Bayou Saint-Jean et City Park : voies d'eau sacrées et chênes centenaires

Du pont Magnolia et de la Maison Pitot à NOMA, au jardin de sculptures et aux Chênes des Duels

New Orleans · 12 stops · 29 min audio · Generated

  1. 1. Pont Magnolia de 1908 et histoire indigène du bayou Saint-Jean

    1000 Harding Dr, New Orleans, LA 70119, United States

    Commencez votre voyage à la découverte des cours d'eau sacrés et des parcs séculaires de La Nouvelle-Orléans sur le pont Magnolia, enjambant les eaux calmes du bayou Saint-Jean. Bâti en 1908 comme pont tournant en fer pour les tramways électriques de quartier, puis converti en 1936 en une gracieuse passerelle piétonne bordée de bois, cet ouvrage d'art métallique—souvent appelé pont Cabrini en mémoire de l'école voisine de Mère Cabrini—enjambe l'une des artères fluviales les plus décisives de toute l'histoire de l'Amérique du Nord.

    Pourquoi ce bayou est-il si capital ? La cité n'existerait pas sans lui: bien avant l'arrivée des Européens, les nations amérindiennes Choctaw, Bayougoula et Houma empruntaient cette voie navigable naturelle pour relier le lac Pontchartrain au delta du Mississippi.

    Lorsque les explorateurs français Pierre Le Moyne d'Iberville et Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville explorèrent la région en 1699, des guides autochtones les guidèrent sur ce bayou paisible. Un court sentier de portage à travers les herbes hautes permettait de rejoindre le fleuve sans affronter les remous dangereux de l'embouchure maritime. Quand Bienville fonda La Nouvelle-Orléans en 1718, il choisit précisément cet emplacement en raison de ce portage millénaire. Aujourd'hui, les berges ombragées par des cyprès chauves moussus et des saules pleureurs accueillent les kayakistes et les familles venues pique-niquer sous la brise. Sur l'eau claire glissent des pélicans bruns, des aigrettes blanches et de grands hérons bleus chassant parmi les iris d'eau en fleur.

    Accoudé au garde-corps métallique alors que les libellules dansent au ras de l'eau dorée par le soleil, vous communiez avec des millénaires d'histoire fluviale et d'échanges amérindiens. Ce bayou verdoyant est le véritable berceau géographique de La Nouvelle-Orléans.

    Longez la berge vers le nord en empruntant la rue Moss jusqu'à la façade créole de la Maison Pitot.

  2. 2. Maison Pitot et mémoire du premier maire américain élu

    1440 Moss St, New Orleans, LA 70119, United States

    Arrêtez-vous devant les galeries superposées de la Maison Pitot au 1440 de la rue Moss, l'un des spécimens d'architecture de plantation antillaise les plus précieux et complets de Louisiane. Construite vers 1799 par le maître d'œuvre Robert Jones pour le négociant Don Bartolome Bosque pendant l'époque coloniale espagnole, cette élégante maison de campagne servait de maison de plaisance suburbaine où les familles aisées trouvaient refuge loin des miasmes et de la touffeur du Vieux Carré.

    Observez son ingénieux système constructif: le rez-de-chaussée est bâti en briques fluviales solides, tandis que l'étage noble recourt au bousillage traditionnel—un mortier de boue du fleuve, de mousse espagnole et de coquilles pilées coulé entre d'épaisses poutres de cyprès.

    En 1810, la demeure fut acquise par James Pitot, magistrat et négociant né en Normandie qui écrivit l'histoire civique en 1804 en devenant le tout premier maire élu de la ville nouvellement incorporée de La Nouvelle-Orléans sous souveraineté américaine. Pitot pilota l'intégration des lois américaines avec les coutumes civiles françaises, institua le premier corps de police municipale et consolida les institutions républicaines. La maison est meublée d'antiquités créoles d'époque, de commodes fédérales et de toiles de maîtres du début du dix-neuvième siècle. Le jardin à parterres réguliers restauré met en valeur des haies d'agrumes coloniaux, des rosiers créoles anciens, des carrés d'herbes médicinales et des buissons de faux-olivier odorants. Sauvée de la démolition dans les années 1960 par la Société des Sites Historiques de Louisiane, elle sert aujourd'hui de musée et de centre d'interprétation patrimoniale.

    Depuis la large galerie haute contemplant les reflets argentés du bayou Saint-Jean, on appréhende la douceur pastorale de la vie seigneuriale créole d'autrefois. La Maison Pitot est un chef-d'œuvre intact d'art de vivre d'avant la guerre de Sécession.

