Les Berges du Rhône et le Parc de la Tête d'Or: Rives Fluviales, Serres et Roseraie
Du Pont de la Guillotière au Grand Lac et aux trésors botaniques du poumon vert de Lyon
Lyon · 12 stops · 29 min audio · Generated
-
1. Pont de la Guillotière et Quais Fluviaux du Rhône
Pont de la Guillotière 1, 69007 Lyon, France
Prenez position à la tête orientale du Pont de la Guillotière, le pont historique le plus ancien et le plus chargé de légendes fluviales de toute l'agglomération lyonnaise. Établi dès la fin du douzième siècle pour franchir les flots tumultueux et capricieux du Rhône, ce pont médiéval de plus de vingt arches de pierre était le seul point de passage fixe permettant aux marchands et pèlerins de relier Lyon à l'Italie, à la Savoie et à la Provence à travers le faubourg indépendant de la Guillotière. Souvent endommagé par les violentes crues alpines du fleuve, l'ouvrage fut reconstruit et modernisé en 1953 sous la forme d'un élégant pont en arc métallique à tablier surbaissé conçu par l'ingénieur André Mogaray, offrant une vue magistrale vers le nord sur la silhouette imposante du Grand Hôtel-Dieu et les clochers de la Presqu'île. À vos pieds commence la promenade des berges du Rhône, un vaste aménagement paysager piétonnier rendu aux Lyonnais en 2007. L'air vif du fleuve et le reflet bleu glacier des eaux alpines ouvrent une belle perspective.
Contemplez l'ampleur du fleuve Rhône: prenant sa source dans les glaciers suisses du Valais et traversant le lac Léman, le Rhône roule ici des eaux abondantes et puissantes, dont le débit impétueux fut dompté par des générations de mariniers et de constructeurs de digues.
Le onze octobre 1711, une effroyable bousculade nocturne se produisit sur le vieux pont médiéval au retour de la fête populaire de Saint-Denis-de-Bron: bloquée par un carrosse royal tombé en panne, la foule paniquée se précipita dans le vide, faisant plus de deux cents victimes tragiques.
Observez les larges gradins de granit aménagés au ras de l'eau: ces escaliers en amphithéâtre permettent aux promeneurs et cyclistes de s'asseoir au plus près du courant, illustrant la reconquête réussie du fleuve par la ville moderne.
Descendez sur la promenade basse des berges en marchant vers le nord jusqu'à la silhouette du Centre Nautique Tony Bertrand.
-
2. Berges du Rhône et Centre Nautique Tony Bertrand
Quai Claude Bernard 8, 69007 Lyon, France
Avancez le long des quais bas végétalisés des berges du Rhône pour admirer la silhouette emblématique du Centre Nautique Tony Bertrand, universellement connu des Lyonnais sous le nom de piscine du Rhône. Conçu par l'architecte en chef de la ville Alexandre Audouze-Tabourin et inauguré en 1965 dans le cadre de la candidature de Lyon aux Jeux Olympiques de 1968, cet équipement balnéaire moderniste frappe par son audacieux pylône en béton précontraint haut de soixante-huit mètres, qui soutient par des haubans d'acier les passerelles suspendues et les gradins du grand bassin olympique extérieur de cinquante mètres. Les nageurs s'y entraînent toute l'année dans une eau chauffée à vingt-sept degrés, profitant d'une vue imprenable sur la façade classique du Grand Hôtel-Dieu et les toits de la Presqu'île sur la rive d'en face. Tout au long des berges se déploient des pistes cyclables continues, des jardins de roseaux et des terrasses de péniches amarrées. Le clapotis des flots accompagne la promenade dans une sérénité lumineuse.
Levez les yeux vers le pylône tripode en béton blanc: cette sculpture d'ingénierie moderniste visible depuis les deux rives du Rhône s'impose comme un signal architectural fort du vingtième siècle lyonnais, évoquant une immense voile de navire tournée vers le sud.
Les berges où vous marchez étaient occupées jusqu'au début des années 2000 par un gigantesque parking automobile à ciel ouvert de plus de mille cinq cents voitures, avant que la municipalité ne décide de transformer cette autoroute de goudron en parc linéaire écologique de cinq kilomètres.
Notez les pontons de bois et les noues végétalisées: ces bassins de filtration naturelle recueillent les eaux pluviales et favorisent le retour d'une faune fluviale variée, notamment des castors d'Europe et des martins-pêcheurs nichant le long du Rhône.
