Synagogue portugaise et Dokwerker : la lumière et la grève

Why is it significant?

Devant toi se dresse un bâtiment de brique massif, aux immenses fenêtres en arc, entouré de petites maisons basses comme d'un rempart. Aucune coupole, aucun ornement tapageur.

Key Facts

PlaceSynagogue portugaise et Dokwerker : la lumière et la grève
AddressMr. Visserplein 3, 1011 RD Amsterdam, Netherlands
Geo Coordinates52.36770, 4.90570
Part of WalkAmsterdam, le quartier juif et la Plantage : de Rembrandt et Spinoza à la mémoire
GeneratedGenerated

Open the walk

Devant toi se dresse un bâtiment de brique massif, aux immenses fenêtres en arc, entouré de petites maisons basses comme d'un rempart. Aucune coupole, aucun ornement tapageur. Pourtant, quand elle a été inaugurée en 1675, cette synagogue portugaise, l'Esnoga, comptait parmi les plus grandes du monde. Et tout près, sur la place, un homme de bronze en habits de travail se tient planté sur ses jambes. On va parler des deux.

L'Esnoga a été bâtie par la communauté sépharade, celle de Spinoza, sur des plans de l'architecte Elias Bouman. Si tu entres, deux détails frappent. La grande salle n'a pas d'éclairage électrique: environ un millier de bougies, dans de grands lustres de laiton, l'illuminent pour les offices du soir et les fêtes. Et le sol est couvert de sable fin. On dit qu'il absorbe l'humidité et étouffe les pas; d'autres y voient le souvenir des familles qui priaient en secret dans la péninsule ibérique. Un membre d'une grande famille de cette communauté, Isaac de Pinto, a d'ailleurs répondu en 1762, en français, à Voltaire, pour défendre les juifs contre ses pages méprisantes.

Pendant l'Occupation, la communauté a été presque entièrement anéantie, mais le bâtiment a traversé la guerre intact, et il sert toujours au culte. Et c'est sur cette place, entre la synagogue et le musée d'en face, que tout a basculé en février 1941. Les 22 et 23 février, la police allemande boucle le quartier et rafle plus de quatre cents jeunes hommes juifs, battus, humiliés, puis déportés vers Buchenwald et Mauthausen. Presque aucun ne reviendra.

Et Amsterdam répond. Le 25 février, à l'appel du parti communiste clandestin, les conducteurs de tram s'arrêtent, les dockers posent leurs outils, les ouvriers des chantiers sortent, les employés municipaux suivent. Des dizaines de milliers de personnes font grève pour leurs voisins juifs. C'est la première grande protestation publique contre la persécution des juifs dans l'Europe occupée. Elle est écrasée en deux jours, avec des arrestations et des exécutions... mais elle a eu lieu.

Le Dokwerker, le docker, sculpté par Mari Andriessen en 1952, est là pour ça. Chaque 25 février, des milliers de gens viennent déposer des fleurs à ses pieds. Traverse maintenant la place vers le sud-ouest: de l'autre côté de la rue, un ensemble de bâtiments de brique abrite le Musée juif.

Nearby stories