Campo dei Mori : Rioba et le nez de fer

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Fais connaissance avec les plus vieux habitants du campo: trois statues de pierre coiffées de turbans, encastrées dans les murs, et une quatrième au coin de la fondamenta, avec un nez de fer. On les appelle les Maures, i Mori.

Key Facts

PlaceCampo dei Mori : Rioba et le nez de fer
AddressCampo dei Mori, Cannaregio, 30121 Venezia VE, Italy
Geo Coordinates45.44540, 12.33220
Part of WalkVenise secrète : Cannaregio et le Ghetto, de San Giobbe aux Miracoli
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Fais connaissance avec les plus vieux habitants du campo: trois statues de pierre coiffées de turbans, encastrées dans les murs, et une quatrième au coin de la fondamenta, avec un nez de fer.

On les appelle les Maures, i Mori. La tradition raconte qu'il s'agit des frères Mastelli, Rioba, Sandi et Afani, des marchands venus de Morée, l'actuel Péloponnèse, vers 1112. Ils auraient fait fortune dans le commerce des épices et de la soie, et bâti le palais voisin, le Palazzo Mastelli, qu'on reconnaît à un bas-relief de chameau chargé de marchandises sur sa façade côté canal. Le nom de Morée, et non pas l'Afrique, expliquerait le mot Mori.

Une autre histoire, plus noire, circule dans le quartier. Les frères auraient été des marchands avides, et un jour ils auraient vendu du mauvais tissu à une pauvre veuve. La femme aurait prié, et l'argent du marché se serait changé en pierre dans leurs mains... eux avec. Ce n'est qu'une légende, bien sûr. Mais regarde leurs visages figés: ils ont l'air de quelqu'un qui vient d'être pris sur le fait.

Le plus célèbre est Sior Antonio Rioba, au coin. Son nez de pierre a disparu depuis longtemps, remplacé par un nez de fer que les passants frottent pour avoir de la chance. Au XIXe siècle, les Vénitiens accrochaient sur lui des pamphlets et des satires, comme les Romains sur la statue de Pasquino: Rioba signait ce que personne n'osait signer. Une façon très vénitienne de dire tout haut, par une bouche de pierre, ce qu'on chuchotait dans les campi.

Juste à côté, au numéro 3399 de la Fondamenta dei Mori, une plaque signale la maison où le Tintoret a vécu, de 1574 à sa mort. Imagine-le sortir de chez lui le matin, saluer Rioba, et marcher cent mètres pour aller peindre un Jugement dernier. Maintenant, passe le pont vers le sud, puis encore un canal, jusqu'à la Fondamenta della Misericordia: un colosse de brique t'y attend.

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