Santa María la Blanca : la synagogue devenue église

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Arrête-toi devant cette église discrète, presque noyée dans la rue, et cherche sur le côté son vieux portail gothique, beaucoup plus ancien que tout le reste de la façade. C'est le dernier témoin visible de ce que fut ce bâtiment au Moyen Âge: une synagogue.

Key Facts

PlaceSanta María la Blanca : la synagogue devenue église
AddressCalle Santa María la Blanca 5, 41004 Sevilla, Spain
Geo Coordinates37.38670, -5.98720
Part of WalkLe cœur de Séville : Cathédrale, Giralda, Real Alcázar et Barrio de Santa Cruz
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Arrête-toi devant cette église discrète, presque noyée dans la rue, et cherche sur le côté son vieux portail gothique, beaucoup plus ancien que tout le reste de la façade. C'est le dernier témoin visible de ce que fut ce bâtiment au Moyen Âge: une synagogue.

Après la conquête de 1248, la Séville chrétienne compte l'une des plus importantes communautés juives de Castille. Médecins, traducteurs, percepteurs, artisans vivent ici, dans la juiverie qui s'étend de l'Alcázar jusqu'à cette rue, fermée par ses propres portes. Le roi Alphonse X leur cède même d'anciennes mosquées pour en faire des synagogues. Tout près d'ici s'ouvrait la Puerta de la Carne, la porte de la viande, l'une des entrées du quartier, démolie au XIXe siècle.

Tout bascule en juin 1391. Après le pogrom, cette synagogue devient l'église Santa María la Blanca. Les familles converties, les conversos, sont ensuite soupçonnées de judaïser en secret. C'est pour elles qu'en 1478 est créée l'Inquisition espagnole, dont le premier tribunal s'installe à Séville et célèbre son premier auto de fe en 1481. En 1483, les Juifs sont expulsés d'Andalousie, puis de toute l'Espagne en 1492.

Une légende du quartier garde la mémoire de cette époque. Vers 1480, un riche converso, Diego de Susán, aurait comploté contre l'Inquisition. Sa fille, la belle Susona, aurait trahi le secret à son amant chrétien. Le père fut exécuté. On raconte que, rongée de remords, elle demanda que sa tête soit exposée après sa mort au-dessus de sa porte. Une petite rue de Santa Cruz porte encore son nom.

Pousse la porte quand l'église est ouverte: l'intérieur, refait vers 1660, est un tourbillon de stucs blancs, une dentelle baroque qui couvre voûtes et coupole. Murillo avait peint pour elle de grandes toiles en demi-lune, emportées elles aussi par les troupes françaises, et aujourd'hui au Prado. Pour finir, remonte vers le nord par les rues de l'ancienne juiverie, pendant quelques minutes, jusqu'à la Plaza de Pilatos.

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