Campo San Bartolomeo : Goldoni et l'opéra qui fait rire
Why is it significant?
Au milieu de la foule du Campo San Bartolomeo, au pied du Rialto, un homme de bronze sourit, la canne sous le bras, l'air de s'amuser de tout ce qu'il voit passer. C'est Carlo Goldoni, le grand auteur comique de Venise, statufié ici en 1883. Pourquoi Goldoni dans une promenade musicale ?
Key Facts
| Place | Campo San Bartolomeo : Goldoni et l'opéra qui fait rire |
|---|---|
| Address | Campo San Bartolomeo, San Marco, 30124 Venezia VE, Italy |
| Geo Coordinates | 45.43770, 12.33680 |
| Part of Walk | Venise en musique : de La Fenice à la Pietà, sur les pas de Vivaldi |
| Generated | Generated |
Au milieu de la foule du Campo San Bartolomeo, au pied du Rialto, un homme de bronze sourit, la canne sous le bras, l'air de s'amuser de tout ce qu'il voit passer. C'est Carlo Goldoni, le grand auteur comique de Venise, statufié ici en 1883.
Pourquoi Goldoni dans une promenade musicale ? Parce qu'il n'a pas seulement réformé le théâtre en remplaçant les masques de la commedia dell'arte par de vrais personnages, des marchands, des servantes, des gondoliers. Il a aussi écrit des dizaines de livrets d'opéra. Avec le compositeur Baldassare Galuppi, surnommé il Buranello parce qu'il venait de Burano, il met au point une formule promise à un grand avenir: le dramma giocoso, l'opéra où l'on rit et où l'on s'émeut dans la même soirée. Leur Filosofo di campagna, créé à Venise en 1754, fait le tour de l'Europe.
Cette formule va traverser le siècle jusqu'à Mozart: Don Giovanni porte le sous-titre de dramma giocoso. Et son librettiste, Lorenzo Da Ponte, avait lui-même vécu à Venise... jusqu'à ce qu'on l'en bannisse en 1779 pour une vie un peu trop scandaleuse. Sans ces années vénitiennes, peut-être n'y aurait-il eu ni Figaro ni Don Giovanni tels qu'on les connaît.
Goldoni, lui, quitte Venise en 1762, lassé des querelles avec son rival Carlo Gozzi, qui le trouvait trop réaliste. Il part pour Paris, écrit pour la Comédie-Italienne, enseigne l'italien aux filles de Louis XV, et compose même une comédie en français, Le Bourru bienfaisant. Il meurt à Paris en 1793, pauvre: la Révolution avait supprimé sa pension royale. On raconte que la Convention la rétablit le lendemain de sa mort... trop tard.
Regarde-le encore: il tourne le dos au Rialto et semble écouter les conversations du campo, à l'affût d'une réplique pour sa prochaine pièce. Passe maintenant le petit pont au nord, le Ponte de l'Ogio, et suis la Salizada San Giovanni Grisostomo: après l'église, un sotoportego te mène vers un théâtre bâti, dit-on, sur la maison de Marco Polo.