Garden District, manoirs aristocratiques et tramway Saint Charles : l'âge d'or louisianais
De Coliseum Square et du cimetière Lafayette numéro un aux villas d'Henry Howard et au célèbre tramway historique
New Orleans · 12 stops · 30 min audio · Generated
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1. Cercle de l'Harmonie et tramway historique de Saint Charles
St Charles Ave & Calliope St, New Orleans, LA 70130, United States
Commencez votre exploration de l'opulence aristocratique du dix-neuvième siècle au seuil monumental du Lower Garden District le long de l'avenue Saint Charles. Sous l'immense voûte végétale de chênes vivaces séculaires drapés de mousse espagnole circule le légendaire tramway de l'avenue Saint Charles, officiellement reconnu comme la plus ancienne ligne de tramway urbain en activité continue du monde entier, transportant des passagers sans interruption depuis le 26 septembre 1835.
Observez les motrices électriques vert olive qui tressautent sur la voie engazonnée: construites en 1923 par les ateliers Perley Thomas de Caroline du Nord, ces rames d'époque conservent leurs banquettes d'acajou réversibles et leurs manettes de commande en cuivre poli.
L'avenue Saint Charles fut initialement percée à travers de vastes plantations de canne à sucre et d'indigo dans les années 1830 par la compagnie ferroviaire New Orleans and Carrollton. À la suite de la vente de la Louisiane en 1803, les riches marchands, banquiers et négociants en coton américains affluèrent vers La Nouvelle-Orléans, mais furent rejetés par l'aristocratie créole francophone du Vieux Carré. Loin de se décourager, les Américains rachetèrent les terres de la plantation Livaudais en amont du fleuve pour fonder la ville rivale de Lafayette en 1833, avant son annexion municipale en 1852. Au lieu d'édifier des maisons mitoyennes alignées sur le trottoir, ils construisirent d'immenses villas néoclassiques entourées de somptueux jardins botaniques privés, donnant naissance au prestigieux Garden District. La vaste bande engazonnée centrale, appelée neutral ground, forme une promenade verdoyante où fleurissent azalées et lauriers.
En écoutant le tintement joyeux de la cloche du tramway glissant sur les rails au milieu des chênes moussus, vous plongez dans le faste romantique de la Louisiane du dix-neuvième siècle. Ce ruban vert unifia deux mondes en une métropole prestigieuse.
Pénétrez vers le sud-ouest dans le havre résidentiel paisible de Coliseum Square.
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2. Coliseum Square et rêve classique de Barthélémy Lafon
1700 Coliseum St, New Orleans, LA 70130, United States
Vous voici parvenu dans l'écrin de verdure de Coliseum Square, le cœur civique harmonieux du Lower Garden District. Dessiné en 1806 par le visionnaire architecte, arpenteur et corsaire français Barthélémy Lafon, ce parc allongé en croissant fut initialement conçu comme le foyer intellectuel et artistique d'un faubourg néoclassique ambitieux baptisé le Colisée, dont les rues adjacentes portent les noms des neuf Muses de la mythologie grecque: Calliope, Clio, Érato, Melpomène, Terpsichore, Euterpe, Thalie, Uranie et Polymnie.
Le projet grandiose de Lafon prévoyait l'édification d'un colosseum antique pour les joutes théâtrales, d'un forum romain, de thermes publics et d'une académie des sciences le long des allées arborées.
Si les crises financières et les épidémies empêchèrent l'érection des temples antiques, le parc arboré dessiné par Lafon subsista magnifiquement, centré sur une fontaine néoclassique murmurante. Tout autour du parc s'ordonne un véritable musée vivant des styles résidentiels du dix-neuvième siècle américain: portiques néo-grecs à colonnes ioniques cannelées, villas à l'italienne aux corniches à modillons et manoirs victoriens Queen Anne aux tourelles asymétriques. Dans les années 1960, le quartier échappa de justesse à la destruction totale lorsqu'un projet autoroutier prévoyait d'élever un viaduc géant au-dessus du parc. Grâce à une mobilisation citoyenne historique, les résidents fondèrent l'association de Coliseum Square en 1972, parvenant à faire annuler le tracé autoroutier et orchestrant la restauration minutieuse de centaines de demeures historiques. Sous la voûte majestueuse des grands arbres, des bancs ombragés invitent à la rêverie au son du clapotis de l eau, offrant une halte de fraîcheur au cœur de ce faubourg d élégance classique.
