Neue Wache : la Pietà sous le ciel ouvert
Why is it significant?
Entre dans la grande salle nue derrière les colonnes doriques et avance doucement. Au centre, une mère tient sur ses genoux le corps de son fils mort, sous une ouverture ronde percée dans le toit. Quand il pleut, la pluie tombe sur elle. Quand il neige, elle se couvre de blanc.
Key Facts
| Place | Neue Wache : la Pietà sous le ciel ouvert |
|---|---|
| Address | Unter den Linden 4, 10117 Berlin, Germany |
| Geo Coordinates | 52.51780, 13.39630 |
| Part of Walk | Berlin huguenot : de la Gendarmenmarkt à l'île aux Musées, sur les traces des réfugiés français |
| Generated | Generated |
Entre dans la grande salle nue derrière les colonnes doriques et avance doucement. Au centre, une mère tient sur ses genoux le corps de son fils mort, sous une ouverture ronde percée dans le toit. Quand il pleut, la pluie tombe sur elle. Quand il neige, elle se couvre de blanc.
Ce bâtiment est le premier grand chantier berlinois de Karl Friedrich Schinkel, achevé en 1818: un corps de garde pour la garde royale. Et il est né d'une revanche sur la France. En 1806, après Iéna, Napoléon était entré dans Berlin en vainqueur par la porte de Brandebourg, et il avait fait démonter le quadrige qui la surmonte pour l'expédier à Paris. Les Berlinois ne l'ont revu qu'en 1814. La Neue Wache célèbre la fin de ces guerres.
Ensuite, chaque époque y a déposé ses morts. En 1931, la République de Weimar en fait un mémorial pour les soldats tombés pendant la Première Guerre mondiale. La RDA le transforme en mémorial aux victimes du fascisme et du militarisme, avec une flamme éternelle et une relève de la garde au pas de l'oie que les touristes de l'Ouest venaient photographier. Depuis 1993, c'est le mémorial central de l'Allemagne pour les victimes de la guerre et de la tyrannie.
La sculpture est une version agrandie d'une petite Pietà de Käthe Kollwitz. Son fils Peter avait dix-huit ans quand il est tombé en Flandre, en octobre 1914, dans les premières semaines de la guerre. Elle a mis des années à trouver comment sculpter ce deuil. Le choix de cette œuvre pour un mémorial national a d'ailleurs fait débat: une image chrétienne d'une mère et de son fils pouvait-elle parler pour toutes les victimes, à commencer par les Juifs assassinés ?
Remarque le silence: à quelques mètres des bus d'Unter den Linden, la salle semble avaler le bruit. Ressors, traverse l'avenue, et descends vers le sud en longeant le palais du prince héritier. Au bout de quelques minutes apparaît une église de briques rouges qui ressemble à un morceau d'Oxford égaré en Prusse.