Alte Nationalgalerie : Manet chez le Kaiser
Why is it significant?
Avance dans la cour bordée de colonnades et lève la tête: un temple antique juché sur un socle immense, avec, au sommet de l'escalier monumental, un roi à cheval. C'est Frédéric-Guillaume IV, le roi romantique, qui avait griffonné lui-même la première esquisse de ce bâtiment.
Key Facts
| Place | Alte Nationalgalerie : Manet chez le Kaiser |
|---|---|
| Address | Bodestraße 1-3, 10178 Berlin, Germany |
| Geo Coordinates | 52.52090, 13.39830 |
| Part of Walk | Berlin huguenot : de la Gendarmenmarkt à l'île aux Musées, sur les traces des réfugiés français |
| Generated | Generated |
Avance dans la cour bordée de colonnades et lève la tête: un temple antique juché sur un socle immense, avec, au sommet de l'escalier monumental, un roi à cheval. C'est Frédéric-Guillaume IV, le roi romantique, qui avait griffonné lui-même la première esquisse de ce bâtiment. C'est Friedrich August Stüler qui l'a dessiné, et le roi rêvait de faire de toute l'île un sanctuaire réservé à l'art et à la science.
Sur la façade, une inscription en lettres d'or: à l'art allemand, 1871. L'année de la victoire sur la France et de la proclamation de l'Empire allemand... dans la galerie des Glaces de Versailles. Le musée, ouvert en 1876, devait être un sanctuaire du génie national. Et c'est justement là que l'histoire devient savoureuse.
En 1896, son nouveau directeur, Hugo von Tschudi, rentre de Paris conquis, et achète un tableau d'Édouard Manet, Dans la serre. La Nationalgalerie devient ainsi l'un des tout premiers musées du monde à acquérir un Manet. Suivent d'autres impressionnistes, et même Cézanne. En plein Berlin impérial, entre les batailles héroïques et les portraits de généraux, voilà des Parisiens élégants qui bavardent dans un jardin d'hiver.
L'empereur Guillaume II déteste cette peinture moderne, qu'il compare à un art de caniveau. Tschudi doit reléguer ses impressionnistes dans les étages, puis finit par quitter Berlin pour Munich en 1909. Beaucoup de ces toiles n'avaient d'ailleurs rien coûté à l'État: elles étaient offertes par des mécènes berlinois, souvent issus de la bourgeoisie juive, qui avaient compris avant le Kaiser où allait l'art.
Dans les salles, cherche aussi Caspar David Friedrich et son Moine au bord de la mer: un minuscule personnage face à une immensité grise. Deux mondes sous un même toit, la mélancolie allemande et la lumière de Paris. Ressors maintenant, suis la Bodestraße vers l'est et marche vers la grande coupole verte qui domine l'île.