Centre Historique et Realejo : Cathédrale Renaissance et Palais Almohade
De Saint-Jean-de-Dieu et la Chapelle Royale au Campo del Príncipe et le Cuarto Real
Granada · 12 stops · 29 min audio · Generated
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1. Basilique Saint-Jean-de-Dieu et la Chambre d'Or Baroque
Calle San Juan de Dios 17, 18001 Granada, Spain
Commencez votre voyage à travers le centre monumental de Grenade devant l'imposante façade en pierre de taille de la Basílica de San Juan de Dios, le chef-d'œuvre absolu de l'art baroque triomphant en Andalousie. Érigée entre 1737 et 1759 sous la direction magistrale de l'architecte José de Bada, cette basilique fut bâtie pour honorer saint Jean de Dieu, le bienfaiteur d'origine portugaise qui consacra toute son existence à soigner avec compassion les malades démunis et les sans-abri dans les rues grenadines. La façade classique en pierre grise est flanquée de deux tours robustes coiffées de flèches en ardoise et ornée de sculptures allégoriques représentant la Foi et la Charité chrétienne.
Franchissez le portail pour recevoir un choc visuel inoubliable: l'intégralité des nefs, des piliers, des retables et des voûtes est recouverte de feuilles d'or pur vingt-quatre carats, de stucs polychromes et d'immenses lustres en cristal scintillant importés directement de Venise. Avancez vers le retable majeur monumental qui s'élance jusqu'à la coupole: derrière le maître-autel se cache le saint des saints, le Camarín du saint, une chapelle d'argent massif, de miroirs et d'émaux précieux renfermant des centaines de reliquaires sacrés.
Au centre de cette chambre dorée repose l'urne en argent ciselé abritant les reliques corporelles de saint Jean de Dieu. L'ordre des Frères Hospitaliers qu'il fonda à Grenade s'étendit par la suite dans plus de cinquante pays à travers le globe pour bâtir des hôpitaux modernes soignant des millions de personnes démunies depuis cinq siècles.
Levez la tête vers la coupole centrale: admirez les fresques dynamiques peintes par Diego Sánchez Sarabia montrant l'apothéose du saint entouré d'anges dorés.
Descendez vers le sud le long de la rue San Juan de Dios pour rejoindre les cloîtres Renaissance du Monastère de Saint-Jérôme.
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2. Monastère Royal de Saint-Jérôme et Panthéon du Grand Capitaine
Calle Rector López Argüeta 9, 18001 Granada, Spain
Franchissez le portail discret du Real Monasterio de San Jerónimo, le tout premier monastère chrétien fondé à Grenade par les Rois Catholiques au lendemain de la conquête de 1492. Édifié à partir de 1504 sur les plans d'illustres maîtres de la Renaissance tels que Jacopo Torni et Diego de Siloé, ce somptueux complexe monastique s'articule autour de deux grands cloîtres en pierre de taille: le cloître majeur présente trente-six arches classiques décorées de blasons armoriés, d'orangers odorants et d'un bassin central où règne un silence absolu, préservé par les religieuses contemplatives qui y vivent aujourd'hui encore. Les galeries supérieures du grand cloître dévoilent une vue admirable sur les toitures de tuiles romaines et le clocher ajouré du monastère.
Pénétrez dans l'église conventuelle et préparez-vous à contempler l'un des espaces funéraires de la Renaissance les plus somptueux d'Europe: l'ensemble des voûtes et des parois est tapissé de fresques murales et de bas-reliefs sculptés, culminant avec un gigantesque retable maniériste à plusieurs registres taillé par Juan Bautista Vázquez l'Ancien. Juste devant le maître-autel, au pavement de la croisée du transept, repose la dalle funéraire en marbre de Don Gonzalo Fernández de Córdoba, le légendaire « Grand Capitaine », génie militaire espagnol qui révolutionna l'art de la guerre en Italie.
La veuve du héros, la duchesse de Sessa, finança somptueusement l'achèvement de la chapelle majeure dès 1515 pour ériger un monument grandiose digne de celui qui conquit le royaume de Naples pour la couronne d'Espagne. L'église renferme plus de sept cents statues et armoiries héroïques célébrant ses victoires militaires.
Admirez les statues agenouillées du Grand Capitaine et de son épouse de part et d'autre de l'autel: sculptées en prière perpétuelle, elles sont entourées d'étendards conquis sur le champ de bataille.