Poursuivez votre marche vers le nord le long du fleuve pour rejoindre les élégantes arches du Pont Lafayette.
-
3. Pont Lafayette et Portes Fluviales de la Rive Gauche
Quai Victor Augagneur 1, 69003 Lyon, France
Arrêtez-vous au pied des imposantes culées de pierre du Pont Lafayette, l'un des plus beaux ouvrages d'art métallique franchissant le fleuve Rhône à Lyon. Érigé en 1890 sur les plans de l'ingénieur César Normand pour remplacer un fragile pont suspendu en fil de fer construit en 1826 et emporté par plusieurs crues d'automne, ce pont à trois arches paraboliques en acier riveté s'étire sur plus de deux cent dix mètres de long. Les piles massives en maçonnerie de pierre de Porcieu-Amblagnieu sont ornées à leur sommet d'allégories sculptées monumentales célébrant la gloire maritime et industrielle de la Troisième République, tandis que les parapets arborent des candélabres ouvragés en fonte de fer. Le pont relie directement le quartier de la Préfecture du Rhône sur la rive gauche au cœur vibrant de la Rue Grenette sur la Presqu'île. En contrebas, la berge s'élargit en une promenade arborée de saules et de platanes où s'amarrent des péniches aménagées en librairies navigantes et cafés culturels. La perspective fluviale y est d'une grande noblesse.
Observez les lions ailés en bronze et les écussons sculptés sur les piles: ces motifs maritimes témoignent du soin décoratif exceptionnel apporté aux ouvrages de génie civil par la municipalité lyonnaise à la fin du dix-neuvième siècle.
Le pont fut baptisé en hommage au marquis de La Fayette, héros de la guerre d'indépendance des États-Unis et figure de la liberté, qui fut accueilli en triomphe par la population lyonnaise enthousiaste lors de son voyage mémorable de septembre 1829.
Lors de la Libération de Lyon en septembre 1944, les troupes d'occupation allemandes en retraite dynamitèrent presque tous les ponts de la ville: le Pont Lafayette fut le seul pont sur le Rhône dont la travée centrale put être rapidement rétablie pour laisser passer les blindés alliés.
Continuez vers le nord le long du fleuve pour atteindre la légère et gracieuse Passerelle du Collège.
-
4. Passerelle du Collège et Vue sur les Pentes
Quai Général Sarrail 14, 69006 Lyon, France
Montez sur le tablier de bois et d'acier de la Passerelle du Collège, l'unique pont suspendu historique conservé sur le fleuve Rhône à Lyon. Construite en 1844 sous la direction de l'ingénieur Jean-Marie Seguin pour permettre aux élèves et professeurs du prestigieux Collège Royal—l'actuel Collège et Lycée Ampère fondé par les jésuites en 1519—de traverser à pied le fleuve sans acquitter le péage coûteux du Pont Morand, cette passerelle de cent quatre-vingt-dix mètres de long repose sur deux piles de maçonnerie néo-Renaissance ornées de bossages rustiques. Suspendu à d'épais câbles d'acier tressé, le tablier oscille doucement sous les pas des marcheurs et des joggeurs, créant une sensation aérienne grisante au-dessus du courant rapide des flots bleu-vert. Depuis le milieu de la travée, la vue vers le nord-ouest s'ouvre magnifiquement sur l'amphithéâtre boisé des Pentes de la Croix-Rousse, où s'étagent les façades ocre et les toits de tuiles des immeubles de canuts. La brise fluviale apporte une agréable sensation d'espace et de fraîcheur vivifiante au cœur de la métropole.
Ressentez la légère vibration élastique du tablier suspendu sous vos pas: cette souplesse structurelle calculée permet à la passerelle d'absorber sans dommage les violentes rafales de mistral et les variations thermiques saisonnières depuis plus d'un siècle et demi d'usage piétonnier ininterrompu.
Détruite par les explosifs de l'armée allemande le premier septembre 1944 lors de la retraite nazie, la passerelle fut reconstruite à l'identique dès septembre 1945 par les ingénieurs lyonnais attachés à sa silhouette historique si familière et appréciée de la population.
Regardez vers la rive droite: le grand dôme d'ardoise et la chapelle baroque de la Trinité du Lycée Ampère émergent des toitures, rappelant que cet établissement compta parmi ses élèves Baudelaire, Alphonse Daudet et Édouard Herriot.