En marchant sous l'ombre généreuse des chênes séculaires et des magnolias centenaires, on ressent l'idéal humaniste de ces pionniers épris de culture classique. Ce parc demeure un vibrant symbole de solidarité citoyenne et de préservation patrimoniale.
Engagez-vous vers le sud-ouest le long de la rue Camp pour admirer les imposantes demeures néo-grecques.
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3. Manoirs néo-grecs de Camp Street et portiques à colonnes
1400 Camp St, New Orleans, LA 70130, United States
Arpentez les trottoirs pavés de la rue Camp aux abords de la rue Race, où s'offre à votre regard l'une des plus spectaculaires concentrations d'architecture résidentielle néo-grecque d'avant-guerre de tous les États-Unis. Érigées tout au long des années 1840 et 1850 lors du prodigieux essor du commerce cotonnier du bassin du Mississippi, ces somptueuses demeures traduisent l'immense richesse et les aspirations monumentales des négociants américains qui firent de La Nouvelle-Orléans la capitale financière du Sud.
L'engouement passionné pour le style néo-grec reflétait la sympathie ardente des Américains pour la guerre d'indépendance de la Grèce contre l'Empire ottoman, faisant des temples athéniens le symbole suprême de la liberté démocratique.
Admirez la pureté souveraine des façades: des colonnes colossales cannelées à deux niveaux d'élévation, sculptées dans le bois de cyprès ou fondues dans le fer, couronnées de chapiteaux doriques et corinthiens imposants. De larges entablements à denticules et des portes d'entrée monumentales encadrées d'impostes à méandres grecs caractérisent chaque portique. Remarquez la surélévation systématique des rez-de-chaussée: en raison de la nappe phréatique très superficielle du delta, les architectes érigeaient les salons nobles sur de hauts soubassements de briques surélevés de deux mètres pour prévenir les ravages des grandes crues du fleuve. Les jardins d'accueil débordent de magnolias odorants, d'orangers du Mexique et de jasmins étoilés, enclos de grilles en fonte ouvragée hérissées de pointes de lance qui délimitent avec majesté ces domaines seigneuriaux. À l arrière des parcelles, d anciennes citernes en briques recueillaient les eaux pluviales pour alimenter les foyers en eau douce filtrée.
En contemplant ces colonnades blanches émergeant de la verdure subtropicale, on comprend pourquoi les chroniqueurs du dix-neuvième siècle qualifiaient La Nouvelle-Orléans d'Athènes du Sud. C'est un hymne magistral à l'harmonie géométrique et à la grandeur classique.
Poursuivez vers Margaret Place pour saluer le monument historique de marbre blanc.
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4. Monument de Margaret Haughery et mère des orphelins
Camp St & Prytania St, New Orleans, LA 70130, United States
Recueillez-vous devant la statue de marbre blanc de Margaret Place, à la pointe où convergent les rues Camp et Prytania. Inauguré le 9 juillet 1884, cet émouvant monument en marbre de Carrare marque une étape pionnière dans l'histoire des États-Unis: il s'agit officiellement du tout premier monument public financé par souscription civique érigé sur le sol américain pour rendre hommage à une femme, et du deuxième dans le monde entier.
La statue commémore Margaret Haughery, vénérée par toute la population de La Nouvelle-Orléans sous le nom d'« Ange du Delta » ou de « Mère des orphelins », pour son dévouement absolu envers les enfants démunis.
Née en Irlande en 1813 dans la misère, Margaret émigra jeune fille en Amérique, perdant ses parents de la fièvre jaune dès l'enfance, puis son époux et sa fillette en bas âge, se retrouvant veuve, seule et analphabète à La Nouvelle-Orléans. Employée d'abord comme simple lingère d'hôtel, elle se mit à distribuer du lait avec une charrette à bras avant d'acquérir une boulangerie modeste. Grâce à son labeur infatigable et son sens aigu des affaires, elle créa la première boulangerie industrielle à vapeur du Sud, produisant des milliers de pains chaque jour. Devenue immensément riche, Margaret vécut dans le dénuement le plus strict, vêtue d'une robe de cotonnade modeste, distribuant toute sa fortune pour fonder et ravitailler des orphelinats et des asiles sans distinction de race ni de religion. Durant les épidémies de fièvre jaune et la guerre de Sécession, ses charrettes de pain nourrirent gratuitement les familles affamées de toute la ville.
