Pavillons d'Otto Wagner sur la Karlsplatz
Why is it significant?
Devant toi, deux petits pavillons jumeaux se font face: une structure en acier vert, des plaques de marbre blanc, et partout des tournesols dorés qui courent le long des corniches. On dirait des boîtes à bijoux. En réalité, ce sont des entrées de métro.
Key Facts
| Place | Pavillons d'Otto Wagner sur la Karlsplatz |
|---|---|
| Address | Karlsplatz, 1010 Wien, Austria |
| Geo Coordinates | 48.20030, 16.37030 |
| Part of Walk | Vienne, de l'or de Klimt au palais du Belvédère : Sécession, Otto Wagner et Le Baiser |
| Generated | Generated |
Devant toi, deux petits pavillons jumeaux se font face: une structure en acier vert, des plaques de marbre blanc, et partout des tournesols dorés qui courent le long des corniches. On dirait des boîtes à bijoux. En réalité, ce sont des entrées de métro.
Ou plus exactement de la Stadtbahn, le chemin de fer urbain que Vienne construit à la fin du XIXe siècle. Otto Wagner, encore lui, a reçu la mission colossale de tout dessiner: les gares, les ponts, les viaducs, les rampes, jusqu'aux grilles et aux lampadaires. Ces deux pavillons de la Karlsplatz ont été achevés en 1899. Wagner y applique ses idées sans compromis: une ossature métallique bien visible, des plaques fines posées dessus comme une peau. La construction ne se cache plus derrière de faux palais en stuc, elle devient elle-même l'ornement.
Et pourtant, ils ont failli disparaître. Dans les années 1960, quand Vienne prépare son nouveau métro, la U-Bahn, ces kiosques Art nouveau paraissent démodés, encombrants. On parle de les raser. Il a fallu une mobilisation pour les sauver. Finalement, ils ont été démontés pièce par pièce, puis remontés un peu plus haut, au-dessus des nouvelles stations. Les pavillons que tu vois ont donc voyagé, sans quitter la place.
Regarde le détail des tournesols. Ce motif revient sans cesse chez les artistes viennois de 1900, comme un soleil domestique. Wagner aimait l'idée qu'un simple voyageur, un employé qui rentre du bureau, passe chaque soir sous une frise d'or. Pour lui, la beauté n'était pas réservée aux musées. Elle devait être dans la rue, dans le quotidien, au bord du quai.
Aujourd'hui, l'un des pavillons sert d'espace d'exposition consacré à Wagner, l'autre accueille un café, et dessous les rames du métro passent toujours. Derrière toi, la Karlsplatz s'ouvre sur un immense dôme vert entouré de deux colonnes géantes. Traverse le parc en diagonale vers cette église qui ressemble à un palais tombé de Rome.