Poursuivez votre route vers le nord le long des berges jusqu'au monumental Pont Morand.
-
5. Pont Morand et Entrée des Brotteaux
Quai de Serbie 1, 69006 Lyon, France
Arrêtez-vous au débouché du Pont Morand, ouvrage fluvial stratégique qui relie la Place de la Comédie et l'Hôtel de Ville aux beaux immeubles cossus du Sixième Arrondissement. Ce franchissement porte le nom de l'architecte, sculpteur et visionnaire urbaniste lyonnais Jean-Antoine Morand, qui conçut en 1774 un pont de charpente en bois de chêne à travées multiples afin de désenclaver les plaines inondables des Brotteaux et de créer une cité nouvelle modèle sur la rive gauche du Rhône. Le pont actuel, reconstruit en béton précontraint et acier en 1976 pour intégrer dans son tablier le passage de la ligne A du métro lyonnais sous la chaussée routière, offre un belvédère dégagé sur la courbe majestueuse du fleuve. À partir de ce point, la promenade riveraine longe le prestigieux Quai de Serbie, bordé d'hôtels particuliers bourgeois de la fin du dix-neuvième siècle ornés de dômes en zinc, de balcons de marbre et de jardins d'hiver privés. Les reflets des façades aristocratiques dans le Rhône ajoutent à la noblesse des lieux.
Songez au destin tragique de Jean-Antoine Morand: créateur visionnaire du quartier des Brotteaux et de son premier pont en 1774, il fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire et guillotiné en janvier 1794 pour avoir participé à la défense de la ville lors du siège de Lyon.
Lors de l'inauguration du métro en mai 1978 par le président Valéry Giscard d'Estaing, les rames de métro traversèrent pour la première fois le Rhône à l'intérieur du caisson d'acier invisible sous la chaussée du pont, une prouesse d'ingénierie souterraine.
Notez le changement d'atmosphère: sur la rive gauche commence le quartier bourgeois des Brotteaux, dessiné au cordeau selon le plan en damier de Morand, contrastant avec le dédale médiéval de la rive opposée.
Poursuivez votre remontée du quai vers le nord jusqu'à l'entrée monumentale du Parc de la Tête d'Or.
-
6. Quai de Serbie et Rives Fluviales Boisées
Quai de Serbie 25, 69006 Lyon, France
Poursuivez votre marche le long du Quai de Serbie, l'une des avenues fluviales les plus aristocratiques et verdoyantes de la cité des gones. Aménagé au dix-neuvième siècle le long de la digue insubmersible du Rhône pour protéger les résidences patriciennes des violentes inondations de printemps, ce quai large et majestueux est bordé d'un alignement remarquable d'hôtels particuliers de style éclectique, néo-Renaissance et Art nouveau bâtis par les grandes familles de soyeux, de banquiers et de magistrats lyonnais. Les façades en pierre de taille arborent des portails monumentaux à colonnes doriques, des loggias sculptées et des toitures à la Mansart recouvertes d'ardoise et de zinc ouvragé. Côté fleuve, la promenade basse s'enfonce dans une véritable ripisylve naturelle de peupliers d'Italie, de saules argentés et d'aulnes ombrageant les berges, où les eaux du Rhône accélèrent leur cours avant de contourner la Presqu'île. Les promeneurs profitent d'un corridor de fraîcheur où le vent du nord fait bruisser les frondaisons centenaires dans une atmosphère de villégiature paisible et élégante.
Observez les détails architecturaux des hôtels particuliers: plusieurs façades présentent des têtes de bélier sculptées, des masques de Neptune et des feuilles d'acanthe témoignant du savoir-faire des maîtres tailleurs de pierre lyonnais de la Belle Époque florissante.
Le quai fut rebaptisé Quai de Serbie en 1918 au lendemain de la Première Guerre mondiale pour rendre hommage au courage militaire exemplaire de l'armée serbe alliée de la France dans les Balkans lors des rudes combats du front d'Orient.
Écoutez le souffle puissant du fleuve: ici, la profondeur du Rhône dépasse par endroits sept mètres, alimentée par la fonte des neiges printanière qui gonfle le courant d'une énergie alpine indomptable captée par les barrages hydroélectriques en amont.
Avancez vers le nord pour vous trouver devant la spectaculaire grille dorée de la Porte des Enfants du Rhône.
