Promenade des Anglais, Carré d'Or et Quartier des Musiciens : Le Faste de la Belle Époque
Du Centre Universitaire Méditerranéen aux villas aristocratiques des grands compositeurs
Nice · 12 stops · 29 min audio · Generated
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1. Centre Universitaire Méditerranéen
Promenade des Anglais 65, 06000 Nice, France
Portez votre regard sur l'imposante colonnade blanche du Centre Universitaire Méditerranéen, fièrement dressée en front de mer sur la célèbre Promenade des Anglais. Fondée en 1933 sous l'impulsion passionnée du maire Jean Médecin et inaugurée solennellement en 1937, cette institution prestigieuse fut conçue pour affirmer la vocation intellectuelle et humaniste de Nice au carrefour des cultures latines et méditerranéennes. Le poète et académicien Paul Valéry en devint le premier administrateur, y prononçant des discours mémorables sur la pensée européenne et la renaissance des civilisations bordières de notre mer commune. L'édifice à la façade sobre d'inspiration dorique abrite un superbe amphithéâtre en hémicycle de près de cinq cents places, où résonnèrent les conférences des plus grands esprits du vingtième siècle, de Jean Cocteau à Paul Morand en passant par Colette. Les palmiers qui bordent le perron et le bleu profond de la baie composent un décor lumineux qui incarne la douceur de vivre de la Riviera. C'est ici, face à l'horizon marin infini, que s'est forgée l'identité culturelle d'une métropole capable de marier villégiature aristocratique et haute réflexion philosophique. Engagez-vous dans cette promenade qui vous mènera des palaces légendaires aux quartiers bourgeois de l'âge d'or niçois.
Admirez la pureté des lignes géométriques de la façade: le marbre blanc capte la lumière éclatante de la mer avec une sobre majesté classique qui traverse les générations.
Paul Valéry rédigea spécialement les statuts du centre, voulant en faire une académie ouverte où les savants du pourtour méditerranéen partageraient leurs découvertes scientifiques et artistiques.
Durant la Seconde Guerre mondiale, des intellectuels engagés maintinrent clandestinement des échanges littéraires et philosophiques dans les salons feutrés du bâtiment pour préserver la liberté de penser.
Quittez le front de mer vers le nord en empruntant l'avenue des Baumettes pour rejoindre le musée des Beaux-Arts Jules Chéret.
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2. Musée des Beaux-Arts Jules Chéret
Avenue des Baumettes 33, 06000 Nice, France
Franchissez la grille monumentale du musée des Beaux-Arts Jules Chéret, abrité dans une somptueuse folie princière nichée sur la colline arborée des Baumettes. Commandée en 1878 par la princesse ukrainienne Élisabeth Kotschoubey et achevée en 1885 par le richissime diplomate américain James Thompson, cette opulente villa s'inspire directement des palais maniéristes génois du seizième siècle avec sa façade en bossage de pierre et ses loggias harmonieuses ouvrant sur un parc méditerranéen luxuriant. À l'intérieur, les vastes salons de réception desservis par un spectaculaire escalier en marbre abritent les collections municipales d'art, consacrant une place d'honneur aux toiles pétillantes et aux affiches publicitaires novatrices de Jules Chéret, maître incontesté de l'affiche Belle Époque qui termina ses jours à Nice. Le musée présente également un ensemble exceptionnel de sculptures d'Auguste Rodin, de toiles de Jean-Baptiste Carpeaux et une émouvante collection de peintures de Raoul Dufy et de Gustav-Adolf Mossa. Les jardins suspendus plantés d'orangers, de palmiers et de jasmins offrent une oasis de silence raffiné dominant les toits de la ville. Cette escale artistique lumineuse illustre avec éclat comment la haute société cosmopolite et les mécènes éclairés firent de Nice une véritable capitale des beaux-arts et du goût européen au tournant du vingtième siècle.
Levez la tête vers les plafonds peints des salons du rez-de-chaussée: leurs allégories mythologiques rivalisent avec les décors des plus fastueuses demeures aristocratiques de Ligurie.
La princesse Kotschoubey vendit la villa inachevée en 1883 car elle trouvait le chantier trop lent et préféra s'installer dans une autre villégiature prestigieuse de la région.