    Poursuivez vers le nord sur la rue Moss vers l'ancienne douane espagnole au coude du bayou.

  3. 3. Ancienne douane espagnole sur le bayou Saint-Jean

    1300 Moss St, New Orleans, LA 70119, United States

    Découvrez la silhouette ombragée de l'Ancienne Douane Espagnole au 1300 de la rue Moss, dressée à un coude stratégique du bayou Saint-Jean. Réputée selon une solide tradition locale avoir servi à la fin du dix-huitième siècle de poste de douane pour la couronne d'Espagne afin de contrôler le trafic des navires marchands venant du lac Pontchartrain, cette ravissante maison créole fut construite vers 1784 par le colon Jean-Baptiste Lorreins, dit Tarascon, se classant parmi les plus anciennes habitations privées de Louisiane.

    Observez sa toiture à double bris en croupe: ce profil antillais remarquable projette de profondes avancées de toit à plus de trois mètres au-delà des murs, abritant les galeries du soleil torride tout en canalisant les averses tropicales torrentielles.

    À l'époque espagnole, toutes les goélettes marchandes et pirogues chargées de vin de Bordeaux, d'huile d'olive d'Andalousie, de rhum des Caraïbes et d'épices devaient marquer l'arrêt à ce poste pour acquitter les droits de douane royaux avant de remonter la route du bayou vers la ville fortifiée. Les contrebandiers liés aux frères Lafitte tentaient régulièrement de contourner cette surveillance en empruntant les marécages voisins sous le couvert de l'obscurité. La propriété conserve d'admirables poutres en cyprès taillées à la hache, des cheminées de briques d'origine hourdées à la chaux de coquilles d'huîtres et un soubassement surélevé. Nichée sous de vénérables chênes vivaces et des buissons d'azalées en fleurs, elle évoque le charme bucolique qui régnait le long des cours d'eau avant l'essor du quartier suburbain.

    En effleurant les barrières de bois blanchies sous la brise tiède, on s'imagine les marins hispaniques hissant leurs voiles après avoir acquitté leurs taxes devant les officiers du roi Charles trois. C'est une page d'histoire coloniale vivante.

    Empruntez l'avenue City Park vers l'ouest pour franchir les pylônes majestueux de City Park.

  4. 4. Entrée d'honneur de City Park et allée de chênes Lelong

    1 Palm Dr, New Orleans, LA 70124, United States

    Franchissez les imposants piliers de pierre de l'Entrée d'honneur de New Orleans City Park, où la majestueuse allée Lelong déploie sa symétrie classique en direction du musée d'art. Développant cinq cent vingt hectares de forêts subtropicales, de bayous sinueux, de lagons romantiques et de jardins entretenus, City Park est officiellement cinquante pour cent plus étendu que Central Park à New York, figurant parmi les plus anciens, vastes et admirés parcs urbains municipaux de toute l'Amérique du Nord.

    Levez les yeux le long de la double colonnade végétale de l'avenue Lelong: cette allée d'honneur est plantée de chênes vivaces colossaux dont les ramures se rejoignent au firmament pour forger une voûte cathédrale de feuillage drapée de mousse espagnole.

    Le parc tire son origine de l'ancienne plantation sucrière coloniale de Don Louis Allard au milieu du dix-neuvième siècle. À la suite de revers de fortune, Allard dut céder ses terres en 1845 au richissime philanthrope John McDonogh, qui légua ce domaine à la municipalité pour en faire un bien récréatif public. Officiellement inauguré en 1891, le parc connut une métamorphose spectaculaire pendant la Grande Dépression des années 1930 grâce aux chantiers du New Deal de la Works Progress Administration, qui mobilisèrent plus de vingt mille travailleurs pour creuser les lagons, édifier des ponts de pierre et planter des milliers d'arbres. Le parc abrite aujourd'hui la plus grande collection de chênes vivaces matures de la planète, avec plus de trente mille spécimens dont certains dépassent huit cents ans d'âge.

    Marcher sous la voûte d'émeraude de l'allée Lelong tandis que le soleil filtre à travers la mousse grise vers le bassin d'eau est une expérience grandiose. City Park est le poumon vert et la couronne végétale de La Nouvelle-Orléans.

    Avancez le long de l'avenue Lelong vers le portique majestueux du New Orleans Museum of Art.