Poursuivez vers le sud par la rue San Jerónimo jusqu'à la monumentale place des Pasiegas devant la Cathédrale de Grenade.
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3. Cathédrale de l'Incarnation et Façade d'Alonso Cano
Plaza de las Pasiegas 1, 18001 Granada, Spain
Prenez place au centre de la vaste place des Pasiegas pour lever les yeux vers la colossale façade occidentale de la Santa Iglesia Catedral Metropolitana de la Encarnación, l'un des sommets universels de l'architecture de la Renaissance et du baroque espagnol. Commencée en 1523 sur ordre de l'empereur Charles Quint à l'emplacement de l'ancienne Grande Mosquée de la cité basse, la cathédrale fut conçue comme un panthéon impérial grandiose célébrant le triomphe de la chrétienté. Sa magistrale façade tripartite, dessinée en 1667 par le génie grenadin Alonso Cano, se compose de trois arcs monumentaux profondément enfoncés dans la pierre, rythmés de pilastres corinthiens et de bas-reliefs baroques d'une force plastique saisissante.
Pénétrez dans la nef principale pour éprouver la sensation vertigineuse d'une lumière éclatante et d'une pureté géométrique totale: cinq nefs grandioses portées par de gigantesques piliers cannelés blancs s'élancent à plus de quarante mètres de hauteur vers des voûtes étoilées lumineuses. Avancez vers la Capilla Mayor, une rotonde Renaissance prodigieuse conçue par Diego de Siloé en 1528, où deux ordres de colonnes classiques enlacent une coupole baignée d'or et de vitraux flamands colorés illustrant la vie de la Vierge.
Siloé prit la décision audacieuse d'abandonner les plans gothiques primitifs d'Enrique Egas pour faire triompher les canons classiques italiens, signant ainsi la première cathédrale purement Renaissance d'Espagne. L'édifice devait initialement comporter deux tours de quatre-vingts mètres de hauteur, mais une seule fut partiellement achevée à cinquante-sept mètres en raison de l'instabilité du sous-sol alluvial.
Admirez les deux orgues baroques monumentaux qui se font face dans le chœur: leurs tuyaux d'étain sont dominés par des anges en bois doré jouant de la trompette.
Faites le tour du chevet vers le sud pour déboucher sur la vibrante place de Bib-Rambla.
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4. Place de Bib-Rambla et Fontaine des Géants
Plaza de Bib-Rambla s/n, 18001 Granada, Spain
Débouchez sur la place de Bib-Rambla, l'agora publique la plus populaire et animée du centre historique de Grenade. Tirant son nom de la porte médiévale musulmane de Bab al-Ramla, ou Porte des Sables du Fleuve, qui se dressait sur son pourtour occidental où la rivière Darro déposait autrefois ses limons alluviaux, ce vaste rectangle pavé a constitué pendant des siècles le théâtre des grands événements de la cité. C'est ici que se tenaient sous les rois nasrides les joutes équestres et les tournois de chevalerie, puis sous la domination castillane les corridas royales, les autodafés de l'Inquisition et les marchés aux fleurs parfumés. Les jours de marché aux fleurs, la place se transforme en un tableau vivant embaumant le jasmin, les œillets et les boutons de roses fraîches cueillies dans la plaine.
Admirez la fontaine monumentale qui s'élève au cœur de la place: la Fuente de los Gigantones, ou Fontaine des Géants, sculptée au dix-septième siècle dans la pierre sombre de la Sierra Elvira, déploie des monstres marins crachant l'eau sous une noble statue de Neptune brandissant son trident. Tout autour, les terrasses de cafés historiques s'ombragent de tilleuls centenaires, invitant les promeneurs à déguster les célèbres churros croustillants trempés dans un chocolat chaud épais selon la plus pure tradition andalouse.
À l'époque mauresque, la place était protégée par de solides murailles et servait d'espace commercial pour le négoce des grains et des chevaux. Lors de la fête annuelle du Corpus Christi, Bib-Rambla accueille les célèbres carocas, des caricatures satiriques rimées qui commentent avec humour l'actualité politique locale.
Écoutez le joyeux bavardage des passants et le carillon de la fontaine: vous êtes ici au cœur de la convivialité grenadine depuis plus de huit siècles.
Quittez la place par l'angle nord-est pour vous glisser dans les ruelles couvertes de l'Alcaicería.