-
7. Porte des Enfants du Rhône et Grille Monumentale
Place Général Leclerc 1, 69006 Lyon, France
Arrêtez-vous devant la monumentale et éblouissante Porte des Enfants du Rhône, l'entrée principale et triomphale du Parc de la Tête d'Or, dressée à l'angle sud-ouest sur la Place du Général Leclerc. Réalisée entre 1898 et 1901 par le grand serrurier ferronnier d'art lyonnais Charles Meysson sur des dessins de l'architecte en chef Jean-Camille Formigé, cette grille colossale en fer forgé poli est rehaussée de dorures à la feuille d'or éclatantes. Elle déploie sur plus de trente mètres de largeur un arc triomphal couronné par les armoiries de la Ville de Lyon et la fière devise Avant, Avant, Lion le Melhor, encadré de volutes végétales, de trophées floraux et de palmettes Art nouveau. En franchissant cette porte royale conçue pour émerveiller les visiteurs de la Belle Époque, le fracas des boulevards urbains s'éteint instantanément pour céder la place à l'immensité verdoyante du parc le plus célèbre et aimé de Lyon, véritable sanctuaire de nature au cœur de la cité.
Admirez la finesse du travail de ferronnerie d'art de Charles Meysson: les feuilles de chêne, les boutons de rose et les grappes de laurier en fer repoussé doré scintillent sous la lumière solaire comme un gigantesque bijou de serrurerie monumentale.
Le nom des Enfants du Rhône rend hommage aux soldats héroïques de la Légion du Rhône et aux volontaires lyonnais qui se sacrifièrent pour défendre la patrie lors des guerres de la Révolution et du siège tragique de 1793.
Regardez à vos pieds le pavement d'accueil: cette porte fut spécialement conçue pour permettre le passage des calèches bourgeoises à quatre chevaux et des cavaliers qui faisaient le tour du lac au début du vingtième siècle.
Pénétrez dans les grandes allées arborées pour découvrir l'immensité aquatique du Grand Lac et de l'Île du Souvenir.
-
8. Grand Lac du Parc de la Tête d'Or et Île du Souvenir
Allée du Lac 1, 69006 Lyon, France
Avancez au bord de l'eau pour embrasser l'étendue scintillante du Grand Lac du Parc de la Tête d'Or, une vaste pièce d'eau artificielle de seize hectares aménagée dès 1857 par les célèbres frères paysagistes suisses Denis et Eugène Bühler. Créé en détournant un ancien bras mort du Rhône dans cette plaine alluviale jadis marécageuse, le lac est le miroir enchanteur du parc, peuplé de cygnes tuberculés, de canards colverts et de barques à rames glissant paisiblement entre les îlots boisés. Au milieu des flots émerge l'Île du Souvenir, autrefois nommée l'Île aux Cygnes, transformée entre 1924 et 1930 en un monumental monument aux morts de la Première Guerre mondiale conçu par l'architecte de la cité Tony Garnier avec les sculpteurs Jean-Baptiste Larrivé et les frères Chauvet. Accessible uniquement par un tunnel sous-lacustre de pierre éclairé d'une lueur tamisée, l'île accueille un cénotaphe de marbre blanc entouré de peupliers pleureurs gravé des noms de plus de dix mille soldats lyonnais tombés pour la liberté. L'atmosphère est d'une grande solennité.
Admirez la vue depuis la rive sud du lac: les pelouses vallonnées d'inspiration anglaise créent l'illusion d'une nature champêtre infinie en plein cœur de la ville, sans qu'aucun immeuble ne vienne troubler la ligne d'horizon végétale.
Le nom mystérieux de Tête d'Or provient d'une légende vivace du Moyen Âge: une tête de Christ en or massif aurait été enfouie dans ce domaine par des marchands ou des templiers persécutés, trésor mythique vainement recherché lors du creusement du lac en 1857.
Notez le tunnel souterrain de Tony Garnier: pour préserver la paix visuelle du sanctuaire, l'architecte refusa de bâtir un pont et imagina ce passage immergé sous l'eau pour préparer l'esprit du visiteur au silence du recueillement.
Suivez la rive orientale vers le sud-est pour atteindre le dôme de verre des Grandes Serres Botaniques.
