Lenbachhaus : le Cavalier bleu
Why is it significant?
Devant toi se dresse une villa couleur ocre, à l'italienne, avec son jardin, ses fontaines et ses balustrades, et collé contre elle un bâtiment moderne habillé de fines tiges dorées. Le contraste est voulu: c'est la Städtische Galerie im Lenbachhaus, le musée de la ville de Munich.
Key Facts
| Place | Lenbachhaus : le Cavalier bleu |
|---|---|
| Address | Luisenstraße 33, 80333 München, Germany |
| Geo Coordinates | 48.14690, 11.56350 |
| Part of Walk | Athènes-sur-Isar : Königsplatz et les Pinacothèques de Munich |
| Generated | Generated |
Devant toi se dresse une villa couleur ocre, à l'italienne, avec son jardin, ses fontaines et ses balustrades, et collé contre elle un bâtiment moderne habillé de fines tiges dorées. Le contraste est voulu: c'est la Städtische Galerie im Lenbachhaus, le musée de la ville de Munich.
La villa a été bâtie entre 1887 et 1891 pour Franz von Lenbach, le prince des peintres munichois. Portraitiste de l'aristocratie et des puissants, il a peint Bismarck des dizaines de fois, et il recevait ici comme un seigneur de la Renaissance. Après sa mort, la ville rachète la maison en 1924 et y ouvre un musée en 1929. Ironie du sort: la maison du peintre le plus officiel de son temps est devenue celle de l'avant-garde qui voulait tout casser.
Car ici vit le Blauer Reiter, le Cavalier bleu. C'est le nom d'un almanach publié en 1912 par Vassily Kandinsky et Franz Marc, et d'un groupe d'artistes réunis autour d'eux à Munich. Kandinsky, arrivé de Moscou en 1896, s'y avance pas à pas vers l'abstraction. Marc peint des chevaux bleus, des renards rouges, des animaux aux couleurs de l'âme. Leur première exposition ouvre en décembre 1911... et la guerre de 1914 disperse tout: Marc tombe à Verdun en 1916.
Si ces toiles sont là, c'est grâce à une femme. Gabriele Münter, peintre elle-même et longtemps compagne de Kandinsky, avait gardé chez elle, à Murnau, une grande partie de leurs œuvres. Sous le nazisme, qui qualifiait cet art de dégénéré, elle les a cachées, dit-on, dans sa cave. En 1957, pour ses quatre-vingts ans, elle a tout offert à la ville: des centaines d'œuvres, dont des dizaines de tableaux de Kandinsky. Kandinsky, lui, avait fini sa vie en France, à Neuilly-sur-Seine, en 1944.
Ressors dans la Luisenstraße et fais quelques pas vers le sud-est: une porte massive, à la grecque, se dresse au bord d'une grande place.