Le maître affichiste Jules Chéret, devenu aveugle à la fin de sa vie, passait de longues heures dans ces jardins parfumés à écouter le bruissement des feuilles d'oranger et le chant des oiseaux.
Redescendez vers l'est par la rue de France pour admirer l'aristocratique villa Furtado-Heine.
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3. Villa Furtado-Heine
Rue de France 121, 06000 Nice, France
Arrêtez-vous devant la grille ouvragée de la villa Furtado-Heine, précieux témoignage architectural des premières villégiatures aristocratiques créées le long de la rue de France. Bâtie dès 1787 pour la comtesse de Châteauneuf dans une esthétique néoclassique rigoureuse ponctuée de pilastres ioniques et de frontons triangulaires, cette demeure historique est l'une des très rares bastides antérieures au dix-neuvième siècle subsistant dans ce quartier balnéaire d'autrefois rural. Elle doit sa renommée impérissable à madame Cécile Furtado-Heine, richissime philanthrope issue d'une illustre famille de banquiers bordelais, qui en fit l'acquisition en 1895 pour y séjourner durant la saison d'hiver. Animée d'une immense générosité envers les blessés militaires, elle légua sa magnifique propriété à l'armée française pour servir de maison de convalescence aux officiers et soldats revenus des campagnes coloniales et des tranchées de la Grande Guerre. Son parc arboré remarquable, magnifiquement ombragé de grands cèdres centenaires, de magnolias odorants et de palmiers phœnix majestueux, a conservé intacte son ordonnance aristocratique et paisible malgré l'intense urbanisation des boulevards environnants. Cette halte patrimoniale paisible rappelle avec une profonde émotion le rôle civilisateur fondamental joué par les philanthropes humanistes dans l'histoire sociale, les œuvres charitables et la préservation de la douceur de vivre sur la Riviera.
Observez la symétrie parfaite des façades en crépi clair: les proportions harmonieuses des fenêtres et des corniches reflètent l'équilibre parfait de l'architecture des Lumières du dix-huitième siècle.
La reine Victoria rendit personnellement visite à madame Furtado-Heine dans ce domaine en 1897 pour saluer publiquement ses œuvres de bienfaisance et ses dons généreux aux hôpitaux.
Les officiers convalescents logés dans la villa recevaient chaque jour des paniers d'agrumes récoltés dans le verger privé attenant à la propriété pour hâter leur rétablissement.
Poursuivez vers l'est sur la rue de France pour atteindre les grilles monumentales de la villa Masséna.
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4. Villa Masséna et Musée Masséna
Rue de France 65, 06000 Nice, France
Franchissez les portes de la somptueuse villa Masséna, chef-d'œuvre de la villégiature princière Belle Époque érigé entre 1898 et 1901 pour Victor Masséna, prince d'Essling et petit-fils du maréchal d'Empire. Conçue par l'architecte danois Hans-Georg Tersling dans un style néoclassique d'inspiration italienne, cette résidence aristocratique présente de grandioses loggias à colonnes corinthiennes ouvrant sur un parc enchanteur dessiné par le célèbre paysagiste Édouard André. Les intérieurs préservent des boiseries en acajou précieuses, des marbres polychromes et un mobilier d'apparat Empire d'une richesse éblouissante qui évoque les fêtes diplomatiques de la Belle Époque. Le musée municipal qu'elle abrite aujourd'hui retrace avec brio l'épopée de Nice au dix-neuvième siècle, depuis le rattachement de 1860 jusqu'aux fastes du Carnaval. Parmi les trésors inestimables exposés figurent le masque mortuaire de Napoléon Bonaparte réalisé à Sainte-Hélène par le docteur Antommarchi et le diadème de nacre de l'impératrice Joséphine. Les hautes baies vitrées cadrent une vue somptueuse sur la mer et les allées bordées de cyprès. Ce palais princier aux volumes somptueux constitue le miroir le plus éclatant de l'alliance historique entre le prestige des grandes campagnes militaires impériales et la douceur de vivre raffinée de la villégiature azuréenne.
Admirez la frise sculptée de la façade sud: ses bas-reliefs célèbrent la paix et les arts sous le ciel bienveillant de la Méditerranée avec un raffinement classique saisissant.
Le prince d'Essling fit don de la villa et de son parc à la ville de Nice en 1919 à la condition expresse qu'elle devienne un musée gratuit et ouvert à tous les citoyens.