-
9. Grandes Serres Botaniques Historiques de 1880
Allée des Serres 1, 69006 Lyon, France
Levez la tête vers la vertigineuse voûte en fer et verre des Grandes Serres du Parc de la Tête d'Or, une véritable cathédrale transparente qui s'élève au cœur du Jardin Botanique de Lyon. Construite entre 1876 et 1880 sur les plans de l'architecte Domenget sous l'impulsion du directeur botanique Nicolas Husnot, cette structure monumentale de style Napoléon III en fonte, acier et verre culmine à vingt et un mètres de hauteur pour une superficie couverte de plus de six mille mètres carrés. Sous cette immense verrière baignée d'une chaleur tropicale humide s'épanouit l'une des plus riches collections botaniques municipales du continent européen, rassemblant plus de quinze mille espèces végétales du monde entier: palmiers centenaires géants, fougères arborescentes de Nouvelle-Calédonie, bananiers en fleurs, nénuphars d'Amazonie Victoria cruziana dont les feuilles flottantes atteignent deux mètres de diamètre, et une exceptionnelle collection internationale d'orchidées sauvages. L'atmosphère embaumée de chlorophylle transporte instantanément le visiteur au cœur de la jungle équatoriale la plus luxuriante et préservée.
Admirez la légèreté de la charpente métallique rivetée: les arcs de fer peints en vert céladon soutiennent des milliers de carreaux de verre biseauté spécialement traités pour filtrer le rayonnement solaire tout en conservant une humidité tropicale constante propice à la croissance de la flore exotique précieuse.
Les serres abritent également un pavillon des plantes carnivores et une orangerie historique qui préservent des spécimens botaniques rapportés d'expéditions maritimes royales des dix-huitième et dix-neuvième siècles, jalousement acclimatés par les horticulteurs lyonnais au fil des générations successives pour enrichir le patrimoine scientifique.
Écoutez le bourdonnement des gouttelettes d'eau tombant des feuilles de bananier: le système d'arrosage automatique moderne reproduit fidèlement la pluie de mousson quotidienne des forêts primaires asiatiques.
Poursuivez votre marche vers le nord-est pour vous enivrer des parfums de la prestigieuse Roseraie Internationale.
-
10. Roseraie Internationale et Concours Mondial de la Rose
Allée des Roses 1, 69006 Lyon, France
Pénétrez dans l'explosion de couleurs et de parfums exquis de la Roseraie Internationale du Parc de la Tête d'Or, aménagée en 1964 sous la direction du conservateur en chef Paul Perrigault et inaugurée solennellement par la princesse Grace de Monaco. S'étendant sur cinq hectares enchanteurs au bord d'une anse tranquille du Grand Lac, cette roseraie exceptionnelle réunit plus de seize mille rosiers appartenant à plus de quatre cent cinquante variétés botaniques et horticoles, allant des roses anciennes des rosiéristes de l'Empire aux créations contemporaines les plus primées. Elle consacre le rôle historique mondial de Lyon comme berceau international de la création de roses nouvelles depuis le dix-neuvième siècle, sous l'impulsion de dynasties mythiques de pépiniéristes comme les Meilland, créateurs de la célèbre rose Peace, les Guillot et les Pernet-Ducher. Les allées bordées d'arceaux métalliques fleuris mènent à un grand bassin central orné de fontaines. De mai à octobre, les floraisons créent un tapis somptueux de pourpres, d'ors et de blancs nacrés.
Respirez le parfum suave des massifs de roses de concours: chaque année en mai se tient ici le prestigieux Concours international de roses nouvelles de Lyon, où un jury d'experts mondiaux élit la plus belle rose du monde sur des critères de vigueur, de parfum et de résistance naturelle aux maladies.
C'est à Lyon que Jean-Baptiste Guillot fils créa en 1867 la célèbre rose La France, considérée unanimement par les botanistes comme le tout premier rosier hybride de thé de l'histoire, marquant le passage à l'époque de la rose moderne.
Admirez les rosiers grimpants qui colonisent les tonnelles de bois: ils forment des voûtes parfumées où les promeneurs aiment trouver refuge à l'ombre aux heures les plus chaudes de la journée.
Marchez vers l'ouest pour découvrir les grands espaces ouverts de la Plaine Africaine du Jardin Zoologique.
