New York : Central Park et l'Upper West Side

Des ponts romantiques et Bethesda Terrace au Dakota Building et à l'Histoire Naturelle

New York · 12 stops · 29 min audio · Generated

  1. 1. Gapstow Bridge et The Pond : L'Oasis Romantique du Sud

    Gapstow Bridge, Central Park, New York, NY 10019, USA

    Avancez sur le tablier de pierre du Gapstow Bridge et laissez votre regard flotter sur les eaux paisibles de The Pond. Construit à l'origine en bois et en fer forgé en 1874 par Jacob Wrey Mould, l'ouvrage fut reconstruit en 1896 sous la forme d'une solide arche en schiste de Manhattan, la roche métamorphique locale extraite directement du sous-sol de l'île. Long de treize mètres et haut de près de quatre mètres, ce pont rustique sans mortier visible se fond harmonieusement dans les frondaisons environnantes.

    C'est ici que s'offre l'un des contrastes visuels les plus saisissants de la planète. Au premier plan, les saules pleureurs, les canards colverts et les nénuphars composent un tableau pastoral d'une quiétude bucolique digne de la campagne anglaise. Juste derrière la crête des arbres s'élancent les parois verticales vertigineuses des gratte-ciel de la Cinquième Avenue et de Central Park South, notamment l'hôtel Plaza et les nouvelles tours effilées des milliardaires qui culminent à plus de quatre cents mètres dans le ciel new-yorkais. La pierre brute du pont dialogue avec le verre étincelant des tours contemporaines dans une harmonie architecturale incomparable.

    The Pond fut conçu dès 1858 par Frederick Law Olmsted et Calvert Vaux comme le premier sanctuaire de tranquillité destiné aux citadins entrant par le sud du parc. Alimenté artificiellement à l'origine par le réseau d'eau de la ville, le bassin sert de halte migratoire essentielle pour des dizaines d'espèces d'oiseaux aquatiques le long de la voie atlantique lors des traversées printanières et automnales. Des bancs ombragés permettent d'y faire une pause contemplative loin du tumulte des avenues commerciales.

    Si vous visitez les lieux en hiver, l'étang gelé et les rochers enneigés rappelleront la célèbre scène du film Maman j'ai encore raté l'avion tournée sur ce pont en 1992.

    Suivez le sentier pavé montant vers le nord en direction du cottage victorien de The Dairy.

  2. 2. The Dairy et le Village Pastoral des Enfants

    The Dairy, Central Park, New York, NY 10065, USA

    Approchez-vous du charmant pavillon victorien de The Dairy, dont la silhouette pittoresque ressemble à un chalet tout droit sorti d'un conte de fées. Conçu en 1870 par l'architecte Calvert Vaux, ce ravissant édifice mêle la pierre de schiste taillée, le granit et une aérienne loggia en charpente de bois ornée de motifs géométriques chantournés dans le plus pur style néogothique champêtre. Les détails ouvragés en bois peint et les toitures aiguës apportent une note féerique qui enchante petits et grands dès leur arrivée dans ce secteur dédié aux enfants.

    La vocation première de cette laiterie modèle était profondément sociale et humanitaire. Au milieu du dix-neuvième siècle, la ville de New York était ravagée par le scandale du lait frelaté, une boisson toxique produite par des vaches nourries de résidus fermentés de distilleries d'alcool et coupée d'eau polluée, provoquant la mort de milliers de nourrissons chaque été. The Dairy fut créée pour offrir gratuitement aux mères de famille et aux enfants défavorisés des quartiers ouvriers du lait frais et pasteurisé, trait chaque matin sur place par de véritables vaches jersiaises paissant paisiblement sur les prairies voisines du parc. Les familles s'asseyaient sous le porche ventilé pour savourer cette collation saine au milieu des chants d'oiseaux. Cette initiative novatrice transforma les habitudes des ménages et marqua les débuts des réformes sanitaires.

    Dans les années 1970, le bâtiment tomba dans un état de délabrement alarmant et perdit même sa précieuse loggia de bois. La fondation Central Park Conservancy entreprit une résurrection méticuleuse d'après les dessins originaux de Vaux, réinstallant la magnifique galerie extérieure et rouvrant les portes comme centre d'accueil pour les visiteurs du parc. Des expositions y détaillent aujourd'hui la création paysagère de cette oasis métropolitaine.

