Panteão Nacional : les travaux de Santa Engrácia
Why is it significant?
Lève les yeux vers cette coupole blanche, énorme, posée sur une église en forme de croix grecque, toute habillée de marbre. On la repère depuis le fleuve et depuis presque tous les belvédères de la ville. Les Lisboètes l'aiment beaucoup... et s'en moquent un peu.
Key Facts
| Place | Panteão Nacional : les travaux de Santa Engrácia |
|---|---|
| Address | Campo de Santa Clara, 1100 Lisboa, Portugal |
| Geo Coordinates | 38.71500, -9.12470 |
| Part of Walk | Lisbonne médiévale : la Sé, le Castelo de São Jorge et les ruelles d'Alfama |
| Generated | Generated |
Lève les yeux vers cette coupole blanche, énorme, posée sur une église en forme de croix grecque, toute habillée de marbre. On la repère depuis le fleuve et depuis presque tous les belvédères de la ville. Les Lisboètes l'aiment beaucoup... et s'en moquent un peu.
Car en portugais, quand un chantier n'en finit pas, on dit que ce sont des obras de Santa Engrácia, des travaux de Santa Engrácia. La construction de cette église a commencé en 1682. La coupole n'a été achevée qu'en 1966, sous la dictature, qui tenait à inaugurer enfin le monument. Presque trois siècles de chantier, pour une église qu'aucun de ses premiers bâtisseurs n'a vue terminée.
La légende, elle, cherche un coupable. En 1630, l'ancienne église qui se dressait ici fut profanée et des objets sacrés volés. On accusa un jeune homme d'origine juive, un nouveau chrétien, Simão Pires Solis, qui fut exécuté. Il aurait juré, avant de mourir, que l'église ne serait jamais terminée, aussi sûr qu'il était innocent. Ce n'est qu'une légende... mais elle dit beaucoup sur la manière dont on traitait alors les nouveaux chrétiens.
Depuis 1916, l'édifice est désigné comme Panthéon national, un rôle qu'il n'a pu remplir qu'après 1966. On y honore Vasco da Gama, Camões ou Henri le Navigateur par des cénotaphes, des tombeaux vides, et l'on y a inhumé des écrivains, des présidents... et des figures populaires. En 2001, la chanteuse Amália Rodrigues, la reine du fado, y a été transférée. En 2015, ce fut le tour du footballeur Eusébio. Le Portugal réunit ses navigateurs, ses poètes, sa voix et son buteur sous la même coupole.
Amália nous ramène justement là où l'on va: dans les ruelles d'Alfama, où le fado est chez lui. Descends vers le sud-ouest par les rues et les escaliers en pente, jusqu'à l'église de Santo Estêvão: un peu moins d'un demi-kilomètre de descente, attention aux pavés.