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5. Alcaicería et l'Ancien Souk de la Soie
Calle Alcaicería 1, 18001 Granada, Spain
Glissez-vous dans le labyrinthe piétonnier ombragé de l'Alcaicería, l'antique bazar de la soie qui formait le centre névralgique du grand commerce d'al-Andalus. Fondé au quatorzième siècle sous l'autorité directe du sultan nasride, ce souk prestigieux tirait son nom du terme latin al-Kaysariyya, désignant les marchés impériaux concédés à l'origine par les empereurs romains de Byzance. Bordé de petites échoppes serrées sous des arcs en fer à cheval peints de couleurs vives, ce réseau de ruelles pavées vous enveloppe d'arômes de cannelle, de cuir tanné et de bois d'encens brûlé, rappelant la splendeur des routes marchandes médiévales reliant Grenade au Levant. Les devantures soignées des marchands attirent le regard par leurs soieries chatoyantes et leurs boîtes de marqueterie précieuse polies avec art.
Observez les étals étincelants chargés de vaisselle en céramique de Fajalauza aux motifs d'oiseaux et de grenades, de coffrets marquetés en bois d'ébène et de nacre selon l'art de la taracea, de foulards en soie brillante et de lampes orientales en verre teinté qui projettent des étoiles lumineuses sur les dalles de pierre. À l'époque musulmane, ce marché était une véritable forteresse commerciale fermée chaque soir par de lourdes grilles de fer et surveillée par des gardes royaux pour protéger les précieuses balles de soie brute et de velours broché d'or.
En mai 1843, un terrible incendie accidentel parti d'un atelier d'allumettes détruisit presque entièrement le bazar médiéval originel: la ville le fit reconstruire avec passion dans le style néo-mauresque romantique que vous parcourez aujourd'hui pour faire revivre la magie des contes orientaux.
Levez la tête vers les lanternes suspendues aux charpentes de bois: le soir venu, elles diffusent une lumière ambrée qui transporte instantanément le visiteur à l'époque des caravanes d'Orient.
Débouchez sur la place de la Lonja pour vous présenter devant le portail sculpté de la Chapelle Royale.
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6. Chapelle Royale de Grenade et Tombeaux des Rois Catholiques
Calle Oficios 3, 18001 Granada, Spain
Dressez-vous sur la placette de la Lonja devant la façade dentelée de la Capilla Real, l'un des sanctuaires dynastiques les plus sacrés et chargés d'émotion de l'histoire espagnole. Ordonnée par décret royal en septembre 1504 par la reine Isabelle la Catholique et le roi Ferdinand d'Aragon, cette imposante chapelle funéraire de style gothique flamboyant fut bâtie entre 1505 et 1517 par le maître Enrique Egas pour servir de sépulture perpétuelle aux deux monarques qui achevèrent la Reconquista et unifièrent l'Espagne. La balustrade supérieure déploie des gargouilles médiévales, des aigles héraldiques de saint Jean et les monogrammes entrelacés des souverains défunts.
Pénétrez dans la nef unique et laissez votre regard franchir la monumentale grille de clôture en fer forgé et doré, forgée de 1518 à 1520 par le maître forgeron Bartolomé de Jaén, considérée comme l'un des sommets mondiaux de la ferronnerie d'art. Au-delà s'élèvent les magistraux mausolées en albâtre: le tombeau d'Isabelle et Ferdinand, sculpté par le maître florentin Domenico Fancelli, présente les gisants reposant au milieu de reliefs des Apôtres, tandis qu'à leurs côtés s'élève le somptueux tombeau Renaissance de leur fille, la reine Jeanne la Folle, et de son époux Philippe le Beau.
Descendez l'étroit escalier de pierre conduisant à la crypte souterraine austère: là, dans de simples cercueils de plomb marqués de croix, reposent les dépouilles des souverains qui financèrent le voyage historique de Christophe Colomb vers le Nouveau Monde. Le musée de la sacristie expose la couronne d'or et le sceptre d'argent d'Isabelle, l'épée d'acier de Ferdinand et des toiles inestimables de Botticelli et Rogier van der Weyden.
Observez l'oreiller en albâtre sous la tête de la reine Isabelle: son visage s'y enfonce plus profondément que celui de Ferdinand, symbole de la supériorité de son intelligence selon la tradition sculpturale.