Sculptée par l'artiste Alexander Doyle, la statue montre Margaret assise, serrant protectrice un enfant orphelin contre elle. Lors de ses funérailles en 1882, le gouverneur, le maire et des dizaines de milliers de citoyens émue suivirent son cortège dans les larmes.
Poursuivez le long de la rue Prytania jusqu'à l'ancien marché couvert de The Rink.
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5. Édifice The Rink et exposition cotonnière de 1884
2727 Prytania St, New Orleans, LA 70130, United States
Découvrez la vaste structure en bois de The Rink, sise à l'angle de la rue Prytania et de l'avenue Washington. Édifié en 1884 selon les dessins de l'architecte Arthur Neill, cet édifice imposant fut à l'origine conçu sous le nom de Crescent City Skating Rink pour offrir une piste de patinage à roulettes couverte aux foules d'excursionnistes venus visiter l'Exposition universelle et cotonnière de 1884 dans le parc Audubon tout proche.
Le patinage à roulettes était une passion nationale à l'époque victorienne, et The Rink constituait le rendez-vous mondain le plus couru de La Nouvelle-Orléans, doté d'une piste en érable ciré et d'une tribune pour orchestre jouant valses et polkas.
Au vingtième siècle, l'édifice connut des métamorphoses singulières: il abrita une écurie de chevaux de louage, un dépôt de corbillards hippomobiles pour le cimetière Lafayette tout proche, puis un marché d'alimentation de quartier. Dans les années 1970, des défenseurs passionnés du patrimoine réhabilitèrent la charpente de bois cathédrale, mettant en valeur les monumentales poutres en pin des marais, les claires-voies zénithales et les boiseries d'origine. L'endroit accueille aujourd'hui la célèbre Garden District Book Shop, l'une des librairies indépendantes les plus réputées du Sud des États-Unis, indissociable de la grande romancière Anne Rice qui y tenait ses dédicaces nocturnes pour ses célèbres Chroniques des vampires. Le doux parfum du café frais et du papier ancien embaume les allées intérieures, où les passionnés de lecture aiment s attarder pour feuilleter des chroniques historiques consacrées à la Louisiane créole.
Pénétrer sous ces hautes travées de bois odorant baignées de lumière tamisée offre une halte chaleureuse et culturelle incomparable. Cet édifice illustre la capacité remarquable de La Nouvelle-Orléans à donner une seconde vie artistique à ses joyaux de charpenterie.
Traversez l'avenue Washington pour franchir les portes de fer forgé du cimetière Lafayette numéro un.
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6. Cimetière Lafayette numéro un et sépultures hors sol
1416 Washington Ave, New Orleans, LA 70130, United States
Vous voici devant les grilles séculaires du cimetière Lafayette numéro un, fondé en 1833 par les autorités municipales de la cité indépendante de Lafayette. Couvrant un îlot urbain complet délimité par l'avenue Washington et les rues Prytania, Coliseum et Sixth, ce champ de repos consecrated rassemble plus de onze cents caveaux familiaux et sépultures collectives abritant les dépouilles de plus de sept mille âmes.
Pourquoi les sépultures louisianaises sont-elles construites hors sol ? La géologie du delta en fournit la clé: en raison d'une nappe phréatique saturée à quelques centimètres de la surface, les cercueils enterrés remontaient à la surface lors des inondations du fleuve.
Les autorités municipales durent ainsi adopter la coutume méditerranéenne des mausolées maçonnés hors sol. Dans la chaleur accablante de l'été subtropical, ces caveaux de briques enduits de stuc blanc agissent comme des fours crématoires naturels: la température interne dépasse quatre-vingt-dix degrés Celsius, réduisant les corps en cendres et fragments osseux en l'espace d'une année et un jour, ce qui permet au tombeau d'accueillir les générations successives d'une même famille pendant des siècles. Le cimetière rassemble des familles issues de vingt-cinq nations, de valeureux pompiers volontaires de la compagnie Jefferson, ainsi que des milliers de victimes de la terrifiante épidémie de fièvre jaune de 1853 qui faucha plus de huit mille habitants en un seul été. Ses allées en croix bordées de magnolias pleureurs ont inspiré d'innombrables romanciers et cinéastes.