    Levez les yeux vers le clocheton en ardoise surmontant la toiture; sa girouette en fer forgé pointe fidèlement la direction des vents de l'océan Atlantique depuis plus d'un siècle.

    Marchez vers le nord-ouest pour rejoindre la prestigieuse allée arborée de The Mall.

  3. 3. The Mall et la Promenade Littéraire : La Nef des Ormes

    The Mall, Central Park, New York, NY 10024, USA

    Engagez-vous au cœur de The Mall, la seule ligne droite formelle imaginée par les créateurs de Central Park dans leur plan paysager de 1858. Cette promenade monumentale de près de cinq cents mètres de long est bordée par une quadruple rangée d'ormes d'Amérique centenaires dont les cimes entrelacées à plus de vingt mètres de haut forment une voûte végétale grandiose évoquant la nef d'une cathédrale gothique vivante. Les bancs en fonte alignés de part et d'autre invitent à une halte paisible sous ce toit de verdure spectaculaire qui filtre la lumière du soleil en une pluie dorée.

    Cette colonie d'arbres exceptionnels est un véritable trésor écologique mondial. Alors que la terrible graphiose de l'orme a anéanti plus de cent millions d'arbres à travers toute l'Amérique du Nord au cours du vingtième siècle, les ormes de The Mall ont survécu grâce à un microclimat insulaire protecteur et aux soins constants des arboristes de la ville, constituant l'une des plus vastes plantations d'ormes centenaires encore intactes sur la planète. Chaque arbre est numéroté, surveillé et inspecté avec un dévouement absolu pour protéger son feuillage des parasites. Les soins attentifs prodigués par les jardiniers permettent à ces géants verts de résister aux rigueurs des saisons.

    À l'extrémité sud de la promenade s'étend la Literary Walk, bordée de statues de bronze rendant hommage à des géants des lettres et de l'histoire, tels que William Shakespeare, Robert Burns et Sir Walter Scott. En août 2020, une injustice historique centenaire a été réparée avec l'inauguration du Women's Rights Pioneers Monument, sculpté par Meredith Bergmann: ce monument représente Sojourner Truth, Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton, constituant la toute première sculpture de Central Park honorant de véritables femmes historiques.

    Écoutez le chant des violonistes et des musiciens de jazz sous la feuillée; l'acoustique naturelle sous la canopée des ormes amplifie les mélodies avec une grâce remarquable.

    Descendez l'allée jusqu'au grand escalier de grès pour contempler le cœur monumental de Bethesda Terrace.

  4. 4. Bethesda Terrace et la Fontaine de l'Ange des Eaux

    72 Terrace Dr, New York, NY 10021, USA

    Franchissez la balustrade de pierre de Bethesda Terrace et contemplez la majesté architecturale du cœur battant de Central Park. Conçue par Calvert Vaux et Jacob Wrey Mould au début des années 1860, cette terrasse à double niveau en grès d'Amherst taillé à la main est un hymne à la nature, ornée de frises sculptées figurant les quatre saisons, les âges de la vie et la faune sauvage de l'État de New York.

    Descendez dans la galerie couverte souterraine pour admirer son plafond étourdissant composé de près de seize mille carreaux d'encaustique polychromes fabriqués par la prestigieuse manufacture royale Minton en Angleterre. Ce pavement de céramique raffiné, avec ses motifs floraux aux nuances d'or, d'azur et de terre cuite, est l'unique plafond au monde réalisé avec de telles dalles de faïence conçues à l'origine pour les sols d'abbayes médiévales. Grâce à ses proportions voûtées, la galerie produit une résonance acoustique d'une pureté exceptionnelle qui attire chaque jour des chorales et des chanteurs d'opéra de passage, ravissant les promeneurs sous ses arcades de pierre.

    Au centre de l'esplanade inférieure jaillit la fontaine monumentale surmontée de l'Angel of the Waters, sculptée en bronze en 1873 par Emma Stebbins. Cette statue de deux mètres et demi de haut fut la première commande publique d'art accordée à une femme dans l'histoire de la ville de New York. L'ange bénissant le bassin d'eau commémorait l'arrivée salvatrice de l'aqueduc de Croton en 1842, qui permit d'éradiquer les épidémies de choléra en apportant de l'eau potable pure aux habitants.

    Remarquez les quatre figures d'angelots sous les pieds de l'ange: ils incarnent la Tempérance, la Pureté, la Santé et la Paix.

