Basilique Santa Croce : le vertige de Stendhal
Why is it significant?
Entre dans la nef de Santa Croce et laisse tes yeux s'habituer: une église immense, presque nue, avec son plafond de bois peint et ses murs bordés de tombeaux. Commencée en 1294 pour les Franciscains, elle est devenue au fil des siècles le panthéon des Italiens.
Key Facts
| Place | Basilique Santa Croce : le vertige de Stendhal |
|---|---|
| Address | Piazza di Santa Croce 16, 50122 Firenze FI, Italy |
| Geo Coordinates | 43.76860, 11.26300 |
| Part of Walk | Florence littéraire : de la maison de Dante à Santa Croce, sur les pas de Stendhal |
| Generated | Generated |
Entre dans la nef de Santa Croce et laisse tes yeux s'habituer: une église immense, presque nue, avec son plafond de bois peint et ses murs bordés de tombeaux. Commencée en 1294 pour les Franciscains, elle est devenue au fil des siècles le panthéon des Italiens. Ugo Foscolo l'a chantée en 1807 dans Les Tombeaux: les urnes des grands hommes, disait-il en substance, allument les âmes fortes.
Fais le tour: Michel-Ange, dans un tombeau dessiné par Vasari; Galilée, admis ici seulement en 1737, près d'un siècle après sa mort; Machiavel, que tu as croisé en prison tout à l'heure, avec cette épitaphe orgueilleuse: à un si grand nom, aucun éloge n'est égal. Et Dante ? Un grand cénotaphe de 1829 l'attend... vide. Ravenne, où il est mort en exil, n'a jamais rendu son corps.
En janvier 1817, un ancien officier français de trente-trois ans, Henri Beyle, qui signera Stendhal, entre ici. Dans Rome, Naples et Florence, il raconte que dans une chapelle, devant les sibylles peintes par le Volterrano, l'émotion le submerge. Le cœur battant, la vie comme épuisée, il sort et marche, dit-il, avec la crainte de tomber. Il doit s'asseoir sur un banc de la place pour reprendre ses esprits.
Plus d'un siècle et demi plus tard, une psychiatre florentine, Graziella Magherini, observe à l'hôpital de Santa Maria Nuova, celui qu'avait fondé le père de Béatrice, des voyageurs étrangers pris de vertiges, de palpitations ou d'angoisse devant les chefs-d'œuvre. Elle en décrit plus d'une centaine de cas et, en 1979, donne au phénomène le nom de syndrome de Stendhal. Les médecins en discutent encore, mais Florence a gardé cette réputation de ville qui fait tourner la tête.
Avant de sortir, va voir le grand Crucifix de Cimabue, dans le musée de l'Opera di Santa Croce. Le 4 novembre 1966, l'eau boueuse l'a recouvert pendant des heures et a arraché une grande partie de sa peinture. Restauré, mais à jamais mutilé, il est devenu le symbole de la crue. Ressors et longe le flanc sud de la basilique par la Via Magliabechi: la dernière étape est un palais de livres qui a failli se noyer.