Sortez dans la rue Oficios pour entrer dans le somptueux Palais de la Madraza situé juste en face.
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7. Palais de la Madraza et l'Oratoire Nasride
Calle Oficios 14, 18001 Granada, Spain
Traversez les dalles de la rue Oficios pour pénétrer dans le prestigieux Palais de la Madraza, une vénérable institution qui symbolise l'âge d'or intellectuel d'al-Andalus. Fondée en 1349 par le souverain nasride Yusuf Ier sous le nom de Madraza Yusufiyya, cette académie fut la toute première université publique du royaume de Grenade, où les plus éminents savants du monde musulman enseignèrent le droit civil, la médecine, l'astronomie, les mathématiques et la poésie à des étudiants venus de tout le bassin méditerranéen. Bien que transformée en premier hôtel de ville chrétien après 1492 et dotée d'une façade baroque colorée en 1722, la bâtisse conserve en son cœur un trésor médiéval intact. L'institution universitaire médiévale rayonnait dans tout le monde islamique par la rigueur de ses maîtres et la richesse de ses enseignements humanistes.
Poussez la porte de l'ancien oratoire de prière du quatorzième siècle pour contempler un éblouissant chef-d'œuvre nasride: devant vous se dresse un magnifique arc de prière outrepassé encadré de stucs en plâtre sculptés avec une virtuosité stupéfiante, surmonté d'une coupole octogonale en bois marqueté dessinant des constellations d'étoiles mudéjares. Les frises épigraphiques qui parcourent les murs conservent leurs pigments originaux d'or, de vermillon et de bleu lapis-lazuli, répétant des versets coraniques et des maximes honorant la recherche de la sagesse.
En l'an 1500, lors des persécutions menées par le cardinal Cisneros, la bibliothèque magistrale de la Madraza comptant des milliers de manuscrits scientifiques et philosophiques arabes fut confisquée et brûlée sur la place voisine de Bib-Rambla, seuls quelques rares traités de médecine étant miraculeusement sauvés pour être envoyés à l'Escorial.
Levez les yeux vers la coupole de cèdre: les facettes de bois entrelacées semblent tourner lentement sous le regard grâce à un ingénieux effet d'optique géométrique.
Remontez la rue Oficios vers le nord-est pour gagner la Plaza Nueva et le monumental palais de la Chancellerie Royale.
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8. Chancellerie Royale et Plaza Nueva
Plaza Nueva s/n, 18009 Granada, Spain
Parvenez sur la vaste esplanade pavée de Plaza Nueva, la place publique la plus ancienne de Grenade chrétienne, aménagée au seizième siècle en voûtant les eaux tumultueuses de la rivière Darro qui s'écoulent désormais sous vos pieds dans un grand canal souterrain. Dominant le flanc nord de la place s'élève la monumentale Real Chancillería, la Chancellerie Royale, édifiée à partir de 1531 sous le règne de l'empereur Charles Quint pour abriter la cour suprême de justice chargée de juger tous les procès civils et criminels du sud de la péninsule Ibérique. La façade Renaissance, sculptée en 1587 par le maître Francisco del Castillo, déploie un admirable ordonnancement classique orné de colonnes ioniques et de balcons en fer forgé d'une rare élégance. Le palais monumental incarne la grandeur du pouvoir impérial castillan, imposant une majesté classique au cœur du réseau des ruelles médiévales.
Admirez le majestueux portail d'honneur surmonté des statues en marbre de la Justice et de la Prudence, encadrant les armes impériales d'Espagne coiffées d'un beffroi triangulaire orné d'une horloge historique. Derrière cette imposante façade s'ouvre un cloître d'honneur Renaissance attribué au génial architecte Diego de Siloé, dont les galeries superposées portées par des colonnes de marbre blanc de Macael entourent un bassin silencieux où murmure une fontaine d'eau claire.
La Chancellerie disposait de sa propre prison royale à l'arrière du bâtiment, où étaient détenus les condamnés en attente de jugement avant d'être conduits sur l'échafaud dressé au centre de Plaza Nueva. C'est également sur cette place que se célébraient les tournois équestres et les grandes réjouissances populaires de l'époque baroque.
Approchez-vous du socle du bâtiment: tendez l'oreille pour entendre sous le dallage le vrombissement étouffé du fleuve Darro qui poursuit sa course invisible.