    Contournez le bord de l'eau vers l'ouest pour découvrir le pont le plus photographié et romantique de New York.

  5. 5. Bow Bridge et The Lake : L'Arche en Fonte Romantique

    Bow Bridge, Central Park, New York, NY 10024, USA

    Posez vos pas sur le plancher en lattes de teck du Bow Bridge, la plus élégante et célèbre passerelle en fonte de Central Park. Érigé en 1862 d'après les dessins de Calvert Vaux et Jacob Wrey Mould, cet ouvrage d'art raffiné doit son nom à sa forme gracieuse évoquant la courbe tendue d'un arc d'archer, le terme bow signifiant arc en anglais. Long de vingt-six mètres, il relie les pelouses policées de Bethesda Terrace au labyrinthe sauvage et mystérieux de The Ramble. Son arche gracile en fer coulé forme avec son reflet sur l'onde calme un ovale parfait que les artistes immortalisent depuis des générations.

    Fabriqué avec une virtuosité technique admirable par la fonderie Janes, Kirtland and Company dans le Bronx, la même manufacture qui coulait à la même époque la coupole du Capitole de Washington, le pont est orné de volutes néogothiques, de motifs d'entrelacs végétaux et de fleurs de lys stylisées. Les huit imposantes urnes de pierre qui ornent les piliers d'angle avaient disparu au fil des décennies; elles furent minutieusement recréées et réinstallées lors d'une restauration patrimoniale majeure menée en 2008. L'ouvrage résiste depuis plus d'un siècle et demi aux rigueurs des hivers new-yorkais sans jamais avoir fléchi.

    Sous le pont glissent paisiblement les barques en bois peintes en bleu et blanc louées au Loeb Boathouse. Au printemps, les berges s'embrasent sous les fleurs roses des cerisiers du Japon et des magnolias étoilés, tandis qu'à l'arrière-plan se reflètent dans les eaux calmes du lac les deux tours jumelles Art déco du mythique San Remo Building sur l'Upper West Side. Au fil des saisons, ces reflets changeants composent sur le miroir aquatique un tableau mouvant d'une beauté saisissante.

    Le Bow Bridge a été le décor romantique de centaines de déclarations d'amour et de films mémorables, de Manhattan de Woody Allen à Il était une fois des studios Disney.

    Pénétrez sur la rive opposée sous le couvert forestier dense de The Ramble.

  6. 6. The Ramble : Le Labyrinthe Forestier Sauvage

    The Ramble, Central Park, New York, NY 10024, USA

    Laissez-vous guider par les sentiers sinueux de terre battue et d'escaliers de pierre brute qui serpentent dans The Ramble. S'étendant sur quinze hectares entre le lac et le château du Belvédère, cette forêt dense et accidentée fut imaginée par Frederick Law Olmsted comme un jardin sauvage en miniature, conçu pour procurer aux citadins la sensation troublante d'être égarés en pleine chaîne des monts Adirondacks sans jamais quitter Manhattan. Ce sanctuaire secret offre un dédale de ravins rocheux, de sentiers ombragés et de sous-bois sauvages où la nature semble avoir repris tous ses droits.

    Malgré son apparence de sous-bois totalement primitif, chaque élément que vous contemplez est une pure construction d'ingénierie paysagère. Les promontoires rocheux en schiste furent délicatement dégagés à la dynamite, des milliers d'arbres forestiers, de fougères et de mousses indigènes furent plantés à dessein, et le cours d'eau enchanteur du Gill fut entièrement façonné à la main, alimenté par des canalisations cachées qui serpentent en cascatelles murmurantes sous de romantiques petits ponts rustiques en rondins de chêne. La canopée touffue étouffe les rumeurs de la ville pour ne laisser entendre que le clapotis de l'eau et le frémissement des branches.

    The Ramble est mondialement réputé comme l'un des meilleurs sites d'observation ornithologique d'Amérique du Nord. Plus de deux cent trente espèces d'oiseaux migrateurs y ont été recensées, attirées par les insectes, les baies et l'abri offert par les fourrés. Chaque printemps, des centaines d'amateurs d'oiseaux équipés de jumelles affluent de tout le continent pour observer des fauvettes multicolores, des pics flamboyants et des hérons nocturnes faisant escale dans cet écosystème urbain protégé.

    Au cœur des taillis se cache The Cave, une grotte naturelle formée par un effondrement rocheux qui servit de cachette aux jeunes aventuriers du dix-neuvième siècle avant d'être scellée pour des raisons de sécurité.

