voulait la paix religieuse. Il exige des pasteurs qu'ils s'engagent par écrit à ne plus attaquer les réformés du haut de la chaire. Gerhardt refuse: pour lui, signer, c'était trahir sa conscience. En 1666, il perd sa charge.
Voilà le paradoxe de Berlin: la tolérance y a été imposée d'en haut, parfois contre la conscience de ceux qui devaient l'appliquer. Une vingtaine d'années plus tard, ce même prince ouvrait son pays aux huguenots. Pour la dernière étape, marche vers l'est, traverse la Spandauer Straße et rejoins la Klosterstraße, jusqu'à une haute tour baroque rendue récemment à la ville.