  5. 5. Musée d'Art de La Nouvelle-Orléans et legs d'Isaac Delgado

    1 Collins Diboll Cir, New Orleans, LA 70124, United States

    Arrêtez-vous devant le péristyle néoclassique immaculé du New Orleans Museum of Art, universellement désigné par son acronyme NOMA. Inauguré en décembre 1911 sous le nom d'Isaac Delgado Museum of Art, ce majestueux palais des beaux-arts fut conçu par les architectes de Chicago Lebenbaum et Marx pour évoquer la pureté des temples grecs antiques, déployant un portique d'honneur à colonnes ioniques cannelées, des balustrades solennelles et un perron de marbre flanqué de palmiers royaux.

    L'institution vit le jour grâce à la générosité d'Isaac Delgado, négociant en sucre juif d'origine jamaïcaine arrivé sans le sou à La Nouvelle-Orléans, qui légua son immense fortune pour bâtir un sanctuaire des arts accessible à tous les citoyens.

    Doyen des musées des beaux-arts de la cité, NOMA conserve une collection permanente de plus de quarante mille chefs-d'œuvre retraçant cinq millénaires de création artistique. Le musée est réputé pour ses peintures de la Renaissance italienne, ses toiles de maîtres français et américains, ses sculptures précolombiennes et ses bronzes d'Afrique subsaharienne. L'institution compte parmi ses plus illustres trésors des toiles d'Edgar Degas, qui résida dans sa famille créole à La Nouvelle-Orléans en 1872 et y peignit son célèbre tableau « Le Bureau de coton à La Nouvelle-Orléans ». Le musée abrite également la plus riche collection d'œufs impériaux et d'orfèvrerie Fabergé du Sud américain, ainsi que des toiles prestigieuses signées Claude Monet, Pablo Picasso et Jackson Pollock. Ses galeries lumineuses ouvrent sur de grandes verrières cadrant les étangs bordés de cyprès chauves, instaurant un dialogue harmonieux entre les trésors des maîtres universels et la nature louisianaise.

    La silhouette marmoréenne de ce temple classique se reflétant dans le miroir d'eau du lagon inspire un sentiment d'harmonie souveraine. NOMA incarne la passion culturelle et le rayonnement intellectuel de La Nouvelle-Orléans.

    Pénétrez dans le jardin contigu pour explorer le jardin de sculptures Sydney et Walda Besthoff.

  6. 6. Jardin de sculptures Sydney et Walda Besthoff

    1 Collins Diboll Cir, New Orleans, LA 70124, United States

    Pénétrez par la grille de verre contemporaine dans le Sydney and Walda Besthoff Sculpture Garden, unanimement classé par les critiques internationaux parmi les plus remarquables parcs de sculptures modernes en plein air du monde entier. Ouvert en 2003 et magnifiquement étendu en 2019 pour couvrir près de cinq hectares de verdure, ce paysage d'exception réussit une osmose féerique entre les sculptures contemporaines monumentales et la nature marécageuse des lagons du bayou Metairie.

    Observez la communion magique de l'art et du paysage: des sculptures imposantes en bronze, acier, verre et granit se reflètent dans les eaux sombres des canaux, sous la mousse espagnole qui pend d'arbres plusieurs fois centenaires.

    Le domaine rassemble plus de quatre-vingt-dix œuvres d'artistes parmi les plus éminents du vingtième et du vingt-et-unième siècle, parmi lesquels Auguste Rodin, Henry Moore, Louise Bourgeois, Fernando Botero, Barbara Hepworth et Frank Stella. Parmi les pièces les plus admirées figure la célèbre sculpture « LOVE » de Robert Indiana aux lettres d'acier rouge et bleu, ainsi que l'incroyable colonne « Karma » de l'artiste Do-Ho Suh, composée d'une tour ascendante de figures d'acier poli juchées sur les épaules les unes des autres s'élevant à sept mètres de hauteur. L'extension récente signée par l'agence Reed Hilderbrand a ajouté un canal écologique novateur, un amphithéâtre extérieur et une passerelle suspendue primée pour son respect des écosystèmes humides. Des sentiers de gravier blanc permettent d'appréhender les sculptures sous tous les angles dans une paix absolue.

    Voir une aigrette blanche d'Amérique se poser délicatement auprès d'un bronze moderne au bord de l'eau résume la poésie incomparable de ce lieu. Ce jardin offre une communion sublime entre génie humain et beauté sauvage.