La blancheur immaculée des stucs, les frontons néoclassiques et les épitaphes fanées composent une envoûtante « Cité des Morts ». Ce lieu témoigne de la vaillance d'une population qui sut triompher des épidémies et des crues par la beauté architecturale.
Traversez la rue Coliseum pour découvrir la célèbre façade turquoise du restaurant Commander's Palace.
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7. Commander's Palace et grande tradition culinaire créole
1403 Washington Ave, New Orleans, LA 70130, United States
Admirez la façade pimpante peinte d'un bleu turquoise étincelant et de moulures blanches du restaurant Commander's Palace, considéré unanimement comme l'une des tables les plus illustres, influentes et récompensées de l'histoire gastronomique américaine. Fondé en 1893 par Émile Commander comme salon de restauration élégant pour les grandes familles du Garden District, ce vaste manoir victorien aux tourelles festonnées rythme la vie gastronomique louisianaise depuis plus d'un siècle.
Observez la teinte singulière des boiseries: peinte dans un bleu turquoise baptisé localement « bleu Commander », cette couleur fut choisie dans les années 1970 par la légendaire restauratrice Ella Brennan, qui souhaitait que l'établissement ressemble à une gâteau d'anniversaire victorien joyeux.
À partir de 1974, la famille Brennan prit les rênes de l'établissement et révolutionna la haute cuisine américaine en inventant la « Haute Cuisine Créole Moderne », magnifiant les produits du terroir louisianais tels que les crevettes du Golfe, le crabe bleu, les pacanes et les tomates créoles. La cuisine servit de tremplin à certains des plus célèbres chefs des États-Unis, notamment Paul Prudhomme, qui y créa sa célèbre recette du poisson noirci, et Emeril Lagasse. Les créations emblématiques de la maison—la soupe de tortue parfumée au vieux xérès, le poisson du Golfe en croûte de pacanes et le soufflé au pain perdu nappé de sauce au bourbon—sont des légendes culinaires. Les célèbres brunchs au son d'un orchestre de jazz traditionnel qui déambule entre les tables constituent un rituel dominical incontournable.
Devant cette institution centenaire ombragée par des chênes majestueux où se pressent gourmets et mélomanes du monde entier, on ressent la joie de vivre et le sens inné de l'hospitalité qui caractérisent La Nouvelle-Orléans.
Descendez la rue Coliseum vers le sud pour admirer l'extraordinaire grille de la Villa du colonel Short.
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8. Villa du colonel Short et grille en fonte aux épis de maïs
1448 Fourth St, New Orleans, LA 70130, United States
Arrêtez-vous devant la grille féerique de la villa du colonel Short, au 1448 de la Fourth Street, universellement réputée pour posséder la ferronnerie d'art la plus célèbre, singulière et admirée de tout le Sud des États-Unis. Achevée en 1859 pour le riche négociant en coton du Kentucky Robert Henry Short et son épouse Mary Ward, cette demeure palatiale fut dessinée par l'éminent architecte Henry Howard, qui maria les proportions de la villa italienne à la colonnade néo-grecque.
Approchez-vous de la clôture: coulée en 1859 par les fonderies Wood and Perot de Philadelphie, cette grille de fonte d'exception figure des épis de maïs mûrs aux spathes entrouvertes, enlacés de tiges de liserons et de feuilles de courge.
La légende raconte que la jeune épouse du colonel, originaire des plaines agricoles de l'Iowa, éprouvait une vive nostalgie pour les champs dorés de son pays natal; son époux commanda cette clôture champêtre à grands frais pour consoler son cœur mélancolique. Pendant la guerre de Sécession, après l'occupation fédérale de 1862, le colonel Short ayant fui pour rallier la cause confédérée, le général de l'Union Benjamin Butler confisqua la villa pour y établir la résidence officielle du gouverneur militaire. La demeure se distingue par ses doubles galeries à balustrades ajourées, ses colonnes corinthiennes élancées et un magnifique belvédère au sommet de la toiture, destiné à capter les brises fraîches issues du fleuve. L'ensemble baigne dans la lumière tamisée de chênes imposants et de massifs d'azalées.
Les épis de maïs en fonte dorée et verte scintillant au milieu de la végétation créent un tableau d'une fantaisie poétique saisissante. Cette œuvre d'art témoigne de la créativité et de l'extravagance de la haute société antebellum.