-
11. Plaine Africaine et Jardin Zoologique de Lyon
Allée du Zoo 1, 69006 Lyon, France
Approchez-vous des belvédères paysagers de la Plaine Africaine, au cœur du Jardin Zoologique de Lyon situé au sein du Parc de la Tête d'Or. Fondé dès 1858 par la municipalité lyonnaise avec la volonté démocratique exemplaire d'offrir un accès entièrement gratuit et populaire à la découverte du monde animal, ce parc zoologique de plus de neuf hectares a été profondément métamorphosé en 2006 avec l'inauguration de la Plaine Africaine. Conçue par les paysagistes de l'agence Ilex et les architectes de l'atelier Jacqueline Osty, cette vaste savane reconstituée de trois hectares associe zones de plaine herbeuse, mares boueuses et bosquets d'acacias, où cohabitent en semi-liberté des girafes du Kordofan, des zèbres de Grévy, des cobes de خانم et des pintades sauvages. Les barrières traditionnelles ont été effacées au profit de larges fossés d'eau invisibles et de levées de terre naturelles, offrant aux visiteurs l'impression d'observer la faune sauvage au milieu de la brousse africaine. Les girafes avancent avec une grâce majestueuse entre les graminées dorées sous le regard émerveillé des familles.
Observez le bâtiment des girafes conçu en bois brut et toiture végétalisée: cette architecture bioclimatique contemporaine primée s'intègre harmonieusement aux grands arbres du parc tout en assurant un confort thermique parfait aux animaux lors des hivers rhônalpins les plus rigoureux.
Le zoo de Lyon participe activement à plus de quarante programmes européens d'élevage d'espèces menacées, contribuant avec succès à la sauvegarde génétique de la girafe du Kordofan dont il ne reste que quelques milliers d'individus dans la nature sauvage africaine.
Notez le respect de la gratuité républicaine: depuis sa création en 1858 sous Napoléon III jusqu'à nos jours, ce parc zoologique d'envergure est resté l'un des rares d'Europe entièrement gratuit pour tous les publics sans exception de statut.
Poursuivez vers le nord-ouest le long des grandes allées pour achever votre parcours devant le Vélodrome Georges-Préveral.
-
12. Vélodrome Georges-Préveral et Allées Boisées
Allée des Ébats 1, 69006 Lyon, France
Achevez votre exploration des berges du Rhône et des merveilles botaniques de Lyon en rejoignant la clairière sportive du Vélodrome Georges-Préveral, niché dans la partie septentrionale du Parc de la Tête d'Or. Inauguré en 1894 à l'occasion de l'Exposition universelle de Lyon avant d'être doté d'une piste en béton aux virages relevés en 1934, cet anneau cycliste de trois cent trente-trois mètres de circonférence est l'un des plus anciens vélodromes historiques en activité de France. Baigné par l'ombre protectrice de chênes centenaires, de platanes monumentaux et de hêtres pourpres, le site a accueilli les championnats du monde de cyclisme sur piste en 1989 et a vu s'entraîner des légendes de la bicyclette lyonnaise comme le champion Georges Préveral. Tout autour s'étendent de vastes pelouses d'agrément où les familles lyonnaises se rassemblent pour pique-niquer, lire ou jouer sous la canopée arborée. Le cliquetis des pignons des vélos de course et le bruissement des feuilles au vent du Rhône composent un hymne vivant à la douceur de vivre lyonnaise.
Regardez l'inclinaison des virages relevés en ciment lissé: avec une pente atteignant quarante-trois degrés dans les courbes, cette piste technique permet aux pistards de franchir les virages à plus de soixante-dix kilomètres à l'heure par la seule force de leurs jambes.
Le Parc de la Tête d'Or s'étend sur cent dix-sept hectares, ce qui en fait le plus vaste parc public urbain intra-muros de France, plus grand que les jardins de la Villa Borghèse à Rome ou que Hyde Park à Londres.
Écoutez le calme profond qui règne sous les arbres centenaires: ce parc fut conçu par les frères Bühler pour offrir à tous les Lyonnais, ouvriers de la soie comme banquiers, un jardin démocratique où la beauté de la nature appartient à chacun sans distinction.
C'est ici, entre la mémoire cycliste, la fraîcheur du Grand Lac et les parterres parfumés de la capitale de la rose, que se conclut notre voyage au fil de l'eau et de la chlorophylle à Lyon, une grande métropole européenne qui a su préserver au cœur de son tissu urbain un sanctuaire incomparable de paix, de savoir botanique et de liberté partagée.