    Suivez le sentier ombragé longeant le lagon vers le nord-est pour saluer le vénérable Chêne McDonogh.

  7. 7. Le chêne séculaire McDonogh et le bosquet sacré

    Dreyfous Dr, New Orleans, LA 70124, United States

    Contemplez avec vénération la ramure monumentale du Chêne McDonogh, officiellement reconnu comme le plus vieil être vivant de toute la métropole de La Nouvelle-Orléans. Les dendrologues et forestiers experts estiment l'âge de ce colosse végétal—un chêne vivace de l'espèce Quercus virginiana—entre sept cents et huit cents ans, ce qui signifie que cet arbre prodigieux était déjà un vigoureux jeune chêne au treizième siècle, bien avant les grandes navigations ou l'arrivée des premiers Européens sur le continent.

    Ses dimensions physiques forcent le respect: le tronc développe une circonférence imposante de près de huit mètres, tandis que ses branches horizontales déploient une envergure totale de plus de quarante mètres, touchant le sol avant de remonter vers le ciel.

    Le bois du chêne vivace est d'une densité prodigieuse: au dix-neuvième siècle, il était très recherché pour la construction navale militaire, car les boulets de canon rebondissaient sur la coque en chêne de Géorgie de la frégate USS Constitution. Ces arbres sempervirents conservent leur feuillage toute l'année et développent un système racinaire en pivot si profond qu'ils résistent aux cyclones dévastateurs qui déracinent les arbres ordinaires. Baptisé en mémoire du philanthrope John McDonogh, cet arbre vénérable est le doyen de l'Old Grove de City Park, une futaie sacrée de chênes séculaires qui réchappèrent miraculeusement aux déboisements et aux tempêtes. Sous ses branches couvertes d'orchidées sauvages et de fougères de la résurrection, l'air ambiant gagne une fraîcheur immédiate, offrant un répit bienfaisant dans la moiteur subtropicale.

    Poser la main sur l'écorce rugueuse et moussue du Chêne McDonogh permet de toucher la mémoire des siècles profonds. Ce colosse silencieux a veillé sur les chasseurs amérindiens, les colons français et des générations d'enfants depuis le Moyen Âge.

    Descendez vers le sud-est le long de l'allée Dreyfous vers la clairière chargée d'histoire des Chênes des Duels.

  8. 8. Les Chênes des Duels et code d'honneur chevaleresque créole

    Dreyfous Dr & Anseman Ave, New Orleans, LA 70124, United States

    Faites une halte dans la lumière tamisée des Chênes des Duels le long de l'allée Dreyfous, un sous-bois hanté par les traditions dramatiques de la chevalerie créole du dix-neuvième siècle. Ici, sous les ramures séculaires de deux chênes géants de l'ancienne plantation Allard, des centaines de jeunes aristocrates créoles, d'officiers et de maîtres d'armes se retrouvèrent à l'aube entre 1800 et 1890 pour réparer sur le champ d'honneur les offenses faites à leur réputation.

    Il est difficile d'imaginer aujourd'hui que dans les années 1830, pas un jour ne s'écoulait sans duel sous ces arbres; les gazettes de l'époque relataient parfois jusqu'à dix rencontres sanglantes en une seule matinée dominicale.

    Le code d'honneur créole, inspiré directement du Code Duello français, était d'une rigueur absolue: un mot maladroit lors d'un bal d'opéra, une querelle électorale ou un simple froissement de manche sur le trottoir exigeaient une réparation par le sang. Les duels se déroulaient selon un cérémonial scrupuleux sous le contrôle de témoins, de chirurgiens et d'arbitres d'armes. Alors que les Anglo-Américains préféraient le pistolet à percussion ou le poignard bowie, les Créoles tenaient à la colichemarde ou à la rapière française, cherchant à tirer le « premier sang » plutôt qu'à donner la mort. Des fines lames légendaires comme Pepe Llulla, qui sortit indemne de plus de vingt duels, ou Basile Croquère, maître d'armes libre de couleur admiré, officiaient régulièrement ici. Vers 1890, l'adoption de lois pénales strictes interdisant le duel mit un terme définitif à ces combats de l'aurore.

    Dans le silence recueilli de ce bosquet où le vent fait doucement danser la mousse espagnole, la passion fiévreuse du dix-neuvième siècle louisianaise ressurgit avec force. Ces chênes furent les confidents d'une époque où l'honneur valait plus que l'existence.