Le diadème en perles et nacre de l'impératrice Joséphine fut offert par Napoléon en 1800 pour célébrer la victoire militaire de Marengo lors de la deuxième campagne d'Italie.
Faites quelques pas vers l'est pour contempler la célèbre coupole rose de l'Hôtel Negresco.
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5. Hôtel Negresco
Promenade des Anglais 37, 06000 Nice, France
Levez les yeux vers la coupole rose bonbon de l'Hôtel Negresco, le palace le plus mythique de toute la Côte d'Azur et sentinelle iconique de la Promenade des Anglais. Inauguré avec un faste inouï en janvier 1913 par Henri Negresco, fils d'un aubergiste roumain monté à Paris avant de conquérir Nice, cet hôtel monumental fut dessiné par l'architecte Édouard-Jean Niermans dans un style éclectique flamboyant mariant le néoclassicisme français aux audaces de la Belle Époque. Sous la majestueuse verrière du salon royal, attribuée aux ateliers de Gustave Eiffel, trône un gigantesque lustre en cristal de Baccarat commandé par le tsar Nicolas II, dont le jumeau ornait le palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg. Tout au long du vingtième siècle, sous la conduite passionnée de son emblématique propriétaire Jeanne Augier, le palace s'est transformé en un musée vivant abritant plus de six mille œuvres d'art authentiques, mêlant portraits royaux de Hyacinthe Rigaud aux sculptures cinétiques de Niki de Saint Phalle. Des têtes couronnées aux artistes de légende comme Salvador Dalí ou les Beatles, le monde entier a franchi ce hall féerique où le luxe hôtelier s'érige en art total.
Observez la coupole d'angle: la légende raconte que ses formes généreuses furent inspirées à Niermans par la silhouette voluptueuse de la belle courtisane Caroline Otero lors de ses séjours sur la côte.
Dès l'automne 1914, le palace flambant neuf fut réquisitionné pour être transformé en hôpital militaire temporaire accueillant les blessés du front de la Première Guerre mondiale.
Le somptueux portrait officiel en pied de Louis XIV peint par Hyacinthe Rigaud dans le salon royal est une version originale d'époque contemporaine de celle conservée au château de Versailles.
Poursuivez votre marche vers l'est sur la Promenade des Anglais pour admirer la façade Art déco du Palais de la Méditerranée.
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6. Palais de la Méditerranée
Promenade des Anglais 13, 06000 Nice, France
Arrêtez-vous devant le monumental fronton blanc du Palais de la Méditerranée, chef-d'œuvre absolu de l'architecture Art déco sur les rivages de la Méditerranée. Financé par le richissime homme d'affaires américain Frank Jay Gould et son épouse Florence pour concurrencer le casino de Monte-Carlo, ce gigantesque complexe de loisirs fut inauguré en janvier 1929 dans une débauche de luxe et de modernité technique. Les architectes Charles et Marcel Dalmas conçurent une façade colossale en béton armé et marbre blanc d'une pureté saisissante, rythmée par neuf immenses arcades cintrées surplombant la promenade. Les majestueux bas-reliefs sculptés par Antoine Sartorio sur l'attique figurent des chevaux marins bondissant hors de l'écume et des divinités océaniques escortant le char de Neptune. Le casino abritait autrefois un théâtre à l'italienne somptueux, des restaurants gastronomiques et des salons de baccara où les fortunes de l'entre-deux-guerres se jouaient en quelques lancers de dés. Après une longue fermeture et la démolition tragique de ses espaces intérieurs en 1990, sa façade emblématique fut miraculeusement sauvée et restaurée pour accueillir un luxueux hôtel contemporain. Ce temple grandiose de marbre blanc et de fête balnéaire incarne avec une rare intensité dramatique toute l'ivresse joyeuse des Années folles et du luxe cosmopolite sur la Riviera.
Contemplez les chevaux marins sculptés par Sartorio: la puissance nerveuse des sabots et le jaillissement des crinières marines illustrent le génie de la sculpture monumentale des années 1930.
L'inauguration en 1929 mobilisa des avions qui larguèrent des milliers d'œillets sur la mer tandis qu'un orchestre symphonique accueillait les princes européens et les vedettes de cinéma.
