San Maurizio : le musée de la musique
Why is it significant?
Regarde la façade de San Maurizio: blanche, néoclassique, des colonnes, un fronton triangulaire, une sobriété qui tranche avec les palais gothiques autour du campo. On dirait presque une église parisienne égarée dans la lagune.
Key Facts
| Place | San Maurizio : le musée de la musique |
|---|---|
| Address | Campo San Maurizio, San Marco, 30124 Venezia VE, Italy |
| Geo Coordinates | 45.43310, 12.33160 |
| Part of Walk | Venise en musique : de La Fenice à la Pietà, sur les pas de Vivaldi |
| Generated | Generated |
Regarde la façade de San Maurizio: blanche, néoclassique, des colonnes, un fronton triangulaire, une sobriété qui tranche avec les palais gothiques autour du campo. On dirait presque une église parisienne égarée dans la lagune.
Elle a été reconstruite au début du XIXe siècle sur les plans de Giannantonio Selva et d'Antonio Diedo. Selva... garde bien ce nom: c'est lui qui a dessiné La Fenice, le grand opéra que tu verras dans quelques minutes. Aujourd'hui, San Maurizio n'est plus une paroisse. Elle abrite une exposition d'instruments anciens consacrée à la musique de Vivaldi et de son temps, avec en fond sonore, souvent, des concertos baroques.
Des violons, des violoncelles, des violes, des mandolines... Au XVIIIe siècle, Venise était une grande ville de luthiers. Des noms comme Matteo Goffriller ou Domenico Montagnana font encore rêver les musiciens d'aujourd'hui: les violoncelles de Montagnana, au son profond et chaud, comptent parmi les plus recherchés au monde, et de grands solistes jouent encore sur ces bois sortis d'ateliers vénitiens il y a près de trois siècles.
Pourquoi tant de luthiers ici ? Parce que la ville vivait de musique. Chaque église, chaque confrérie, chaque hospice avait ses musiciens, chaque saison ses opéras, et chaque palais ses soirées. Et Venise avait une autre longueur d'avance: en 1501, l'imprimeur Ottaviano Petrucci y publie l'Odhecaton, le premier recueil de musique polyphonique imprimé avec des caractères mobiles. Pendant tout le XVIe siècle, la musique de l'Europe entière passe par les presses vénitiennes.
Imagine les partitions sortant encore humides des ateliers, chargées sur des bateaux vers Lyon, Anvers ou Vienne... Venise a exporté des épices, du verre, des livres, et aussi des chansons. Remonte maintenant vers le nord, par les calli derrière l'église, jusqu'au Campo Sant'Angelo: de là, tu verras un clocher qui penche de façon inquiétante.