Plaça Nova : la porte de Barcino et le siège de 801
Why is it significant?
Plante-toi face aux deux tours rondes qui encadrent l'entrée de la petite rue, et prends une seconde pour mesurer ce que tu regardes: une porte de ville romaine, toujours debout, avec des piétons qui la traversent comme si de rien n'était.
Key Facts
| Place | Plaça Nova : la porte de Barcino et le siège de 801 |
|---|---|
| Address | Plaça Nova, 08002 Barcelona, Spain |
| Geo Coordinates | 41.38420, 2.17510 |
| Part of Walk | Barcelone gothique : des tombes romaines au Call, deux mille ans en une promenade |
| Generated | Generated |
Plante-toi face aux deux tours rondes qui encadrent l'entrée de la petite rue, et prends une seconde pour mesurer ce que tu regardes: une porte de ville romaine, toujours debout, avec des piétons qui la traversent comme si de rien n'était. Contre la muraille, tout près, quelques arches de pierre rappellent l'aqueduc qui apportait l'eau à la ville.
Barcino était une toute petite colonie, une enceinte d'à peine plus d'un kilomètre de tour. Mais quand l'Empire a commencé à trembler, à la fin de l'Antiquité, ses habitants ont renforcé leurs murs et les ont hérissés de dizaines de tours comme celles-ci. Ces pierres ont ensuite servi pendant des siècles: les rois, les évêques, les marchands ont bâti dessus, contre elles, dedans.
Et c'est ici que l'histoire de Barcelone a basculé vers le nord. En 801, la ville est aux mains des musulmans depuis plus de quatre-vingts ans. Arrivent les Francs, menés par le fils de Charlemagne, Louis, alors roi d'Aquitaine, celui que l'histoire appellera Louis le Pieux. Le siège dure des mois, la faim fait le reste, et la ville finit par ouvrir ses portes. Barcelone devient un comté franc, une pièce de cette frontière que les historiens appellent la Marche d'Espagne.
De cette époque est née une jolie légende. Un comte de Barcelone, Guifré le Velu, blessé au combat aux côtés d'un roi franc, Louis le Pieux ou Charles le Chauve selon les versions. Le roi aurait trempé quatre doigts dans son sang et les aurait passés sur un bouclier doré... et voilà les quatre barres rouges sur fond jaune du drapeau catalan. Belle histoire, inventée bien des siècles plus tard, mais tout le monde la connaît ici.
Maintenant retourne-toi vers le bâtiment moderne du Collège des architectes: sur sa façade, des enfants brandissent des palmes et des géants de fête dansent, tracés d'une ligne nerveuse. C'est un dessin de Picasso, au début des années 1960. Il vivait en France et refusait de remettre les pieds dans l'Espagne de Franco, alors c'est un artiste norvégien, Carl Nesjar, qui a gravé ses figures dans le béton. Passe entre les deux tours, entre dans la Carrer del Bisbe et longe le flanc de la cathédrale jusqu'à son cloître: tu vas entendre des oies.