L'écrivain Max Gallo mena un combat acharné avec des comités citoyens dans les années 1980 pour faire classer la façade et empêcher sa destruction totale par des promoteurs immobiliers.
Traversez vers la promenade piétonne côtière pour vous asseoir devant les célèbres chaises bleues face aux vagues.
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7. Promenade des Anglais et Chaises Bleues
Promenade des Anglais face à la rue de Rivoli, 06000 Nice, France
Asseyez-vous sur l'une des célèbres chaises bleues alignées face à la mer et laissez vos pensées dériver au rythme du clapotis régulier des vagues sur les galets ronds. Née dans les années 1820 sous le nom modeste de Camin dei Anglés, cette promenade maritime fut tracée à l'initiative du révérend anglican Lewis Way et de la colonie britannique hivernante, qui financèrent les premiers travaux de terrassement pour donner du travail aux ouvriers et paysans niçois frappés par de dures famines. Au fil des décennies, le modeste sentier de deux mètres de large bordé de champs d'oliviers et de cabanes de pêcheurs est devenu cette avenue planétaire de sept kilomètres, bordée de palmiers royaux, de candélabres ouvragés et d'hôtels de légende. Les chaises bleues, apparues dans les années 1950 sous le crayon du designer Jean-Michel Wilmotte d'après les modèles forgés par Charles Tordo, sont devenues l'emblème poétique du repos méditerranéen. Les promeneurs du matin, les joggeurs infatigables et les amoureux contemplant le coucher du soleil s'approprient ce ruban d'asphalte où le spectacle de la nature transcende les époques. Respirez à pleins poumons l'air marin vivifiant et admirez ce ruban côtier légendaire qui a conquis pour l'éternité le cœur des voyageurs et poètes du monde entier.
Observez les teintes de la mer qui passent du vert émeraude au bleu cobalt profond selon l'inclinaison des rayons solaires sur les fonds marins de galets polis.
À l'origine, la location des chaises était gérée par des chaisières municipales qui percevaient quelques sous auprès des promeneurs pour les autoriser à s'asseoir face aux flots.
La Promenade des Anglais a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2021 au titre de la ville de villégiature d'hiver de la Riviera.
Avancez vers l'est le long du parapet jusqu'au monument du Centenaire bordant l'entrée du jardin Albert 1er.
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8. Monument du Centenaire 1893
Jardin Albert 1er côté Promenade, 06000 Nice, France
Approchez-vous du socle monumental du Monument du Centenaire, dressé à la lisière maritime du jardin Albert 1er face à l'horizon bleu de la baie des Anges. Érigé en 1896 sur les plans du sculpteur Félix-Adolphe Charpentier, ce mémorial triomphal en marbre blanc commémore le centenaire du premier rattachement de Nice à la République française proclamé en 1793 lors des guerres de la Révolution. Au sommet de l'imposant obélisque, une Victoire ailée en bronze déploie ses ailes avec fougue, tendant une couronne de laurier vers la ville. À la base du monument, un groupe sculpté saisissant met en scène la cité de Nice, personnifiée sous les traits d'une fière jeune femme méditerranéenne en costume traditionnel, prêtant serment d'allégeance et se donnant librement à la France républicaine couronnée d'un bonnet phrygien. Le monument fut inauguré en grande pompe par le président de la République Félix Faure lors des cérémonies patriotiques de 1896 qui scellèrent l'union civique du pays niçois à la nation. Les palmiers géants et les cyprès qui l'encadrent accentuent la théâtralité de ce carrefour monumental où se rencontrent l'histoire politique de la Provence et les rivages de la Riviera.
Examinez la délicatesse des traits de la jeune femme représentant Nice: son visage serein et son port noble symbolisent la fidélité passionnée du terroir azuréen à la patrie républicaine.
Les blocs de marbre blanc utilisés pour le monument proviennent des carrières royales de Carrare en Toscane, acheminés par felouques maritimes le long des côtes liguriennes.
Le rattachement définitif de Nice à la France n'eut lieu qu'en 1860 lors du traité de Turin signé entre Napoléon III et le roi Victor-Emmanuel II après un plébiscite populaire.
Pénétrez dans les allées ombragées du jardin Albert 1er vers le nord pour découvrir son kiosque à musique historique.