Marchez vers le sud-ouest le long de la rue Coliseum vers la monumentale résidence Walter Robinson.
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9. Manoir Walter Robinson et innovations hydrauliques de 1865
1415 Third St, New Orleans, LA 70130, United States
Imprégnez-vous de la monumentalité souveraine du manoir Walter Robinson au 1415 de la Third Street, tenu pour l'une des résidences privées les plus grandioses, coûteuses et somptueuses jamais édifiées à La Nouvelle-Orléans. Achevée entre 1859 et 1865 pour le puissant négociant virginien Walter Gourlie Robinson, cette villa colossale fut dessinée par le grand architecte Henry Howard, qui puisa son inspiration dans les palais de la Renaissance italienne.
La construction débuta en 1859 mais fut interrompue par l'irruption de la guerre de Sécession en 1861; Robinson ne put terminer son palais qu'en 1865 pour un coût dépassant cent mille dollars, une fortune colossale pour l'époque.
Le manoir fut l'une des toutes premières résidences du Sud des États-Unis à bénéficier d'un système complet d'eau courante chaude et froide. De grandes cuves en cuivre installées sous les combles recueillaient l'eau de pluie du toit en ardoise, qui était filtrée au charbon actif puis distribuée par gravité vers des salles de bains dotées de baignoires en marbre et de cabinets de toilette à l'anglaise. Remarquez les pavillons arrondis qui terminent chaque extrémité de la double galerie, soutenus par des colonnes doriques au rez-de-chaussée et corinthiennes au bel étage. Dans le jardin d'agrément s'élèvent des chênes vivaces séculaires et des palmiers sabals géants, tandis que les anciennes écuries de briques et les logements des domestiques subsistent intacts au fond de la cour pavée. Cette alternance rigoureuse des ordres antiques confère à l ensemble une harmonie architecturale souveraine, accentuée par des balustrades finement ciselées en fer blanc.
La masse majestueuse et la perfection plastique de cette demeure laissent pantois d'admiration. Elle incarne le sommet absolu de l'ambition mercantile et architecturale louisianaise, préservée dans une intégrité remarquable.
Marchez vers le sud-ouest le long de la rue Coliseum vers la maison de l'écrivain George Washington Cable.
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10. Maison de George Washington Cable et littérature créole
1313 Eighth St, New Orleans, LA 70130, United States
Arrêtez-vous devant la charmante véranda surélevée de la maison de George Washington Cable au 1313 de la Eighth Street. Bâtie en 1874, cette agréable résidence en bois fut la demeure de l'auteur louisianais au faîte de sa notoriété, à l'époque où ses récits novateurs révélaient le charme envoûtant et les complexités sociales de la communauté créole francophone aux lecteurs du monde entier.
Autodidacte passionné, Cable exerçait le métier de comptable le jour et écrivait la nuit à la lueur des lampes à gaz. Son recueil magistral Old Creole Days paru en 1879 et son roman The Grandissimes en 1880 lui valurent les éloges enthousiastes de son ami Mark Twain.
Au cours de l'hiver 1884, Mark Twain séjourna dans cette maison même auprès de Cable, et les deux écrivains y préparèrent leur légendaire tournée littéraire nationale de quatre mois à travers les grandes villes américaines. L'œuvre de Cable était hautement courageuse: il fut l'un des tout premiers intellectuels blancs du Sud à dénoncer publiquement les préjugés raciaux et les lois de ségrégation dans son essai retentissant The Silent South en 1885, plaidant avec force pour l'égalité des droits civiques des Afro-Américains. L'hostilité féroce des conservateurs locaux contraignit l'écrivain à déménager sa famille vers le Massachusetts cette même année. La demeure est un classique cottage créole surélevé, perché sur des piliers de briques pour laisser circuler les brises et échapper aux eaux d'inondation. Sa longue galerie de bois peint et ses volets persiennes illustrent l adaptation parfaite du génie vernaculaire louisianais aux rigueurs de l été subtropical.
Devant cette paisible maison de bois ombragée par les chênes, on s'incline devant le courage d'un homme de lettres qui mit son art au service de la vérité et de la justice sociale. Cable demeure une conscience morale lumineuse de La Nouvelle-Orléans.
Remontez vers le nord-est le long de l'avenue Jackson vers le monumental manoir Buckner.
