Calle Betis : le balcon de Triana et le flamenco

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Accoude-toi au muret de la Calle Betis et regarde l'autre rive: la Torre del Oro, la Maestranza, la Giralda au loin, et les kayaks qui glissent sur l'eau verte. Derrière toi, une rangée de maisons blanches, jaunes, ocre, aux balcons fleuris.

Key Facts

PlaceCalle Betis : le balcon de Triana et le flamenco
AddressCalle Betis 60, 41010 Sevilla, Spain
Geo Coordinates37.38170, -5.99840
Part of WalkSur les pas de Carmen à Séville : cigarières, toreros et flamenco de Triana
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Accoude-toi au muret de la Calle Betis et regarde l'autre rive: la Torre del Oro, la Maestranza, la Giralda au loin, et les kayaks qui glissent sur l'eau verte. Derrière toi, une rangée de maisons blanches, jaunes, ocre, aux balcons fleuris. C'est la plus belle façade de Séville... et elle regarde Séville.

Betis, c'est Baetis, le nom romain du fleuve. Les Arabes l'ont rebaptisé al-wadi al-kabir, le grand fleuve, qui est devenu Guadalquivir. Et le Real Betis, l'un des deux grands clubs de football de la ville, doit lui aussi son nom au vieux mot latin. Le 10 août 1519, c'est d'ici, des quais de Triana, que partent les cinq navires de Magellan pour le premier tour du monde. Trois ans plus tard, un seul revient, la Victoria, avec une petite poignée de survivants épuisés.

Mais Triana est surtout la patrie du chant. Dans les corrales de vecinos, ces cours communes où s'entassaient des dizaines de familles, gitans et non-gitans, forgerons et potiers, on chantait le soir. Triana a donné son nom et son accent à plusieurs formes du flamenco, comme ses soleares et ses tangos, et les sévillanes s'y dansent à chaque fête. En 2010, l'UNESCO a inscrit le flamenco au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Le soir, dans certains bars de cette rive, une guitare commence, quelqu'un frappe des mains en contretemps, une voix éraillée monte. Ce n'est pas un spectacle: c'est une conversation. La vraie Carmen, si elle a existé, ressemblait sans doute plus à ces femmes-là qu'aux sopranos de Paris.

Te voilà au bout du chemin. Tu as suivi une cigarière inventée par un Français et mise en musique par un autre Français qui n'avait jamais vu Séville, et tu as fini dans le quartier qui chante pour de vrai. Bizet a imaginé Séville. Séville, elle, n'a jamais cessé de chanter. Reste ici jusqu'au coucher du soleil: la Torre del Oro s'allume, et l'or, enfin, devient vrai.

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