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9. Jardin Albert 1er et Kiosque à Musique
Jardin Albert 1er, 06000 Nice, France
Respirez la douceur ombragée des allées sinueuses du jardin Albert 1er, le plus ancien parc public de Nice aménagé dès 1828 sur les alluvions consolidées du cours du Paillon. Baptisé à l'origine jardin Paradis puis rebaptisé solennellement en hommage au courageux roi des Belges après la Première Guerre mondiale, ce vaste havre botanique déploie une collection végétale remarquable de palmiers canariens, de caroubiers séculaires, d'immenses eucalyptus odorants et de massifs de rosiers rares. Au cœur des massifs fleuris se dresse le ravissant Kiosque à musique octogonal inauguré en 1868, dont la toiture pagode en fonte ouvragée et les dentelles de fer forgé évoquent les fêtes galantes de la cour d'hiver niçoise. C'est sous ce pavillon gracieux que les fanfares militaires et les orchestres municipaux donnaient chaque dimanche des concerts de valses et d'opérettes très prisés des hivernants russes, anglais et austro-hongrois. Tout près de là, la grande fontaine des Trois Grâces sculpte des arabesques aquatiques parmi les nénuphars et les roseaux. Cet écrin végétal prestigieux relie avec une remarquable harmonie le littoral de la Méditerranée aux grands boulevards commerçants de la cité moderne, offrant aux citadins comme aux visiteurs une oasis de fraîcheur et de quiétude intemporelle au milieu de l'animation urbaine.
Levez la tête vers les magnifiques ferronneries du kiosque: les motifs végétaux de la toiture rappellent le savoir-faire virtuose des fonderies d'art du dix-neuvième siècle.
Le parc fut créé grâce au génie du botaniste et paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, collaborateur d'Alphand pour les grands parcs parisiens du baron Haussmann.
Les dames de l'aristocratie européenne assistaient aux concerts du kiosque protégées du soleil par de fines ombrelles en dentelle de Chantilly et de soie brodée.
Quittez le parc par le nord-ouest pour rejoindre les terrasses animées et les boutiques de la place Magenta.
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10. Place Magenta et Carré d'Or
Place Magenta, 06000 Nice, France
Goûtez à l'art de vivre raffiné de la place Magenta, épicentre piétonnier du prestigieux Carré d'Or où l'élégance parisienne rencontre la douceur méridionale. Entièrement réaménagée et rendue aux flâneurs, cette place baignée de soleil doit son nom à la victoire franco-piémontaise remportée en 1859 contre les armées autrichiennes lors de la campagne d'Italie. Les prestigieux immeubles bourgeois qui l'entourent présentent de superbes façades haussmanniennes en pierre de taille blonde dorée par le soleil, dotées de balcons filants en fer forgé ouvragé, de bow-windows raffinés et de toits mansardés en ardoise d'une sobre noblesse. Les terrasses de brasseries chics, les boutiques de haute joaillerie et les maisons de mode qui animent ce carrefour en font le rendez-vous favori de la clientèle cosmopolite contemporaine. Au centre de l'espace piétonnier, des bancs ombragés par des arbres de Judée invitent à contempler le ballet élégant des passants et des élégantes de la Riviera. C'est ici que bat le cœur commercial haut de gamme de Nice, où le luxe discret des grandes maisons côtoie la convivialité chaleureuse des cafés méridionaux. Prenez le temps de savourer un café parfumé sous les grands parasols en terrasse avant de poursuivre votre promenade vers les trésors spirituels et les calmes avenues résidentielles des quartiers adjacents.
Remarquez les détails architecturaux des façades d'angle: les coupoles d'ardoise et les cariatides sculptées rappellent avec panache les grands boulevards du Second Empire.
La rue Masséna qui prolonge la place fut la première grande artère commerçante de Nice à être entièrement piétonnisée avec succès dans les années 1970.
Le Carré d'Or s'est développé à la fin du dix-neuvième siècle sur d'anciens vergers d'agrumes vendus par des familles nobles pour loger l'aristocratie hivernante internationale.
Dirigez-vous vers le nord par la rue Alphonse-Karr pour rejoindre le sanctuaire de l'Église Réformée de Nice.
