Edificio Metrópolis : la Victoire dorée qui a chassé le phénix
Why is it significant?
Lève les yeux vers ce gâteau de pierre blanche planté comme une proue à la fourche de deux avenues, et vers sa coupole d'ardoise noire rayée d'or. Tout en haut, une Victoire ailée tend le bras au-dessus de la circulation, comme si elle allait s'envoler vers la Gran Vía.
Key Facts
| Place | Edificio Metrópolis : la Victoire dorée qui a chassé le phénix |
|---|---|
| Address | Calle de Alcalá 39, 28014 Madrid, Spain |
| Geo Coordinates | 40.41880, -3.69740 |
| Part of Walk | Madrid secret : de la Gran Vía à Malasaña, coupoles dorées et barricades de 1808 |
| Generated | Generated |
Lève les yeux vers ce gâteau de pierre blanche planté comme une proue à la fourche de deux avenues, et vers sa coupole d'ardoise noire rayée d'or. Tout en haut, une Victoire ailée tend le bras au-dessus de la circulation, comme si elle allait s'envoler vers la Gran Vía. C'est la carte postale de Madrid par excellence... et pourtant, ce sont deux Français qui l'ont dessinée.
Au début du XXe siècle, une compagnie d'assurances, La Unión y el Fénix, veut un siège qui impressionne. Elle choisit le projet de deux architectes, Jules et Raymond Février. Le chantier démarre en 1907 et l'immeuble est inauguré en 1911. Regarde les colonnes, les balcons, les groupes sculptés sous la coupole: c'est un décor d'opéra de la Belle Époque. Madrid, à cette époque, rêve de Paris... et à cet angle de rue, Paris lui répond.
Sauf que la statue au sommet n'est pas celle d'origine. Là-haut trônait un phénix, l'emblème de la compagnie, portant sur son dos un jeune homme, Ganymède. Dans les années 1970, l'immeuble change de propriétaire, l'assureur emporte son oiseau, et la Victoire du sculpteur Federico Coullaut-Valera prend sa place. Le phénix, lui, s'est reposé plus au nord, dans un jardin du Paseo de la Castellana, loin des appareils photo.
Le plus fou, c'est que la Gran Vía n'existait pas encore quand ce chantier a commencé. Le 4 avril 1910, le roi Alphonse XIII donne le premier coup de pioche, avec une pioche en argent, sur une maison à quelques pas d'ici. Pour tracer l'avenue, on rase des centaines de maisons et on efface des rues entières du vieux Madrid. Et on en parlait depuis si longtemps qu'en 1886, une zarzuela intitulée La Gran Vía se moquait déjà de ce projet qui n'arrivait jamais.
Juste à côté, à l'angle suivant, jette un œil à la tour ronde coiffée d'un petit temple: c'est l'Edificio Grassy, achevé en 1917, l'autre bijou de ce carrefour. Et derrière lui, dans la petite Calle del Caballero de Gracia, se cache un oratoire néoclassique de Juan de Villanueva, l'architecte du Prado, qui tourne le dos à la Gran Vía. Maintenant, remonte l'avenue vers l'ouest. Au carrefour suivant, une tour de pierre claire domine tout: ce fut le premier gratte-ciel de Madrid.