Descendez vers le sud le long de la rue Reyes Católicos pour découvrir le splendide caravansérail du Corral del Carbón.
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9. Corral del Carbón, Caravansérail du Quatorzième Siècle
Calle Mariana Pineda 21, 18009 Granada, Spain
Placez-vous devant l'extraordinaire portail d'entrée du Corral del Carbón, un édifice médiéval exceptionnel qui a le privilège d'être le seul caravansérail musulman entièrement préservé sur le sol de la péninsule Ibérique. Construit en 1336 sous le règne du sultan nasride Yusuf Ier sous l'appellation d'al-Fundaq al-Gidid, ou « Nouvelle Auberge », cet entrepôt fortifié servait d'auberge et d'entrepôt sécurisé pour les marchands étrangers arrivant du Maghreb, d'Orient ou de Gênes, qui logeaient dans les chambres des étages supérieurs tout en entreposant leurs ballots d'épices, de soieries et de cuirs dans les loges fermées du rez-de-chaussée. Les piliers de brique et de pierre du caravansérail ont vu défiler des générations de marchands venus échanger leurs marchandises précieuses aux portes de l'Alhambra.
Levez les yeux vers la monumentale tour-porte en fer à cheval brisé: elle déploie une prodigieuse voûte de muqarnas en stuc formant des stalactites géométriques d'une virtuosité technique comparable aux salles d'apparat de l'Alhambra. Au-dessus de l'arc s'ouvre une ravissante loggia à claire-voie bordée de motifs de sebka tressés en brique et en plâtre, encadrée par une corniche sculptée sur laquelle résonne la devise immortelle des monarques nasrides.
Après la conquête de 1492, le bâtiment connut des réutilisations variées: il devint un théâtre public de comédies au Siècle d'Or, une demeure noble puis, au dix-septième siècle, un entrepôt de vente de charbon de bois et une balance municipale, d'où provient son nom populaire actuel de Corral del Carbón. Sa cour centrale accueille désormais des représentations de théâtre et de flamenco.
Entrez dans la cour carrée intérieure: touchez l'auge en pierre centrale qui servait à abreuver les mules et chevaux des caravanes après la traversée des montagnes.
Empruntez la rue Pavaneras vers l'est pour entrer dans le quartier du Realejo et contempler la façade armoriée de la Maison des Tiros.
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10. Maison des Tiros et le Quartier du Realejo
Calle Pavaneras 19, 18009 Granada, Spain
Arrêtez-vous au cœur du Realejo, l'antique quartier juif de Garnata al-Yahud, devant l'imposante silhouette crénelée de la Casa de los Tiros, ou Maison des Tirs. Bâtie entre 1530 et 1540 pour la noble famille des Granada-Venegas, illustre lignée issue de la famille royale nasride convertie au christianisme au service de la couronne espagnole, cette demeure palatine adopte l'allure d'une forteresse urbaine intimidante. Son nom populaire provient des pièces d'artillerie en bronze et fauconneaux qui dépassent des créneaux de sa tour de pierre calcaire dorée, simulant une défense prête à faire feu contre d'éventuels assauts urbains. Les salles seigneuriales du palais conservent une atmosphère nobiliaire envoûtante, rappelant la splendeur des grands lignages aristocratiques de Grenade après la conquête chrétienne. L'édifice demeure aujourd'hui l'un des témoignages civils les plus authentiques de la présence de la noblesse morisque à Grenade.
Observez les sculptures classiques qui ornent le portail Renaissance: des statues de héros mythologiques comme Hercule, Thésée et Hector entourent une cartouche gravée de la fière devise familiale en vieux castillan: « El corazón manda », le cœur commande. Au premier étage s'ouvre la célèbre Cuadra Dorada, une majestueuse salle d'honneur couronnée d'un extraordinaire plafond en bois de cèdre sculpté de bas-reliefs polychromes représentant les rois d'Espagne, des reines et des capitaines victorieux du Siècle d'Or.
La demeure abrite aujourd'hui le Musée d'histoire et des arts populaires de Grenade, où sont conservés des gravures romantiques de l'Alhambra, des céramiques traditionnelles de Fajalauza et des souvenirs personnels de grands écrivains comme Ángel Ganivet et Federico García Lorca.
Touchez les canons de bronze scellés entre les créneaux supérieurs: ces armes d'artillerie du seizième siècle n'ont jamais tiré de vrais boulets, servant d'affirmation statutaire prestigieuse.