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11. Église Réformée de Nice
Boulevard Victor Hugo 21, 06000 Nice, France
Arrêtez-vous devant la silhouette néogothique élancée de l'Église Réformée de Nice, érigée le long du prestigieux boulevard Victor Hugo bordé de grands micocouliers séculaires. Inauguré en 1856 sous le règne de Victor-Emmanuel II grâce aux autorisations libérales accordées par la monarchie piémontaise, ce temple protestant fut l'un des premiers lieux de culte non catholiques autorisés à s'élever publiquement dans le comté de Nice. L'architecte suisse Ferdinand Zehender conçut avec un sens aigu des proportions un édifice sobre et harmonieux en pierre de taille claire, doté d'une haute flèche ajourée s'élevant vers le ciel, de grandes baies brisées et d'une élégante rosace ciselée directement inspirée des églises gothiques médiévales d'Europe du Nord. À l'intérieur, la nef dépouillée ornée de voûtes d'ogives sur croisée et d'une belle tribune d'orgue reflète la pureté spirituelle de la tradition réformée vaudoise et calviniste. Le temple accueillait les familles nobles suisses, allemandes, hollandaises et françaises qui passaient les mois d'hiver sur la côte pour soigner leur santé sous le climat tempéré de la baie. Ce sanctuaire protestant harmonieux et paisible témoigne avec une remarquable éloquence de la tradition précoce de tolérance spirituelle, d'ouverture culturelle et d'accueil cosmopolite qui forgea le rayonnement universel de Nice bien avant son rattachement politique à la France.
Observez la finesse des meneaux de pierre sculptés dans la façade: ils confèrent à l'édifice une légèreté ascensionnelle remarquable au milieu des grands immeubles bourgeois riverains.
Le terrain fut acquis grâce aux souscriptions internationales de résidents fortunés menés par des pasteurs dévoués venus des vallées vaudoises du Piémont occidental.
Le célèbre botaniste et écrivain Alphonse Karr, pionnier du commerce moderne des fleurs à Nice, fréquentait assidûment les cérémonies dominicales de ce temple protestant.
Pénétrez vers l'ouest dans le calme élégant du quartier des Musiciens en suivant la rue Meyerbeer.
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12. Rue Meyerbeer et Quartier des Musiciens
Rue Meyerbeer angle rue Rossini, 06000 Nice, France
Concluez cette splendide traversée architecturale à l'angle de la rue Meyerbeer et de la rue Rossini, au centre du légendaire quartier des Musiciens. Aménagé à la fin du dix-neuvième siècle sur d'anciens vergers et jardins maraîchers, ce quartier résidentiel huppé rend hommage aux plus illustres compositeurs européens de la musique classique et lyrique: Rossini, Verdi, Mozart, Gounod, Berlioz, Offenbach et Paganini. Les avenues ombragées de grands platanes et de palmiers d'ornement déploient un extraordinaire catalogue de l'architecture éclectique de la Riviera: des immeubles Belle Époque aux façades richement ornées de corniches à denticules, des rotondes d'angle théâtrales coiffées de dômes de zinc et des palais Art déco aux ferronneries géométriques étincelantes. De nombreux virtuoses et mélomanes résidèrent dans ces calmes demeures bourgeoises, séduits par la douceur de vivre méditerranéenne et la proximité immédiate de l'Opéra et des salons musicaux des grands hôtels. Notre périple s'achève au cœur de cette symphonie de pierre et de stuc qui célèbre les arts et la modernité d'une capitale de villégiature sans égale. Nice révèle ici son harmonie la plus sereine, où chaque carrefour résonne du souvenir des grands maîtres qui ont célébré la lumière de la Côte d'Azur.
Levez les yeux vers les dômes d'ardoise et de zinc qui ornent les immeubles d'angle: leur silhouette aérienne évoque les plus beaux quartiers de Vienne et de Paris.
Le virtuose du violon Niccolò Paganini vécut ses derniers jours à Nice non loin d'ici, s'éteignant en 1840 dans un hôtel particulier de la rue de la Préfecture.
De nombreuses façades du quartier dissimulent des jardins intérieurs secrets ornés de fontaines de marbre où les musiciens donnaient des récitals privés en soirée.
En refermant cette promenade dans ce quartier où l'urbanisme et l'harmonie musicale s'unissent pour l'éternité, nous saluons l'élégance immortelle de Nice, cité des arts et de la lumière qui a su accueillir et inspirer les plus grands créateurs de l'histoire.