    Grimpez le sentier rocailleux montant vers le promontoire du château médiéval de Vista Rock.

  7. 7. Belvedere Castle et Turtle Pond : La Vigie de Vista Rock

    Belvedere Castle, Central Park, New York, NY 10024, USA

    Hissez-vous au sommet de Vista Rock et admirez les tourelles en pierre de schiste sombre du Belvedere Castle, dressé fièrement sur son éperon rocheux. Conçu en 1869 par Calvert Vaux et Jacob Wrey Mould, ce ravissant caprice architectural mêlant les styles roman et gothique médiéval tire son nom de l'italien belvedere, qui signifie belle vue. Perché sur le deuxième point culminant naturel de Central Park, il offre un panorama à trois cent soixante degrés embrassant le Great Lawn, l'étang de Turtle Pond et la silhouette des musées de l'Upper East Side.

    Le château fut originellement conçu comme une folie architecturale sans portes ni fenêtres vitrées, un simple belvédère ouvert au vent où les promeneurs pouvaient s'abriter et contempler le paysage. Cependant, dès 1919, le National Weather Service transforma la forteresse en station météorologique officielle de la ville de New York: c'est sur sa haute tour crénelée que des anémomètres et des thermomètres enregistrent quotidiennement les températures, les chutes de pluie et la vitesse du vent citées dans tous les bulletins météo officiels de Manhattan. Ses terrasses d'observation en bois et en pierre accueillent des centaines de curieux chaque jour.

    Au pied des falaises de schiste s'étend le Turtle Pond, un plan d'eau paisible réaménagé en 1997 comme sanctuaire écologique. Cinq espèces de tortues d'eau douce y coulent des jours paisibles, dont la tortue peinte et la tortue à oreilles rouges, que l'on observe facilement se chauffant au soleil sur des troncs flottants en compagnie de canards et de grenouilles taureaux.

    Le schiste sur lequel repose le château porte de profondes rainures parallèles creusées il y a vingt mille ans par le frottement des blocs de roc charriés par les glaciers de l'ère glaciaire.

    Descendez l'escalier vers l'ouest pour vous promener parmi les fleurs poétiques du Shakespeare Garden.

  8. 8. Shakespeare Garden : L'Écrin Botanique du Barde

    Shakespeare Garden, Central Park, New York, NY 10024, USA

    Pénétrez sous la pergola de bois rustique du Shakespeare Garden, une enclave horticole en terrasses de près de deux hectares blottie sur le versant sud de Vista Rock. Inauguré en 1916 pour commémorer le tricentenaire de la mort de William Shakespeare, ce jardin à l'anglaise présente la particularité poétique d'être composé exclusivement de plantes, d'arbustes et de fleurs mentionnés dans les pièces de théâtre et les sonnets du grand barde d'Avon. Ces terrasses fleuries épousent avec élégance les accidents du relief rocheux, invitant à une promenade bucolique à travers les chefs-d'œuvre de la dramaturgie anglaise.

    Flânez le long des allées de gravier bordées de buis taillés et découvrez des parterres de romarin, de violettes, de pensées, d'églantiers, d'ancolies et de mouron blanc. Devant chaque carré floral, de délicates plaques de bronze patiné citent les répliques immortelles où l'auteur évoquait chaque fleur: ainsi lit-on la célèbre tirade de Juliette déclarant qu'une rose sous un autre nom sentirait tout aussi bon, ou les lamentations de la douce Ophélie dans Hamlet tressant des couronnes de boutons d'or et d'orties sauvages. Ces citations offrent un parcours littéraire enchanteur où chaque pas réveille la mémoire des grandes tragédies élisabéthaines. Les douces senteurs des lavandes et des digitales s'entremêlent pour bercer les promeneurs.

    À l'ombre d'un vieux mûrier blanc se trouve le Whispering Bench, un banc de pierre incurvé taillé dans le granit de Nouvelle-Angleterre. Si une personne s'assoit à une extrémité et murmure doucement contre la pierre polie, ses paroles peuvent être distinctement entendues par une autre personne assise à l'autre extrémité du banc, à plusieurs mètres de distance, grâce à la courbure acoustique de la surface minérale.

    Le mûrier blanc planté au cœur du jardin est issu d'une bouture certifiée d'un arbre planté de la main même de Shakespeare dans son jardin de Stratford-upon-Avon en 1602.

