Passeig de Gràcia : les dalles de Gaudí et les bancs de Falqués

Why is it significant?

Baisse les yeux: le trottoir est fait de dalles hexagonales gris-bleu, et sur chacune, un dessin en relief. Une pieuvre, une étoile de mer, une sorte de coquillage enroulé... Les dalles s'emboîtent pour former un fond marin continu, sous les pas de milliers de passants qui ne le voient même pas.

Key Facts

PlacePasseig de Gràcia : les dalles de Gaudí et les bancs de Falqués
AddressPasseig de Gràcia / Gran Via de les Corts Catalanes, 08007 Barcelona, Spain
Geo Coordinates41.38930, 2.16730
Part of WalkBarcelone moderniste : de Gaudí à la Sagrada Família, le Passeig de Gràcia et l'Eixample
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Baisse les yeux: le trottoir est fait de dalles hexagonales gris-bleu, et sur chacune, un dessin en relief. Une pieuvre, une étoile de mer, une sorte de coquillage enroulé... Les dalles s'emboîtent pour former un fond marin continu, sous les pas de milliers de passants qui ne le voient même pas.

Ce motif, c'est Gaudí qui l'a dessiné, au début du XXe siècle, pour le sol de la Casa Batlló. Finalement, il ne l'y a pas utilisé: les dalles ont fini dans une autre de ses maisons, la Pedrera, un peu plus haut sur cette même avenue. Il a fallu attendre la fin des années 1990 pour qu'on les reproduise et qu'on en couvre les trottoirs du Passeig de Gràcia. Tu marches littéralement sur un dessin de Gaudí.

Maintenant, lève la tête vers ces étranges bancs blancs, couverts d'éclats de céramique, d'où jaillit un grand lampadaire de fer forgé. Ce sont les bancs-lampadaires de Pere Falqués, l'architecte de la ville, installés vers 1906. Le banc, la lumière et la mosaïque réunis dans un seul objet: le modernisme ne se contentait pas des façades, il voulait habiller la rue entière, jusqu'au mobilier urbain. On appelait ça un art total.

Avant d'être l'avenue chic de Barcelone, le Passeig de Gràcia était un simple chemin qui menait au village de Gràcia, à travers les champs. Au XIXe siècle, on y trouvait des jardins d'attractions, des théâtres en plein air, des cafés. L'un d'eux portait un nom qui ne s'invente pas: les Camps Elisis, les Champs-Élysées. Barcelone regardait déjà Paris du coin de l'œil.

Puis les familles riches ont fait bâtir le long du chemin, chacune voulant éclipser sa voisine. Remonte l'avenue sur le trottoir de gauche, traverse la Carrer de la Diputació, et arrête-toi au coin de la Carrer del Consell de Cent. Sur ce seul pâté de maisons, trois génies vont s'affronter.

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