Cimetière de Vyšehrad et Slavín

Why is it significant?

Passe la grille et ralentis le pas: te voilà dans le cimetière de Vyšehrad, le Panthéon à ciel ouvert des Tchèques. Des arcades couvertes de mosaïques, des tombes qui sont de véritables sculptures, des bustes, des anges, et au fond, un grand tombeau commun couronné d'une figure ailée: le Slavín.

Key Facts

PlaceCimetière de Vyšehrad et Slavín
AddressŠtulcova, 128 00 Praha 2, Czechia
Geo Coordinates50.06480, 14.41720
Part of WalkPrague, Vyšehrad : légendes de Libuše, maisons cubistes et cimetière des héros
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Passe la grille et ralentis le pas: te voilà dans le cimetière de Vyšehrad, le Panthéon à ciel ouvert des Tchèques. Des arcades couvertes de mosaïques, des tombes qui sont de véritables sculptures, des bustes, des anges, et au fond, un grand tombeau commun couronné d'une figure ailée: le Slavín.

À l'origine, c'était le simple cimetière de la paroisse. Mais à partir de 1869, les patriotes tchèques décident d'en faire le lieu de repos des grandes figures de la nation. Le Slavín, dessiné par l'architecte Antonín Wiehl, est construit à la fin des années 1880 et au début des années 1890, pour accueillir ensemble ceux que le pays veut honorer. Sur sa façade, une inscription en tchèque dit: bien qu'ils soient morts, ils parlent encore.

Les noms donnent le vertige. Dans le Slavín reposent notamment Alfons Mucha, le peintre de Sarah Bernhardt, et Josef Václav Myslbek, le sculpteur des géants du pont Palacký. Antonín Dvořák a sa tombe sous les arcades, avec son buste. Bedřich Smetana repose tout près. Plus loin, la romancière Božena Němcová, le poète Jan Neruda, et Karel Čapek, l'écrivain qui a rendu célèbre le mot robot... un mot que lui avait soufflé son frère Josef.

Certaines tombes racontent les heures sombres. Karel Čapek, qui avait combattu le nazisme avec sa plume, meurt à Noël 1938, quelques mois après les accords de Munich. Et en mai 1939, sous l'occupation, une foule immense accompagne ici les restes du poète romantique Karel Hynek Mácha, ramenés de Litoměřice, une ville que l'Allemagne venait d'annexer. Un enterrement transformé en manifestation silencieuse.

Smetana, lui, avait déjà chanté ce rocher. En 1874, l'année où il devient sourd, il compose Vyšehrad, le premier poème symphonique de son cycle Ma patrie, qui s'ouvre sur deux harpes, comme le chant d'un barde antique. Il ne l'a jamais entendu jouer... Sors du cimetière côté église et fais le tour de la basilique: contre son flanc, trois blocs de pierre t'attendent.

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