    Gagnez la colonnade néoclassique du Péristyle de City Park en bordure du bayou Metairie.

  9. 9. Le Péristyle néoclassique et lagon du bayou Metairie

    42 Dreyfous Dr, New Orleans, LA 70124, United States

    Approchez-vous de la colonnade étincelante du Péristyle de City Park, dressée avec grâce sur la rive méridionale du bayou Metairie. Bâti en 1907 d'après les dessins des architectes louisianais Paul Andry et Eugene Bendernagel dans la lignée du grand mouvement d'embellissement urbain « City Beautiful », ce pavillon néoclassique ouvert fut conçu pour offrir aux citadins un sanctuaire champêtre dédié aux concerts symphoniques, aux bals populaires et aux réceptions patriotiques.

    Contemplez son reflet dans l'eau sombre: avec ses vingt-quatre colonnes ioniques cannelées, son entablement mouluré et son stuc blanc immaculé, le Péristyle ressemble à un temple grec antique flottant au milieu des nénuphars subtropicaux.

    Au début du vingtième siècle, le Péristyle constituait le centre mondain le plus couru de tout le parc: les orchestres de cuivres y jouaient valses, polkas et ragtimes entraînants depuis le kiosque de bois, tandis que les couples dansaient sur le pavement de mosaïque. Des familles louaient des barques et canoës au débarcadère voisin pour se laisser porter au fil de l'eau au son des fanfares lointaines. Quatre lions sculptés en pierre gardent les marches d'accès avec une majesté impassible. Le soir venu, les reflets argentés de la lune sur les eaux du bayou enveloppent la colonnade d une aura féerique, rappelant les décors romantiques des grandes toiles pastorales du dix-neuvième siècle. Inscrit au Registre National des Lieux Historiques, le monument demeure aujourd'hui l'un des joyaux photographiques les plus prisés de la ville, accueillant mariages et cours de yoga en plein air à l'ombre bienveillante des saules pleureurs et des cyprès chauves.

    Debout sous la colonnade immaculée face aux nénuphars du bayou, la pureté des lignes classiques et la luxuriance aquatique s'épousent dans une harmonie parfaite. C'est l'un des plus émouvants hommages à la beauté démocratique offerte à tous les citadins.

    Dirigez-vous vers le sud le long de l'avenue Victory vers l'entrée du Jardin botanique de La Nouvelle-Orléans.

  10. 10. Jardin botanique de 1936 et sculptures Art déco d'Enrique Alférez

    5 Victory Ave, New Orleans, LA 70124, United States

    Franchissez les grilles ouvragées du Jardin botanique de La Nouvelle-Orléans au numéro 5 de l'avenue Victory, salué comme l'une des réalisations horticoles et artistiques publiques les plus intactes créées par la Works Progress Administration des années 1930. Inauguré en 1936 sous le nom de Roseraie de City Park, ce domaine paysager de cinq hectares fut conçu en étroite collaboration par l'architecte Richard Koch et le sculpteur mexicain Enrique Alférez.

    Observez les sculptures en pierre et en bronze qui ponctuent les allées: presque toutes ces œuvres Art déco remarquables furent taillées par Enrique Alférez, l'artiste d'honneur des chantiers du New Deal en Louisiane.

    Né au Mexique en 1901, Alférez fuit la révolution mexicaine adolescent, étudia la sculpture à Chicago auprès de Lorado Taft et s'établit à La Nouvelle-Orléans en 1929, devenant le sculpteur public le plus prolifique de la cité pendant sept décennies. On lui doit dans ce jardin le groupe sculptural en calcaire « Le Fils prodigue », la fontaine de bronze « Le Triangle » ainsi que d'admirables bas-reliefs ornant les façades des pavillons figurant la flore et les travailleurs louisianais. Le jardin rassemble aujourd'hui plus de deux mille variétés de végétaux du monde entier, dont un splendide jardin japonais orné de carpes koï, une serre de forêt tropicale humide, des parterres de sauges médicinales et une roseraie historique. Le Pavillon des Deux Sœurs arbore des linteaux de calcaire sculptés main et une charpente de cyprès surplombant des broderies de buis.

    Déambuler au milieu des gardénias en fleurs tout en admirant la pureté géométrique des bronzes Art déco d'Alférez procure une joie esthétique profonde. Ce jardin perpétue l'alliance exemplaire des arts et de la botanique publique des années trente.

    Rejoignez l'entrée colorée du parc d'attractions voisin de Carousel Gardens.