    Remontez les marches vers le nord-ouest pour découvrir le charmant pavillon de bois scandinave du Swedish Cottage.

  9. 9. Swedish Cottage Marionette Theatre : Le Chalet de Suède

    W 79th St, New York, NY 10024, USA

    Arrêtez-vous devant les façades chaleureuses en rondins de pin jaune du Swedish Cottage Marionette Theatre, dissimulé sous les chênes et les noyers d'Amérique. Ce ravissant édifice à étage digne d'une maison de campagne scandinave fut entièrement préfabriqué en Suède à l'aide de bois de pin nordique avant d'être expédié par bateau à travers l'océan Atlantique pour servir de pavillon scolaire national suédois lors de l'Exposition universelle du centenaire de Philadelphie en 1876. Ce pavillon pittoresque en bois sombre évoque immédiatement les forêts de Scandinavie avec ses balcons ouvragés et ses toits pentus.

    Impressionné par la beauté artisanale du chalet et la précision de ses assemblages de menuiserie sans clous métalliques, Frederick Law Olmsted persuada les autorités new-yorkaises de racheter la structure dès la fin de l'exposition. Démonté pièce par pièce et numéroté, le chalet fut transporté par voie ferrée et réassemblé dans Central Park en 1877 sur ce site boisé. Durant des décennies, il servit de laboratoire aux entomologistes du parc et d'abri aux jardiniers pour entreposer leurs semences et leurs outils horticoles à l'abri des intempéries hivernales. Sa charpente robuste assemblée avec art témoigne de l'excellence du travail traditionnel du bois.

    En 1947, le chalet trouva sa vocation définitive en devenant le siège de la compagnie de marionnettes itinérante de la ville. Reconverti en 1973 en véritable théâtre permanent pour enfants, il accueille des générations de familles émerveillées devant des contes classiques comme Pierre et le Loup, Cendrillon ou La Belle au bois dormant interprétés par des marionnettes en bois sculptées à la main par des maîtres marionnettistes renommés. Les marionnettes animent chaque saison des spectacles féeriques dans ce cadre intime.

    Observez les encadrements de fenêtres peints en blanc et les volets sculptés de motifs géométriques traditionnels rappelant les villages du Dalécarlie suédois du dix-neuvième siècle.

    Prenez le sentier descendant vers le sud-ouest en direction du mémorial de John Lennon à Strawberry Fields.

  10. 10. Strawberry Fields et le Mémorial Imagine : L'Hymne à John Lennon

    Strawberry Fields, Central Park, New York, NY 10024, USA

    Avancez d'un pas recueilli dans la clairière ombragée de Strawberry Fields, un sanctuaire commémoratif d'un hectare et demi consacré à la paix universelle et à la mémoire immortelle de John Lennon. Situé à la hauteur de la Soixante-Douzième Rue, face à la résidence du musicien, cet espace paysager en forme de larme fut inauguré le 9 octobre 1985, le jour même où l'ancien membre des Beatles aurait célébré son quarante-cinquième anniversaire, sous l'impulsion de sa veuve Yoko Ono et de la ville de New York.

    Au centre d'une esplanade pavée brille la splendide mosaïque circulaire en noir et blanc de trois mètres de diamètre, confectionnée avec art par des maîtres artisans mosaïstes de Naples en Italie d'après des motifs géométriques découverts dans les ruines antiques de Pompéi. Au cœur de la rosace est gravé un mot unique, simple et universel: Imagine, le titre de l'hymne planétaire composé par Lennon en 1971 appelant à un monde de fraternité humaine sans frontières, sans guerres et sans haines. Les visiteurs y déposent quotidiennement des fleurs fraîches et des messages de paix venus du monde entier.

    L'ensemble du jardin fut conçu comme un jardin de la paix internationale: plus de cent vingt nations du monde entier ont fait don de plantes, d'arbustes indigènes et de pierres gravées pour peupler ce sanctuaire naturel, créant un espace de méditation baigné par le chant des oiseaux où musiciens et admirateurs viennent déposer des fleurs fraîches et chanter ses ballades légendaires à la guitare.

    Le nom Strawberry Fields fait référence à Strawberry Field, un foyer pour enfants orphelins de l'Armée du Salut à Liverpool dans le jardin duquel le jeune John Lennon aimait jouer enfant.

