Ca' d'Oro : la maison d'or

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Descends la Calle Ca' d'Oro jusqu'au portail. D'ici, tu ne vois que le dos du palais: sa vraie façade regarde le Grand Canal, une dentelle de marbre faite d'arcs, de balcons ajourés et de créneaux, comme si un orfèvre avait pris une maison pour un bijou.

Key Facts

PlaceCa' d'Oro : la maison d'or
AddressCalle Ca' d'Oro, Cannaregio 3932, 30121 Venezia VE, Italy
Geo Coordinates45.44090, 12.33390
Part of WalkVenise secrète : Cannaregio et le Ghetto, de San Giobbe aux Miracoli
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Descends la Calle Ca' d'Oro jusqu'au portail. D'ici, tu ne vois que le dos du palais: sa vraie façade regarde le Grand Canal, une dentelle de marbre faite d'arcs, de balcons ajourés et de créneaux, comme si un orfèvre avait pris une maison pour un bijou. Pour l'admirer en entier, il faut la voir depuis l'eau, ou depuis le marché du Rialto, sur l'autre rive.

Ca' d'Oro veut dire la maison d'or, et ce n'est pas une image. Dans les années 1420, le riche marchand Marino Contarini fait construire ce palais gothique et le veut éblouissant. Les sculpteurs Giovanni et Bartolomeo Bon travaillent la pierre, et un peintre venu de France, Jean Charlier, que les Vénitiens appelaient Zuan de Franza, couvre les ornements d'or, de bleu d'outremer et de rouge. Un Français a doré la façade la plus célèbre de Venise.

Les siècles ont été moins tendres. Les couleurs ont disparu, le palais a changé de mains, et au XIXe siècle, la célèbre danseuse Maria Taglioni en devient propriétaire. Les travaux de l'époque, menés sans scrupules, arrachent une partie des éléments anciens, dont le bel escalier gothique de la cour. La maison d'or n'était plus qu'une maison fatiguée.

Le sauveur s'appelle Giorgio Franchetti. Ce baron l'achète en 1894 et passe le reste de sa vie à lui rendre son âme: on raconte qu'il a posé lui-même une partie du pavement de marbre de l'entrée. Il donne le palais à l'État en 1916, et ses cendres reposent dans la cour. À l'intérieur, la Galleria Franchetti garde un Saint Sébastien d'Andrea Mantegna, criblé de flèches, avec une phrase latine qui rappelle que seul le divin est stable, et que tout le reste n'est que fumée.

Une fumée dorée, dans ce cas. Remonte maintenant vers la Strada Nova et continue vers l'est: quelques minutes plus loin, la rue débouche sur un campo animé, dominé par un haut clocher. C'est Santi Apostoli.

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