Poursuivez vers le sud-est le long de la rue Pavaneras pour déboucher sur la grande esplanade du Campo del Príncipe.
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11. Campo del Príncipe et le Christ des Faveurs
Campo del Príncipe s/n, 18009 Granada, Spain
Entrez dans le vaste rectangle baigné de lumière du Campo del Príncipe, le centre névralgique et convivial du quartier traditionnel du Realejo. Aménagée en 1497 sur ordre des Rois Catholiques sur une ancienne esplanade musulmane pour célébrer en grande pompe les noces royales de leur fils le prince Juan avec Marguerite d'Autriche, cette place bordée de maisons blanchies et d'arbres à feuillage léger vibre au rythme de la vie de quartier andalouse. Les terrasses des tavernes y servent traditionnellement des tapas généreuses de fèves au jambon de Trevélez et de poissons frits au son des conversations animées des riverains.
Avancez au centre de la place pour vous recueillir devant le monument le plus vénéré du Realejo: le Cristo de los Favores, ou Christ des Faveurs, une monumentale crucifixion sculptée en 1640 en jaspe rouge et pierre sombre de Sierra Elvira par le grand maître Alonso de Mena. Protégé par une grille en fer forgé du dix-septième siècle garnie de quatre lanternes en bronze, ce calvaire fait l'objet d'une dévotion populaire ardente depuis quatre siècles, les habitants lui attribuant la fin des grandes épidémies de peste qui frappèrent la ville.
Chaque Vendredi Saint à quinze heures précises, heure canonique de la mort du Christ, plus de trente mille fidèles se rassemblent sur cette place dans un silence total et saisissant. Au son lugubre d'un cornet militaire solitaire, la foule récite cinq Notre Père et demande trois vœux au Christ des Faveurs, marquant l'apogée de la Semaine Sainte grenadine.
Observez les inscriptions latines sur le piédestal en jaspe: elles accordent des indulgences spirituelles à ceux qui viennent prier devant la croix.
Prenez la rue San Jerónimo vers le sud-ouest pour pénétrer dans les jardins secrets du Cuarto Real de Santo Domingo.
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12. Cuarto Real de Santo Domingo et la Qhubba Almohade
Plaza de los Campos 6, 18009 Granada, Spain
Franchissez la grille des jardins du Cuarto Real de Santo Domingo pour découvrir l'un des trésors archéologiques musulmans les plus anciens et méconnus d'Espagne. Connu dans les chroniques arabes sous le nom d'al-Almanjarra, ce domaine seigneurial fut aménagé au treizième siècle sous les dynasties almohade et primitive nasride comme almunia royale, une villa de villégiature champêtre entourée de vergers fertiles et de canaux d'irrigation. Précédant de plusieurs décennies la construction des grands palais de l'Alhambra, cette résidence d'été servait de refuge champêtre aux souverains musulmans désireux de savourer la poésie et la fraîcheur des fontaines au pied de la colline.
Pénétrez dans la salle d'apparat centrale, la magistrale Qhubba royale: cette salle cubique sous haute voûte est couronnée d'une extraordinaire charpente mudéjare en bois à douze pointes, éclairée par des vitraux colorés qui diffusent une clarté diaprée sur des stucs calligraphiques originaux du treizième siècle. Le grand arc d'entrée conserve sur ses piédroits les plus anciens zelliges d'azulejos émaillés découverts à Grenade, formant d'admirables mosaïques géométriques aux tons bleu azur, vert émeraude et jaune miel.
Après 1492, la reine Isabelle acheta personnellement cette propriété royale pour en faire don aux pères dominicains du couvent de Santa Cruz afin d'agrandir leurs potagers monastiques. Sauvegardé et racheté par la municipalité de Grenade à la fin du vingtième siècle, le monument a été méticuleusement réhabilité pour accueillir des expositions culturelles et un parc public ombragé de rosiers.
Admirez l'arc géminé ouvrant sur les jardins: il conserve encore ses pigments minéraux d'origine en bleu outremer et rouge almagre peints il y a plus de sept siècles.
Ici s'achève votre traversée passionnante du centre historique et du Realejo de Grenade, où le génie des bâtisseurs d'al-Andalus et la ferveur impériale de la Renaissance s'unissent pour composer un hymne architectural éternel.