    Quittez le parc par le portail de la Soixante-Douzième Rue pour faire face à la célèbre façade du Dakota Building.

  11. 11. The Dakota Building : La Forteresse Gothique des Étoiles

    1 W 72nd St, New York, NY 10023, USA

    Levez les yeux vers la monumentale et mystérieuse façade en brique jaune et pierre d'Allemagne du Dakota Building, situé à l'angle de Central Park West et de la Soixante-Douzième Rue. Achevée en 1884 d'après les plans du brillant architecte Henry Janeway Hardenbergh pour le président de la firme Singer Edward Cabot Clark, cette forteresse résidentielle d'inspiration Renaissance allemande et gothique victorienne fut le tout premier immeuble d'appartements de grand luxe érigé sur l'Upper West Side.

    Lorsque le bâtiment fut mis en chantier en 1880, le quartier n'était qu'une lande sauvage parsemée de fermes laitières et de cabanes de bicoques maraîchères. Les détracteurs se moquèrent du projet en affirmant qu'il était si éloigné du centre habité de New York qu'il semblait se trouver dans le territoire lointain du Dakota, ce qui aurait inspiré le nom de la résidence. Doté de soixante-cinq appartements immenses comportant jusqu'à vingt pièces avec plafonds de quatre mètres et demi et cheminées en marbre sculpté, l'édifice possédait sa propre centrale électrique, des courts de tennis privés et des écuries privées, garantissant une indépendance absolue à ses résidents fortunés.

    Le Dakota est indissociable de légendes artistiques et de drames mondiaux. Des personnalités comme Lauren Bacall, Leonard Bernstein et Judy Garland y habitèrent. C'est sous l'arche cochère de l'entrée que John Lennon fut tragiquement assassiné par un déséquilibré le 8 décembre 1980 en rentrant de studio d'enregistrement, un drame qui plongea la planète entière dans le deuil. Le réalisateur Roman Polanski y tourna en 1968 les scènes extérieures angoissantes de son chef-d'œuvre Rosemary's Baby.

    Observez l'effigie en bronze d'un guerrier autochtone dakota qui orne le fronton au-dessus du porche d'entrée central sur la Soixante-Douzième Rue.

    Remontez vers le nord le long de Central Park West jusqu'à la monumentale façade du Musée Américain d'Histoire Naturelle.

  12. 12. Musée Américain d'Histoire Naturelle : Le Temple de la Terre

    200 Central Park West, New York, NY 10024, USA

    Arrêtez votre marche devant la majestueuse colonnade en granit rose de la façade de l'American Museum of Natural History, dominant Theodore Roosevelt Park le long de Central Park West. Fondée en 1869 par des naturalistes passionnés avec le soutien du père du futur président Theodore Roosevelt, cette institution scientifique colossale est le plus grand musée d'histoire naturelle de la planète, regroupant vingt-six bâtiments interconnectés abritant plus de trente-quatre millions de spécimens de fossiles, de minéraux, de météorites et d'artefacts culturels.

    La façade monumentale de style Beaux-Arts, conçue par John Russell Pope et inaugurée en 1936, est dédiée à la mémoire de Theodore Roosevelt, le président écologiste qui créa les premiers parcs nationaux américains. À l'intérieur, les visiteurs pénètrent dans un univers d'émerveillement infini: le squelette géant d'un Barosaure fossilisé se dressant sur ses pattes arrière pour défendre son petit contre un Allosaure féroce, le modèle suspendu grandeur nature d'une baleine bleue de vingt-neuf mètres dans le Milstein Hall of Ocean Life, et le planétarium Hayden projetant les mystères de l'univers sous une sphère de verre futuriste. Chaque salle explore les profondeurs du temps géologique avec une rigueur muséographique magistrale.

    Le musée fut au vingtième siècle le point de départ d'expéditions scientifiques héroïques aux quatre coins du globe: Roy Chapman Andrews y rapporta du désert de Gobi les tout premiers œufs de dinosaures découverts par l'humanité dans les années 1920, inspirant les aventures cinématographiques du personnage d'Indiana Jones.

    Admirez le nouveau Richard Gilder Center inauguré en 2023; sa structure en béton sculpté imite la texture intérieure de cavernes naturelles creusées par l'érosion des eaux.

    C'est ici, face aux splendeurs millénaires de l'évolution naturelle et au vertige des gratte-ciel de Manhattan, que s'achève notre mémorable exploration de Central Park et de l'Upper West Side.