Mercat de Santa Caterina : le toit en vague de couleurs
Why is it significant?
Recule de quelques pas et regarde le toit: une grande vague ondulée, couverte de milliers de tuiles hexagonales en céramique, rouges, orange, vertes, jaunes, comme si une corbeille de fruits géante s'était renversée sur le quartier.
Key Facts
| Place | Mercat de Santa Caterina : le toit en vague de couleurs |
|---|---|
| Address | Avinguda de Francesc Cambó 16, 08003 Barcelona, Spain |
| Geo Coordinates | 41.38610, 2.17850 |
| Part of Walk | Barcelone, du Born à la Barceloneta : sur les pas du jeune Picasso jusqu'à la mer |
| Generated | Generated |
Recule de quelques pas et regarde le toit: une grande vague ondulée, couverte de milliers de tuiles hexagonales en céramique, rouges, orange, vertes, jaunes, comme si une corbeille de fruits géante s'était renversée sur le quartier. Sous cette vague, le Mercat de Santa Caterina vend depuis le dix-neuvième siècle son poisson, ses olives et ses jambons.
Le nom vient d'un couvent dominicain, Santa Caterina, qui se dressait ici depuis le Moyen Âge. En 1835, pendant des émeutes anticléricales, il est incendié, puis démoli. Sur le terrain libéré, la ville ouvre en 1848 un marché couvert, souvent présenté comme le premier de Barcelone. Pendant un siècle et demi, les grands-mères du quartier de Sant Pere y ont fait leurs courses sous une halle sage et sans histoire.
Et puis, au tournant des années 2000, la ville confie la rénovation au couple d'architectes Enric Miralles et Benedetta Tagliabue. Ils gardent les vieux murs, et posent dessus ce toit fou, achevé en 2005. Ses tuiles, plus de trois cent mille, forment vues du ciel une mosaïque pixellisée inspirée des fruits et légumes des étals juste en dessous. Une manière de rendre au quartier ce que Gaudí avait donné à la ville: la couleur, la céramique, la joie.
Miralles n'a jamais vu son marché terminé. Il est mort en 2000, à quarante-cinq ans, d'une tumeur au cerveau, et c'est Benedetta Tagliabue qui a mené le chantier jusqu'au bout. Pendant les travaux, on a retrouvé sous le sol les fondations du couvent médiéval et des traces bien plus anciennes; une partie de ces vestiges reste visible à l'intérieur du marché.
Un conseil de Barcelonais: regarde aussi les gens, pas seulement le toit. Ici, les habitués font leurs courses à côté des visiteurs qui photographient le plafond, et chacun garde son calme... enfin, presque. Maintenant, faufile-toi vers le sud par les ruelles jusqu'au Carrer de Montcada, la rue la plus aristocratique du Moyen Âge, où vit aujourd'hui la plus grande collection des années de jeunesse de Picasso.