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11. Manoir Buckner et ses quarante-huit colonnes monumentales
1410 Jackson Ave, New Orleans, LA 70130, United States
Vous vous trouvez devant l'impressionnante colonnade du manoir Buckner au 1410 de l'avenue Jackson, considéré comme l'un des palais privés les plus vastes, imposants et monumentaux de tout le continent nord-américain. Achevée en 1856 pour le richissime négociant en coton du Kentucky Henry Sullivan Buckner, cette propriété néo-grecque spectaculaire fut dessinée par l'architecte Lewis Reynolds avec l'ambition déclarée d'éclipser toutes les autres demeures du Sud.
Prenez le temps de compter les colonnes: la villa est ceinte sur trois côtés par une grandiose colonnade comptant un total de quarante-huit colonnes cannelées en cyprès, ioniques au rez-de-chaussée et corinthiennes au niveau supérieur.
Dans la culture contemporaine, le manoir Buckner a conquis une renommée planétaire en servant de décor principal à l'académie de jeunes filles dans la série télévisée culte American Horror Story. Développant près de deux mille mètres carrés d'espaces intérieurs, la demeure renferme trois grands salons de bal, des cheminées de marbre de Carrare sculptées, des plafonds s'élevant à plus de cinq mètres ornés de stucs à la feuille d'or et une magnifique grille en fonte à motif de chèvrefeuille fondue à La Nouvelle-Orléans. Après la guerre de Sécession, la famille Buckner loua le domaine au prestigieux Soulé Business College, qui y dispensa des cours de gestion et de commerce à des générations de jeunes cadres louisianais de 1923 à 1983 avant que le manoir ne redevienne une résidence privée soigneusement restaurée. La vaste cour pavée arrière conserve également ses anciennes écuries de briques rouges et ses dépendances de service d époque.
En contemplant ces quarante-huit colonnes monumentales resplendissant à travers la mousse espagnole des chênes centenaires, on ressent toute la théâtralité aristocratique du Vieux Sud. Ce manoir est le point d'orgue monumental du Garden District.
Avancez vers le nord jusqu'à la voie du tramway au carrefour de l'avenue Saint Charles et de l'avenue Jackson.
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12. Station de Jackson Avenue et chênes centenaires du tramway
St Charles Ave & Jackson Ave, New Orleans, LA 70130, United States
Achevez votre exploration architecturale du Garden District au carrefour prestigieux de l'avenue Saint Charles et de l'avenue Jackson. Sous l'immense voûte de chênes bicentenaires aux ramures séculaires, le bourdonnement familier des câbles d'alimentation électrique aériens et le tintement argentin de la cloche annoncent l'approche imminente d'une nouvelle motrice historique du tramway.
Observez la large bande gazonnée où glissent les rails: cette réserve centrale est universellement baptisée neutral ground par les habitants de La Nouvelle-Orléans, une expression née au dix-neuvième siècle le long de la rue Canal pour désigner la zone tampon séparant Créoles et Américains.
Installez-vous à l'arrêt pour voir approcher une motrice Perley Thomas de 1923, son phare de cuivre étincelant sous la ramure des chênes. Monter à bord ne coûte qu'un dollar et vingt-cinq cents, une tradition civique accessible qui permet aux visiteurs comme aux résidents de remonter tranquillement les kilomètres d'avenues bordées de résidences antebellum, de cottages néo-Renaissance et des campus prestigieux des universités Tulane et Loyola. En jetant un regard rétrospectif vers l'avenue Jackson, les fiers manoirs que vous venez de découvrir se dressent en silence derrière leurs grilles fleuries de camélias et de jasmins odorants. Les conducteurs du tramway manœuvrent avec habileté les manettes de bronze de leur poste de conduite, perpétuant un savoir-faire ferroviaire transmis de génération en génération depuis plus d un siècle. Une douce brise venue du fleuve fait frémir les feuilles argentées des chênes, tandis que le sifflet lointain d'un remorqueur sur le Mississippi résonne au-dessus des toits de brique et d'ardoise.
Assis à l'ombre bienfaisante des grands arbres alors que le tramway vert glisse majestueusement sur l'herbe, vous touchez à la magie éternelle qui enchante voyageurs et poètes depuis des générations. La Nouvelle-Orléans demeure un enchantement inaltérable de l'esprit.
Prenez place à bord du tramway d'époque pour regagner le centre-ville ou poursuivez votre promenade sous la voûte des chênes.