  11. 11. Manège historique des Chevaux Volants de 1906

    7 Victory Ave, New Orleans, LA 70124, United States

    Pénétrez sous le pavillon circulaire de Carousel Gardens pour vous émerveiller devant le joyau du parc récréatif: son authentique carrousel en bois de 1906, universellement désigné par les enfants et familles de La Nouvelle-Orléans sous le nom affectueux des « Chevaux Volants ». Préservé à l'intérieur d'une rotonde vitrée centenaire, ce chef-d'œuvre de l'art forain fonctionne sans interruption depuis plus d'un siècle pour le ravissement des générations successives.

    Observez les figures sculptées: inscrit au Registre National des Lieux Historiques, cet ouvrage compte parmi la centaine seulement de carrousels antiques en bois sculptés à la main encore en état de marche aux États-Unis.

    Façonnés en 1906 par le grand sculpteur Charles Looff de Brooklyn et complétés par la célèbre Philadelphia Toboggan Company (numéro 48), les cinquante-six sujets sont taillés dans le bois de tilleul massif avec de véritables crinières de cheval, des yeux de verre expressifs et des brides garnies de strass étincelants. Aux côtés des fiers coursiers cabrés, les cavaliers peuvent enfourcher un lion rugissant, une girafe élancée, un chameau d'Orient et un fabuleux dragon de mer aux écailles dorées. Un authentique orgue mécanique Wurlitzer numéro cent cinquante-trois rythme les rotations, ses tuyaux de cuivre et ses tambours égrenant des marches joyeuses, des valses d'époque et des ragtimes entraînants. Tout autour de la rotonde, un petit train diesel miniature sur voie étroite emmène les visiteurs faire le tour des lagons fleuris depuis les années 1940. Les panneaux peints à la main sur la corniche du carrousel représentent des paysages de bayous, des bateaux à aubes et des saynètes bucoliques qui célèbrent le folklore de la basse Louisiane.

    Entendre la mélodie cristalline de l'orgue Wurlitzer tandis que les montures de bois sculpté tourbillonnent sous les miroirs dorés éveille une nostalgie d'enfance enchanteresse. Ce carrousel est un trésor vivant de l'art populaire américain.

    Gagnez l'avenue City Park vers le sud-ouest jusqu'au terminus du tramway de Carrollton.

  12. 12. Terminus du tramway de Carrollton Avenue dans Mid-City

    City Park Ave & N Carrollton Ave, New Orleans, LA 70119, United States

    Concluez votre découverte bucolique des bayous et des parcs de La Nouvelle-Orléans au carrefour animé de l'avenue City Park et de l'avenue North Carrollton. Ici, au seuil méridional du grand parc où les frondaisons séculaires rejoignent le quartier populaire et verdoyant de Mid-City, s'arrête la ligne de tramway de Canal Street et City Park, l'un des itinéraires ferroviaires les plus pittoresques et appréciés de la cité.

    Observez les motrices électriques rouge rubis qui stationnent sur la boucle de retournement: à la différence des tramways vert sombre de la ligne Saint Charles, ces rames arborent une livrée rouge éclatante, évoquant l'élégance des voitures Perley Thomas des années 1920.

    Le tramway électrique atteignit City Park dès 1890, permettant aux familles ouvrières du Vieux Carré et des quais du fleuve de venir profiter facilement de ce vaste domaine récréatif. Si les rails de la rue Canal furent démantelés en 1964 au profit d'autobus diesel, la municipalité célébra une éclatante renaissance ferroviaire en 2004 en reconstruisant et en rouvrant intégralement cette ligne historique après quarante ans d'éclipse. De l'autre côté de l'avenue se dressait l'ancienne maison de café Morning Call, réputée pour ses beignets saupoudrés de sucre glace et son café au lait chaud depuis 1870. En contemplant l'avenue Carrollton, le large terre-plein central engazonné est bordé de maisons shotgun en cyprès, de boulangeries créoles et de tavernes de quartier où les habitants aiment se retrouver après une journée au parc.

    Assis sous les branches des chênes au doux cliquetis du tramway rouge prêt à regagner le centre-ville, on apprécie la symbiose parfaite entre transports historiques, nature généreuse et convivialité urbaine. La Nouvelle-Orléans sait marier le charme d'autrefois au confort de chaque jour.

    Montez à bord du tramway rouge pour un voyage panoramique vers la rue Canal ou dégustez de savoureux beignets créoles.