Ponte alle Grazie : recluses, mines et crue de 1966
Why is it significant?
Avance sur le Ponte alle Grazie, un pont moderne aux lignes sobres, presque banal, et accoude-toi au parapet. Vers l'ouest, la vue file sur l'eau verte jusqu'au Ponte Vecchio et à ses maisons suspendues. Pour cette dernière étape, écoute ce que cet endroit ordinaire a vu passer.
Key Facts
| Place | Ponte alle Grazie : recluses, mines et crue de 1966 |
|---|---|
| Address | Lungarno delle Grazie, 50122 Firenze FI, Italy |
| Geo Coordinates | 43.76710, 11.25920 |
| Part of Walk | Florence, cœur de la Renaissance : du Duomo à la Piazza della Signoria |
| Generated | Generated |
Avance sur le Ponte alle Grazie, un pont moderne aux lignes sobres, presque banal, et accoude-toi au parapet. Vers l'ouest, la vue file sur l'eau verte jusqu'au Ponte Vecchio et à ses maisons suspendues. Pour cette dernière étape, écoute ce que cet endroit ordinaire a vu passer.
Le premier pont, ici, date de 1237. Il porte alors le nom du podestat qui l'a fait bâtir, Rubaconte da Mandello. Il est si solide qu'il résiste à la grande crue de 1333, qui emporte presque tous les autres. Au fil des siècles, on y construit de petites maisons et des chapelles, dont un oratoire dédié à la Vierge des Grâces, la Madonna alle Grazie, qui finit par donner son nom au pont.
Sur ce pont vivaient aussi des recluses: des femmes qui avaient choisi de se faire emmurer dans de minuscules cellules pour prier, nourries par une petite ouverture. Au XVe siècle, leur communauté déménage vers la Via Ghibellina, dans un couvent qu'on appelle les Murate, les emmurées. Et un siècle plus tard, une petite fille d'une dizaine d'années y sera gardée en otage pendant le siège de Florence: Catherine de Médicis, future reine de France.
Dans la nuit du 3 au 4 août 1944, le vieux pont saute avec les autres, miné par l'armée allemande en retraite. Celui que tu vois a été reconstruit dans les années 1950. Puis vient le 4 novembre 1966. Après des jours de pluie, l'Arno déborde à l'aube, envahit le centre, monte de plusieurs mètres dans les rues autour de Santa Croce, et noie des milliers d'œuvres d'art et des centaines de milliers de livres. Des jeunes venus de toute l'Italie et du monde entier accourent pour sortir les manuscrits de la boue. On les surnomme les anges de la boue.
Regarde le fleuve, si paisible aujourd'hui... Depuis l'hospice des Innocents, tu as traversé sept siècles: la coupole de Brunelleschi, les portes de Ghiberti, le David, les corporations, les banquiers, le bûcher de Savonarole, les ponts détruits et la boue de 1966. Florence n'est pas un musée figé, c'est une ville qui a toujours su se relever. Et si tu as frotté le museau du Porcellino tout à l'heure, tu sais déjà que tu reviendras.